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Voile : le président du Yacht Club de Tahiti jette l’éponge

Voile : le président du Yacht Club de Tahiti jette l’éponge
Le capitaine de la marina de Arue ne parvient pas à échapper à la tempête qui sévit à bord depuis plusieurs années… De guerre lasse, Benjamin Picard, président du Yacht Club de Tahiti (YCT), a déposé sa démission le 17 septembre dernier, après trois ans en poste. Dans une lettre ouverte aux membres du club, il regrette "des pratiques malsaines (qui) gangrènent le club, installant un climat délétère où l’on demande à tout-va des sanctions pour les uns et les autres." Il précise : "Des courriers signés de personnes imaginaires tentent de discréditer le travail du comité directeur. D’autres courriers encore distillent des contre-vérités, les auteurs se permettant d’y associer des membres qui n’ont pas été informés de la démarche ou de la teneur de ce courrier. Ces mêmes auteurs vont jusqu’à déposer une requête en référé auprès du tribunal civil pour faire annuler l’assemblée générale de 2017, deux mois avant l’assemblée générale de 2018. Tout cela n’est pas digne du Yacht Club de Tahiti." Suite aux démissions du président, mais également de la vice-présidente du bureau, une assemblée générale extraordinaire se tiendra le 26 octobre afin d’élire un nouveau bureau. Ce dernier aura notamment la charge de recruter le prochain directeur du YCT, le poste actuel étant vacant à partir de la fin de l’année.
DS




Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier