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Voile : le président du Yacht Club de Tahiti jette l’éponge

Voile : le président du Yacht Club de Tahiti jette l’éponge
Le capitaine de la marina de Arue ne parvient pas à échapper à la tempête qui sévit à bord depuis plusieurs années… De guerre lasse, Benjamin Picard, président du Yacht Club de Tahiti (YCT), a déposé sa démission le 17 septembre dernier, après trois ans en poste. Dans une lettre ouverte aux membres du club, il regrette "des pratiques malsaines (qui) gangrènent le club, installant un climat délétère où l’on demande à tout-va des sanctions pour les uns et les autres." Il précise : "Des courriers signés de personnes imaginaires tentent de discréditer le travail du comité directeur. D’autres courriers encore distillent des contre-vérités, les auteurs se permettant d’y associer des membres qui n’ont pas été informés de la démarche ou de la teneur de ce courrier. Ces mêmes auteurs vont jusqu’à déposer une requête en référé auprès du tribunal civil pour faire annuler l’assemblée générale de 2017, deux mois avant l’assemblée générale de 2018. Tout cela n’est pas digne du Yacht Club de Tahiti." Suite aux démissions du président, mais également de la vice-présidente du bureau, une assemblée générale extraordinaire se tiendra le 26 octobre afin d’élire un nouveau bureau. Ce dernier aura notamment la charge de recruter le prochain directeur du YCT, le poste actuel étant vacant à partir de la fin de l’année.
DS




Opposition constructive

Le dictionnaire des synonymes vient de s’enrichir d’une nouvelle formule ! Le retournement de veste politique peut désormais être remplacé par de l’opposition constructive.
L’on doit cette nouveauté linguistique à Angelo Frebault, élu en mai dernier lors des élections territoriales sur la liste Tahoera’a, dont il fut exclu en septembre pour ne pas avoir suivi les consignes du parti lors du vote de la réforme des retraites, et qui vient de rejoindre les rangs du Tapura.
L’ancien secrétaire général de la CSTP-FO ne sera donc pas resté bien longtemps seul sur les bancs de l’assemblée puisqu’il a rejoint le parti au pouvoir. La question finalement n’est pas de savoir qui a approché l’autre, mais pourquoi le Tapura, avec sa très forte majorité, a recueilli celui que Gaston Flosse n’avait pas hésité à qualifier de "pomme pourrie" au moment de son éviction du Tahoera’a.
Le gouvernement a les mains libres pour faire passer tous ses textes à l’assemblée avec ses 39 voix, une 40e ne lui est donc pas d’une grande utilité. En seconde lecture, on peut croire qu’Édouard Fritch a fait sienne la devise du célèbre réalisateur Francis Ford Coppola : "Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis."
En effet, les difficultés rencontrées par le gouvernement actuel en début d’année lors des annonces concernant la réforme du régime des retraites peuvent lui faire craindre d’autres mouvements d’ampleur de la rue à l’occasion des réformes à venir sur la Protection Sociale Généralisée, ou encore de la réforme du code du travail. Avoir en son sein l’un de ses anciens plus farouches opposants comme il l’a déjà fait avec un certain Pierre Frebault, ancien ministre de l’Économie d’Oscar Temaru, aujourd’hui directeur de la toute nouvelle Agence de régulation sanitaire et sociale (Arass) – chargée de piloter la politique de la santé et de la protection sociale en Polynésie – est un atout, doit-on penser. Reste à mesurer le réseau d’influence d’Angelo Frebault, renié par une grande partie du monde syndical lors de sa présence sur les listes électorales orange.
Le revers de la médaille est le risque d’apporter un peu plus de discrédit à notre classe politique, dont la cote de popularité est déjà très basse. Et les récentes gardes à vue qu’ont connues Oscar Temaru et Gaston Flosse, pour des raisons très différentes certes, ne viennent pas en redorer l’image.
Le Tapura a pris un risque, persuadé que le résultat des dernières élections le légitime en tout. En métropole, on voit comment le pouvoir s’use vite, des instituts de sondage prenne régulièrement la température ; on peut regretter qu’ici il n’y a pas de sonnette d’alarme.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier