Menu


Bonjour tristesse



Onze jours après Alex du Prel, c’est un autre combattant qui s’est éteint au fenua. Leader du combat contre les essais nucléaires puis de la reconnaissance du fait et de l’indemnisation des victimes, Bruno Barrillot s’est éteint le 25 mars dernier. Comme pour Alex, la population et les autorités ont salué le courage d’un homme qui a vécu pour ses convictions, allant jusqu’à quitter son Église pour mener le combat. Un Popa’ā qui, en quelques décennies, avait su gagner le cœur des Polynésiens, mais aussi faire entendre raison au gouvernement. Les dernières avancées du dossier sur l’indemnisation des victimes et la suppression du risque négligeable de la loi Morin lui doivent beaucoup. Nous ne vous oublierons pas M. Barrillot.
Depuis la dernière quinzaine, ce que personne n’a oublié non plus, c’est le rapprochement entre le Tahoeraa Huiraatira et le Front national, même si ce "mariage blanc" n’est pas présenté en ces termes par les intéressés. Chacun dans l’opposition, chacun rejeté, le Front national ne pouvant compter que sur lui et le Tahoeraa Huiraatira ne trouvant plus d’allié à droite, ce rapprochement était devenu inévitable. Mais faut-il vraiment parler de surprise ? Depuis près de quarante ans, le parti orange s’est montré redoutable dans l’art du contre-pied tout comme dans celui du rebond. Au nom du statut de la Polynésie française, on a mis un mouchoir sur ses valeurs politiques, en tout cas celles que l’on tente d’établir avec les partis métropolitains. Mais au final,
ce sont les valeurs locales qui ont toujours la priorité.
Marine Le Pen accepte de revoir le statut de la Polynésie française ? On la suit comme un seul homme, ou plutôt derrière un seul homme. Si les formes ont été mises pour ne pas froisser la base avec le vote unanime du grand conseil, la pilule bleu marine a encore du mal à passer. Les bulletins en feront-ils de même ? Réponse dans quinze jours. En attendant, Gaston a repris son bâton de pèlerin du haut de ses 86 ans pour prêcher la bonne parole. Pas sûr que tout ce qui a contribué à la diabolisation du FN soit abordé. Il ne s’agit que d’un mariage blanc, alors on ferme les yeux et les oreilles, même si la mariée est vêtue de noir.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Vendredi 7 Avril 2017 - écrit par Luc Ollivier


Continuez la lecture
< >

Vendredi 22 Septembre 2017 - 22:11 De quoi se plaint-on ?


Luc Ollivier

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




De l’audace, toujours de l’audace, encore de l’audace

Ces mots prononcés par Danton devant l’assemblée législative de 1792 pour inciter le peuple français à se mobiliser contre l’envahisseur sont restés célèbres, au point d’être souvent repris par les orateurs quand ils veulent réveiller les consciences. Le haut-commissaire, René Bidal, dans son discours du 14 juillet dernier, ne manqua pas de les prononcer, non sans en avoir cité l’auteur. Le message du représentant de l’État ne souffrait d’aucune ambiguïté alors que le Pays se doit de prendre des décisions importantes à une période ou l’attentisme, la gestion des affaires courantes, reste la meilleure option politique, de peur d’une bévue qui serait rédhibitoire à quelques mois des élections territoriales. L’audace, les Polynésiens l’attendent pour qu’enfin le redressement économique amorcé se traduise par des embauches. L’économie se porte mieux, les entreprises aussi, mais le peuple est encore trop souvent confronté à la misère. Le développement passera par le tourisme et le secteur primaire. Alors que la pêche tenait le haut de l’actualité avec le débat sur la nécessité de créer une flottille de pêche aux Marquises pour doubler le tonnage de prises, voilà que l’agriculture se sent agressée par un grand distributeur local qui annonce de manière maladroite le lancement de sa propre production pour certains légumes. Et notre ministre concerné Tearii Alpha s’étonne de cette annonce lors du journal télévisé ! Trois hectares de serres à Taravao, dont 700 m2 pour l’élevage de poissons et personne n’était au courant ? Depuis des années, les gouvernements nous rabâchent les oreilles avec des annonces lénifiantes sur la priorité des actions qui doivent être menées en faveur des agriculteurs. Pour quel résultat ? Aujourd’hui, c’est une initiative privée qui montre la voie. Il serait peut-être bien que le gouvernement
s’en inspire et éduque un encore trop grand nombre d’agriculteurs qui usent et abusent de pesticides, qui profitent de la foire agricole et de l’amour des Polynésiens pour les produits du fenua pour les vendre à des prix exorbitants.
De l’audace, on en attend de notre président Édouard Fritch, parti à New York contrecarrer les revendications indépendantistes de Temaru et consorts pour un festival d’entretiens à l’ONU, qui ne sera jamais aussi coloré que celui proposé par Ono’u ces jours-ci à Papeete. Il l’a promis, il va bientôt faire son annonce sur la réforme de la Protection sociale généralisée et notamment celle des retraites. L’audace aura-t-elle les limites de la force d’opposition que prévoient plusieurs syndicats si certaines lignes sont franchies ?

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier