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"Like" Lana Tetuanui



Et aux autres parlementaires polynésiens qui l’ont soutenue pour réussir lundi dernier à faire adopter, par la commission mixte paritaire du Parlement, l’amendement déposé par la sénatrice Lana Tetuanui au projet de loi sur l’Égalité réelle Outre-mer. Cet amendement, adopté à l’unanimité, modifiait la loi Morin en supprimant la notion de risque négligeable pour l’indemnisation des victimes. C’en est fini des 0,3% qui bloquaient bien des dossiers et empoisonnaient les relations avec Paris. En l’espace de quinze jours, la situation s’était donc inversée ; et à l’aigreur de la décision subite du Sénat d’adopter une modification, que le Pays et les associations voulaient modifier en supprimant cette notion de risque négligeable, c’est un sentiment de soulagement qui succédait. Hier, les députés ont adopté cette réforme même si par un amendement, une commission sera chargée, un an après la promulgation de la loi, de faire des recommandations pour veiller à ce que l'indemnisation soit réservée
aux personnes à la maladie causée par les essais.
Cela ne remet nullement en cause le travail de nos parlementaires et c’est pour cela que cette semaine on va "liker" Lana. Un petit pouce bleu levé vers le haut après lequel tant d’internautes courent. Je l’ai lu cette semaine, une personne sur dix n'hésite pas à déformer la réalité sur les réseaux sociaux, a révélé une étude de Kaspersky Lab. Je vous livre les chiffres et le constat qu’en a dressé la journaliste Claire Jenik : "Pour attirer l'attention et recueillir un grand nombre de "likes", 32% des utilisateurs masculins révèleraient quelque chose de drôle sur un(e) ami(e) - cette proportion n'atteint que 21% chez les femmes.
De manière générale, les hommes sont plus enclins que les femmes à divulguer des informations personnelles afin de récolter un maximum de
"likes" et satisfaire leur amour-propre. Ainsi, près d'un homme sur dix (9%) serait prêt à publier une photo de lui-même dénudé contre seulement 5% des femmes."
Et vous ? Que seriez-vous prêt à faire, à dire, à écrire, à montrer pour gagner quelques "likes" comme on distribuait des bons points à l’école il y a déjà quelques années ? Être connu et reconnu sur la Toile, recueillir des avis qui n’en sont pas, puisqu’on ne fait qu’opter entre un pouce levé et un pouce baissé, est devenu un but dans la vie, quitte à mentir, tricher, faire du mal autour de soi ? Internet est un très bel outil, la communication est indispensable, les débats sont nécessaires et si vous voulez être un vrai acteur dans ce domaine, n’oubliez pas qu’il y a toujours la possibilité de mettre un commentaire plutôt qu’un émoticon. Tout n’est pas blanc ou noir !
Mon choix est fait, je "dislike" les "likes".

Bonne lecture et merci pour votre fidélité

Vendredi 10 Février 2017 - écrit par Luc Ollivier


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Vendredi 22 Septembre 2017 - 22:11 De quoi se plaint-on ?


Luc Ollivier

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De l’audace, toujours de l’audace, encore de l’audace

Ces mots prononcés par Danton devant l’assemblée législative de 1792 pour inciter le peuple français à se mobiliser contre l’envahisseur sont restés célèbres, au point d’être souvent repris par les orateurs quand ils veulent réveiller les consciences. Le haut-commissaire, René Bidal, dans son discours du 14 juillet dernier, ne manqua pas de les prononcer, non sans en avoir cité l’auteur. Le message du représentant de l’État ne souffrait d’aucune ambiguïté alors que le Pays se doit de prendre des décisions importantes à une période ou l’attentisme, la gestion des affaires courantes, reste la meilleure option politique, de peur d’une bévue qui serait rédhibitoire à quelques mois des élections territoriales. L’audace, les Polynésiens l’attendent pour qu’enfin le redressement économique amorcé se traduise par des embauches. L’économie se porte mieux, les entreprises aussi, mais le peuple est encore trop souvent confronté à la misère. Le développement passera par le tourisme et le secteur primaire. Alors que la pêche tenait le haut de l’actualité avec le débat sur la nécessité de créer une flottille de pêche aux Marquises pour doubler le tonnage de prises, voilà que l’agriculture se sent agressée par un grand distributeur local qui annonce de manière maladroite le lancement de sa propre production pour certains légumes. Et notre ministre concerné Tearii Alpha s’étonne de cette annonce lors du journal télévisé ! Trois hectares de serres à Taravao, dont 700 m2 pour l’élevage de poissons et personne n’était au courant ? Depuis des années, les gouvernements nous rabâchent les oreilles avec des annonces lénifiantes sur la priorité des actions qui doivent être menées en faveur des agriculteurs. Pour quel résultat ? Aujourd’hui, c’est une initiative privée qui montre la voie. Il serait peut-être bien que le gouvernement
s’en inspire et éduque un encore trop grand nombre d’agriculteurs qui usent et abusent de pesticides, qui profitent de la foire agricole et de l’amour des Polynésiens pour les produits du fenua pour les vendre à des prix exorbitants.
De l’audace, on en attend de notre président Édouard Fritch, parti à New York contrecarrer les revendications indépendantistes de Temaru et consorts pour un festival d’entretiens à l’ONU, qui ne sera jamais aussi coloré que celui proposé par Ono’u ces jours-ci à Papeete. Il l’a promis, il va bientôt faire son annonce sur la réforme de la Protection sociale généralisée et notamment celle des retraites. L’audace aura-t-elle les limites de la force d’opposition que prévoient plusieurs syndicats si certaines lignes sont franchies ?

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier