N° 252, mai 2012


­­

 


 4    Clin d’œil
 5    Editorial
 6    Courrier des lecteurs
 7    Actualité
 8    Scandale
 9    Confidences
10    Drollet et le culte du “pito”
12    Humour
13    Baromètre
14    Photo
15    Terres rares, nodules : des rêves ? 
20    Impossible économie à Wallis
21    Iaorana de Simone
23    Secrets de nos Miss France
30    LoLo
32    Fiu de Beslu
33    Fiasco de la gare maritime
37    TikiLeaks
38    Tahiti comme le Vanuatu
41    Bureaucrates en folie...
43     Image
45    Nouvelle : Teiva
48    Les événements du Pacifique en avril
49    Les événements de Tahiti en avril
50    Balises des îles­­

P. 15 : Nodules et “terres rares”. Un trésor pour la Polynésie ?



P. 23 : Les secrets de nos Miss Tahiti
devenues Miss France, révélés par Xavier de Fontenay.



HUMOUR


 

 

 

Comme il y a 20 ans

Par hasard, nous avons retrouvé l’éditorial que nous avions publié dans le numéro de mai 1992, c’est-à-dire il y 20 ans exactement, alors que le président Mitterrand venait de décider de suspendre les essais nucléaires (repris brièvement en 1995 par Jacques Chirac). Lisez ces lignes et vous comprendrez dans quel immobilisme, quelle sclérose politique et économique la Polynésie française s’est engluée :
« En écoutant nos savants dirigeants de Tahiti, nous avons appris une chose durant le mois d’avril : les essais nucléaires ne sont pas dangereux lorsqu’ils explosent dans l’atmosphère ou sous terre, mais ils sont terrifiants lorsqu’on les arrête. Comment en sommes-nous arrivés là ? On annonce une bonne nouvelle qui fait plaisir au monde entier (l’arrêt des essais nucléaires), et voici qu’on crie à la catastrophe dans les îles de Tahiti-Paradis.
Un point essentiel n’est pas mentionné : c’est le refus systématique de trop de gouvernants de se séparer de la politique du cordon ombilical reliant Tahiti à la métropole. Nous avons personnellement été témoin de cette sclérose économique, en entendant des ministres de l’Economie refuser, sans explication, des plans intelligents, honnêtes et braves, des moyens de créer de nouvelles ressources.
Pourquoi ? Etait-ce parce que le ministre (que nous ne nommerons pas pour ne pas faire de tort à Louis Savoie) était jeune, n’avait connu dans sa vie que l’argent facile de la France et le considérait donc éternel ? Ou était-ce un réflexe du “pourquoi se fatiguer, puisque le ma’a nous tombe tout cuit dans le bec” ?
Pourtant le monde est parsemé de villes jadis riches et puissantes et aujourd’hui en ruine après que les ressources qui assuraient leur prospérité se sont soudainement évaporées. Valparaiso, au Chili, a été endormie par l’ouverture du Canal de Panama, Manaus, au Brésil, anéantie par l’effondrement du prix du caoutchouc, Monterrey, en Californie, abandonnée suite à la disparition de la sardine. Et qui ne connaît pas les innombrables cités minières transformées en villes-fantôme après que les filons s’épuisèrent? Plus proche de nous, Makatea, jadis une communauté dynamique de 6000 personnes, n’a plus que des ruines et des crabes de cocotier à offrir à ses 42 habitants, tout comme Ocean Island (Banaba), le Makatea du Kiribati.
Pourquoi nos dirigeants de ces 30 dernières années n’ont-ils pas un peu pensé à l’avenir ? Pourquoi n’ont-ils pas mis un seul sou de côté, tel un Koweit, un Nauru ou un Tuvalu alors que l’argent facile du nucléaire coulait vers nos coffres ?
Pourquoi, au contraire, ont-ils emprunté à tel point qu’aujourd’hui chaque homme, femme et enfant de Polynésie française se retrouve avec une dette de 246.000 Fcfp sur le dos ? [Aujourd’hui, c’est 370 000 Fcfp, mais la population a doublé depuis.] Mises à part les mairies somptueuses, où sont donc passées toutes ces centaines et centaines de milliards ? Dire qu’avec les sommes que la France a versé ces derniers temps à la Polynésie, nous aurions pu acheter chaque année dix Super Boeing 747 [à l’époque Airbus n’avait pas de longs courriers] pour transporter les touristes vers nos îles !
Ceux qui demandent aux électeurs de leur confier encore une fois le pouvoir devraient au préalable nous fournir quelques petites explications.., non ? »

Comme vous avez pu le découvrir, on pourrait écrire les mêmes lignes aujourd’hui.

Trois jours après la sortie en kiosque de ce magazine, les Français auront décidé qui sera leur nouveau président de la République. Malgré les déclarations partisanes et idéologiques, le choix des Français ne fera pas de véritable différence en ce qui concerne la Polynésie française car quel que soit le président, la réalité économique et sociale restera la même.
L’Occident – Etats-Unis en tête – emprisonné dans un douillet cocon de la consommation à outrance rendue possible par le pillage des ressources et la sueur bon marché des pays du Tiers-Monde, est entré dans une phase de déclin vis-à-vis des pays émergeants qui ont commencé à se réveiller et à consommer aussi, ce qui crée un formidable stress sur les ressources mondiales avec des effets dont nous ne voyons que les débuts.

La micro-société de Tahiti, dépendante des subsides de la France, subit les effets de ce chambardement économique depuis bientôt dix ans et devrait bientôt voir, hélas, les effets s’accélérer. Mais comme notre « élite » n’a comme champ de vision que le fond de ses poches et sa gratification instantanée, nos îles seront frappées de plein fouet par les changements à venir, surtout la caste bourgeoise de Tahiti habituée à un luxe totalement insupportable par les ressources limitées qu’offrent nos îles. En effet, quel que soit le parti local, indépendantiste ou autonomiste, la stratégie est toujours la même, soutirer des fonds à Paris. La seule différence est que les uns appellent ça “solidarité”, les autres “dette coloniale”, voire “dette nucléaire”. Quel que soit le nom, la France n’en peut plus et, surtout, ne peut plus.

Allez, bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Alex W. du PREL
directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles

1er avril - Un homme de 41 ans en moto tué à Paea suite à une collision avec une voiture.
- Anniversaire d’une année de gouvernance Temaru. Il n’y a pas eu de réjouissances.

2 avril - Fréquentation touristique : baisse de 10% au mois de janvier 2012.  Tous les marchés émetteurs sont touchés.
- Concours de Orero pour les écoles Tuhaa pae.

3 avril - 3e Festival international de Papeete.
- Création d’un syndicat de journalistes des rédactions du groupe Hersant Tahiti, devenu Pacific Press.
- Maintien des mises en examen dans l’affaire “Alcatel-Honotua” (le câble reliant Tahiti à Hawaii).

4 avril - Le collectif Santé d’Emile Vernier, du Syndicat pour la défense des intérêts des retraités actuels et futurs, manifeste pour le rétablissement complet du droit des malades
- Renouvellement du bureau du Medef-Polynésie.
- Bruno Sandras, candidat (UMP) à sa réélection à la députation dans la 2e circonscription.

5 avril - Création par Jacky Bryant  (Heuira les verts) d’un comité de soutien pour Eva Joly, candidate à l’élection présidentielle.

6 avril - Ouverture de la IVe édition du Festival des îles, organisé par la Fédération tahitienne de football au stade de la Fautaua.

10 avril - Ouverture du sixième stage international  de ‘Ori Tahiti et arts traditionnels au conservatoire.

- Préavis de grève chez Tikiphone suite à un prêt de 5 milliards de la société au gouvernement.
- Moruroa e tatou dénonce “un cynisme officiel” de l’Etat dans le dossier des indemnisation des victimes des essais nucléaires. 
- Jacqui Drollet présente le rapport d’activité 2011 de l’assemblée de P.F.

11 avril - Santé : remboursement de plusieurs médicaments revu à la baisse par la CPS.
- Tikiphone : le préavis de  grève est levée.

12 avril - François Baroin arrive à Tahiti pour faire campagne pour Nicolas Sarkozy. Le Tahoeraa s’accapare la réunion avec l’invasion de plusieurs milliers de militants.
- Foire commerciale de Papeete.

13 avril - Préavis de grève le jour de l’élection présidentielle dans les 48 communes de Polynésie su sujet du nouveau statut communal.
- Rencontre entre les socio-professionnels et François Baroin.
- Des enfants de 7 à 9 ans saccagent une école à Faa’a.

14 avril - Championnat de Tahiti 2012 des Sports traditionnels au Musée de Tahiti et des îles.

15 avril - Grand prix de la fédération tahitienne de cyclisme.

16 avril - L’ancien ministre des Dom-Tom J.-J. Queyranne (PS) à Tahiti pour faire campagne pour François Hollande.
- L’ancien chef du GIP, Rere Puputauki, conduit à la maison d’arrêt pour servir sa condamnation à 3 ans de prison.
- Les trois  restaurants de la place Toa’ta dévastés par un incendie.
- Annie Rousseau dénonce l’égoïsme et le manque de rigueur des représentants de l’assemblée.
- Reprise des négociations entre les médecins libéraux, la CPS et le ministère de la Santé.

17 avril - Fin du préavis de grève dans la fonction publique communale : l’inter­syndicale gagne un sursis de trois mois pour sa mise en application.

18 avril  - L’hospitel de Pirae ferme ses portes, un  gâchis de 560 millions.
- Lettre du candidat Nicolas Sarkozy aux Polynésiens.
- Le secrétaire d’Etat australien aux Affaires des îles du Pacifique, Richard Marles, annonce ne pouvoir soutenir la démarche d’Oscar Temaru de réinscription de la Polynésie sur la liste des pays à décoloniser de l’ONU.
- Le film L’élu du Peuple - Pouvanaa te metua est projeté pendant 15 jours dans une salle de Papeete.

19 avril - Teaki Dupont, candidate Parti Radical aux législatives 2012.
- Maeva Salmon candidate pour les législatives.

20 avril - Concours de Orero des établissements secondaires.

21 avril - Elections présidentielles en Polynésie française.

22 avril - Annonce des résultats en Polynésie française : Nicolas Sarkozy l’emporte avec 45,2 % des suffrages devant François Hollande à 32,43%. Marine Le Pen fait une percée, en 3e position avec 5,73% des voix, alors que Bayrou s’effondre.  L’abstention affiche un record de plus de 50%. Seulement aux Marquises, François Hollande arrive devant Nicolas Sarkozy avec 1690 voix, contre 1463 voix pour Sarkozy. Sarkozy fait son meilleur score aux Australes (48,11%) contre Hollande (38,81%).

24 avril - Un hacker s’introduit sur le site de l’aéroport de Tahiti-Faa’a pour y déposer un message plein de fautes d’orthographe qui annonçait la disparition de l’avion transportant “sarkosy“ au large de Bora Bora.

26 avril - Salon du Tifaifai à la mairie de Papeete.
- Reconstitution et confrontation à Nuku Hiva du meurtre présumé du touriste allemand Stefan Ramin par un Marquisien.
- Renouvellement des présidences de la commission permanente dont celle de Clarenntz Vernaudon, accusé d’escroqueries à la défiscalisation, à la commission de contrôles budgétaire et financier.

AdP


Evénements dans le Pacifique Sud

  

avec Pierre Riant à Radio Australie



L’humoriste canadien Anthony Kavanagh, devenu une star
à la télévision française, a donné un show devant 3000 ­personnes à la place To’ata
de Papeete. (Ph. Radio1)



La mode des concours de ‘orero a du succès, excellente façon de garder la langue tahitienne vivante. (Ph. DR)



Le parti No Oe te Nunaa a présenté les personnalités soutenant la candidature de Mme Bouteau à la députation : cinq des six personnes (dont Mme Bouteau) sur la photo sont des anciens ministres de Flosse. Sacrée ­manière de « construire autrement »! (Ph. NOTN)


 
Visites éclair à Tahiti de François Baroin (pour Sarkozy) et de Jean-Jacques Queyranne (pour Hollande).