Menu

Vente des avions d'ATN, un petit pactole à venir

Crédit photo : DR
L’arrivée du Dreamliner entré en service récemment sur la ligne Papeete-Auckland, qui fait la fierté à juste titre de la compagnie au tiare, a fait les gros titres de la presse locale, en attendant celle des trois autres. Ce qui fait moins les gros titres c’est l’avenir de l’ancienne flotte composée de quatre Airbus A340. Pas question bien sûr de les conserver sur Tahiti du fait de leur inutilité, du manque de place et des frais d’entretien. Comme pour l’automobile, le marché de l’occasion existe dans l’aérien. ATN a donc été approchée par au moins deux sociétés pour la reprise de ses quatre avions, dont la valeur est constituée essentiellement par les moteurs, car ils peuvent se revendre ou se louer.
Une approche était en bonne voie avec la société irlandaise AerSource, avec une offre dans un premier temps en dessous de 10 millions de dollars US, avant qu’elle ne grimpe entre 11 et 12 millions (selon les sources), sous la pression d’une offre concurrentielle et la signature d’une LOI (une LOI est engageante et l’acheteur a versé un dépôt de garantie). Cette surenchère n’a pourtant pas suffi à faire pencher la balance vers AerSource.
Contacté, le P-dg d’ATN, Michel Monvoisin, a apporté certaines précisions :
"Si d’aventure et pour quelque raison que ce soit, la vente ne se faisait pas, nous reviendrions vers eux (et les autres acheteurs potentiels) pour les prévenir. En attendant, nous sommes engagés sur cette LOI. Le nouvel acheteur a accepté nos conditions et la livraison des appareils se fera en fonction de notre calendrier ; à savoir, on rentre un 787 et on sort un 340. Le dernier 340 quittera la flotte en septembre 2019."
Air Tahiti Nui, soumis à une clause de confidentialité, ne peut divulguer le nom du futur acquéreur et encore moins le montant proposé.
(LO)




Opposition constructive

Le dictionnaire des synonymes vient de s’enrichir d’une nouvelle formule ! Le retournement de veste politique peut désormais être remplacé par de l’opposition constructive.
L’on doit cette nouveauté linguistique à Angelo Frebault, élu en mai dernier lors des élections territoriales sur la liste Tahoera’a, dont il fut exclu en septembre pour ne pas avoir suivi les consignes du parti lors du vote de la réforme des retraites, et qui vient de rejoindre les rangs du Tapura.
L’ancien secrétaire général de la CSTP-FO ne sera donc pas resté bien longtemps seul sur les bancs de l’assemblée puisqu’il a rejoint le parti au pouvoir. La question finalement n’est pas de savoir qui a approché l’autre, mais pourquoi le Tapura, avec sa très forte majorité, a recueilli celui que Gaston Flosse n’avait pas hésité à qualifier de "pomme pourrie" au moment de son éviction du Tahoera’a.
Le gouvernement a les mains libres pour faire passer tous ses textes à l’assemblée avec ses 39 voix, une 40e ne lui est donc pas d’une grande utilité. En seconde lecture, on peut croire qu’Édouard Fritch a fait sienne la devise du célèbre réalisateur Francis Ford Coppola : "Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis."
En effet, les difficultés rencontrées par le gouvernement actuel en début d’année lors des annonces concernant la réforme du régime des retraites peuvent lui faire craindre d’autres mouvements d’ampleur de la rue à l’occasion des réformes à venir sur la Protection Sociale Généralisée, ou encore de la réforme du code du travail. Avoir en son sein l’un de ses anciens plus farouches opposants comme il l’a déjà fait avec un certain Pierre Frebault, ancien ministre de l’Économie d’Oscar Temaru, aujourd’hui directeur de la toute nouvelle Agence de régulation sanitaire et sociale (Arass) – chargée de piloter la politique de la santé et de la protection sociale en Polynésie – est un atout, doit-on penser. Reste à mesurer le réseau d’influence d’Angelo Frebault, renié par une grande partie du monde syndical lors de sa présence sur les listes électorales orange.
Le revers de la médaille est le risque d’apporter un peu plus de discrédit à notre classe politique, dont la cote de popularité est déjà très basse. Et les récentes gardes à vue qu’ont connues Oscar Temaru et Gaston Flosse, pour des raisons très différentes certes, ne viennent pas en redorer l’image.
Le Tapura a pris un risque, persuadé que le résultat des dernières élections le légitime en tout. En métropole, on voit comment le pouvoir s’use vite, des instituts de sondage prenne régulièrement la température ; on peut regretter qu’ici il n’y a pas de sonnette d’alarme.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier