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01/12/2016 par Tahiti Pacifique
25/11/2016 par Luc Ollivier







À qui le tour ?

Si le monde n’a jamais été très sain, est-il devenu subitement fou ? Le réchauffement climatique, réalité pour les uns, mensonge pour les autres, ne jouerait-il pas des tours dans les têtes des citoyens des grandes démocraties ?
Après Donald Trump, porté à la présidence des États-Unis d’Amérique il y a bientôt trois semaines, quand le monde médiatique dans sa très grande majorité ne l’avait pas vu venir, voilà qu’un autre candidat, à un autre niveau, a surpris tout son monde dimanche dernier lors des primaires de la droite et du centre. François Fillon, longtemps en retard dans les sondages, est venu coiffer les deux prétendants attendus, sans contestation possible.
Vaut-il donc mieux ne pas être le favori pour gagner ? La question se pose…
Après le mea culpa des instituts de sondage suite à l’élection américaine et l’assurance par ces mêmes instituts qu’en France ce genre de surprise n’était pas possible puisque chez nous la méthodologie n’était pas la même, puisque chez nous il n’y avait pas de vote caché, puisque chez nous il n’y avait pas de vote fantôme, puisque chez nous, etc., etc., voilà que celui qui n’était que le troisième homme est devenu le vainqueur incontesté de ce premier tour.
L’avance est confortable et les soutiens nombreux, si bien que c’est François Fillon qui hérite désormais du costume de favori. Doit-il s’en inquiéter ?
Réponse dimanche.
Pour ce qui est du vote local, chaque camp fait le décompte de ses voix, étant entendu pour nos politiques que chaque vote apporté au candidat aux primaires équivaut à un vote au parti qui le soutient. Les deux grands rivaux Tapura
et Tahoera’a se sont affrontés, par procuration, pour la première fois. Le premier l’a emporté quand le second conteste les implantations et le nombre de bureaux de vote. Difficile donc de tirer des conclusions trop affirmatives sur ces résultats alors que le deuxième tour n’apportera pas d’éclairage nouveau. Le Tahoera’a arrivera-t-il à mobiliser ses partisans quand son candidat premier a été éliminé et que voter a été vécu comme un calvaire en raison des délais d’attente ? Pas sûr. Après le vote de soutien à son parti local, chacun ne va-t-il pas jouer une carte plus personnelle et étudier le programme ultramarin d’A. Juppé et F. Fillon ? Il leur faudra un œil averti pour se prononcer car dans les grandes lignes, les programmes qui touchent directement la Polynésie française se ressemblent avec le maintien de la défiscalisation (réformée pour Fillon, car jugée coûteuse et bureaucratique,
et plus attractive pour Juppé en mobilisant des fonds européens) et le maintien de la sur-rémunération des fonctionnaires. A. Juppé s’est prononcé lors de sa venue pour la suppression, dans la loi Morin, du principe du risque négligeable, quand F. Fillon n’y fait pas allusion dans ses propositions.
L’un des deux sera donc le candidat de la droite à la présidentielle de 2017 avec le costume de favori, tant les sondages nous annoncent la volonté de changement des Français. Devra-t-il s’en inquiéter une fois encore ou fera-t-il sienne la petite phrase suivante : "Les sondages ne votent pas, ce sont les gens qui votent", prononcée en 2000 par une certaine… Hillary Clinton.

Luc Ollivier