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Ces "projets" qui ne sortent pas de terre

Ils sont comme de vieux loups de mer. On nous les ressort régulièrement, généralement à l’approche des périodes électorales, et puis ils disparaissent à nouveau pendant de nombreuses années. La semaine dernière, on nous a reparlé de Faratea, qui nous était présenté il y a un an jour pour jour comme notre future "Silicon Valley de l'aquaculture" avec un ministre qui nous affirmait que les travaux démarreraient en 2017. Aujourd’hui, on cherche encore le candidat qui sera retenu pour travailler sur l’étude du projet. On évitera de parler du Mahana Beach qui a rempli les colonnes de la presse à de trop nombreuses reprises depuis 2015. Si, en effet, un hôtel a bel et bien été rayé de la carte (en dépit du manque récurrent de chambres disponibles sur Tahiti), on n’a pas encore vu, deux ans et demi après, la moindre avancée sur ce projet qui, entre-temps,
a changé de nom… et d’envergure.
Mais que dire de l’écomusée de Moorea, du "tram aérien", du parc de loisirs, des îles flottantes, du "tout nouveau" centre Bruat, du SWAC du CHPF, de l’hôpital Jean Prince, des cliniques hyper modernes de Punaauia ou Paofai, du "Zénith" de Vaitupa, du réaménagement de Atimaono, de la route Te Ara Nui, du nouveau port autonome, et bien d’autres projets tous aussi ambitieux qui ont pour facteur commun de sombrer régulièrement dans les oubliettes. Si certains ont été complètement abandonnés, d’autres nous reviennent épisodiquement, comme si, en rangeant leur bureau, certains de nos ministres tombaient tout d’un coup sur un vieux dossier. Et puis allez, quitte à râler, jetons un nouveau coup de gueule sur l’état du centre-ville de Papeete. Le tāvana n’a pas hésité la semaine dernière à organiser devant les médias une magnifique opération "ville propre", alors que depuis des dizaines d’années, les vieilles façades délabrées et les rideaux rouillés polluent le cœur de la capitale au nez et à la barbe des touristes dépités. Les commerçants s’entêtent à fermer leurs boutiques le samedi après-midi et le soir, après 19 heures, c’est couvre-feu dans les rues de la ville. On pense alors rêveusement aux trottoirs inondés de monde à quelques encablures de là, à Hawaii ou à Fidji, où les commerces restent ouverts jusqu’à 22 heures et où l’on trouve un bar sympa ou un resto en bord de mer quels que soient le jour ou l’heure… Quand on est touriste, on ne regarde pas son agenda…
Reste à prendre notre mal en patience et tourner nos regards vers cette nature superbe, qu’elle soit verte ou bleue et qui s’offre à nous chaque jour, sans besoin de promesse, sans besoin de projet, elle est là, voilà tout.

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

La rédaction