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Makatea, Moruroa, Fangataufa… même combat



Poumon économique de la Polynésie française pendant cinquante ans (1916-1966) en raison de son phosphate, Makatea, après avoir sombré dans l’oubli pendant autant de temps, est aujourd’hui sur le devant de la scène économique et bientôt certainement politique. Un destin qui n’est pas sans rappeler celui des atolls de Moruroa et Fangataufa, qui prirent la relève économique en "accueillant" les 193 essais nucléaires français, aériens puis souterrains, de 1966 à 1996. Trente années de prospérité pour le Pays que la rente nucléaire, ou quel que soit son nom, ne parviendra jamais à rétablir. Les conséquences de ces arrêts se sont ensuite fait ressentir, plongeant petit à petit le pays dans un marasme économique et une cacophonie politique.
La "réhabilitation" de Makatea, au prix d’un nouveau projet d’exploitation du phosphate, divise la population et pas seulement celle qui réside sur ce bout de rocher qui porte encore les dangereux stigmates de son passé minier. Le projet semble en passe d’aboutir, à en croire les déclarations de nos gouvernants qui se sont rendus sur place la semaine dernière en petit comité et avec une petite sélection de médias (syndrome de la macronite ?), dont nous n’avons pas fait partie, comme d’autres, pour des raisons d’autorisation des Affaires maritimes, nous a-t-on avancé.
Pendant qu’un siècle d’histoire rouille sous la végétation, nul ne se soucie d’en extraire des pans que la population pourrait découvrir dans un lieu dédié à Rangiroa, la grande sœur voisine, ou à Tahiti. Idem pour nos deux atolls nucléarisés, dont peu de monde se soucie ; l’important étant de négocier au mieux les indemnités, légitimes, que l’on peut en retirer. Comme d’autres, nous militons pour un vrai lieu de mémoire, un musée, pour laisser une trace physique et accessible à tous de cette page d’histoire.
Makatea remis en lumière pour des raisons uniquement économiques, Moruroa et Fangataufa laissés dans l’ombre pour les mêmes raisons. Les îles polynésiennes ne sont-elles donc qu’affaire d’argent ?

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Vendredi 28 Juillet 2017 - écrit par Luc Ollivier


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Vendredi 22 Septembre 2017 - 22:11 De quoi se plaint-on ?


Luc Ollivier

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De l’audace, toujours de l’audace, encore de l’audace

Ces mots prononcés par Danton devant l’assemblée législative de 1792 pour inciter le peuple français à se mobiliser contre l’envahisseur sont restés célèbres, au point d’être souvent repris par les orateurs quand ils veulent réveiller les consciences. Le haut-commissaire, René Bidal, dans son discours du 14 juillet dernier, ne manqua pas de les prononcer, non sans en avoir cité l’auteur. Le message du représentant de l’État ne souffrait d’aucune ambiguïté alors que le Pays se doit de prendre des décisions importantes à une période ou l’attentisme, la gestion des affaires courantes, reste la meilleure option politique, de peur d’une bévue qui serait rédhibitoire à quelques mois des élections territoriales. L’audace, les Polynésiens l’attendent pour qu’enfin le redressement économique amorcé se traduise par des embauches. L’économie se porte mieux, les entreprises aussi, mais le peuple est encore trop souvent confronté à la misère. Le développement passera par le tourisme et le secteur primaire. Alors que la pêche tenait le haut de l’actualité avec le débat sur la nécessité de créer une flottille de pêche aux Marquises pour doubler le tonnage de prises, voilà que l’agriculture se sent agressée par un grand distributeur local qui annonce de manière maladroite le lancement de sa propre production pour certains légumes. Et notre ministre concerné Tearii Alpha s’étonne de cette annonce lors du journal télévisé ! Trois hectares de serres à Taravao, dont 700 m2 pour l’élevage de poissons et personne n’était au courant ? Depuis des années, les gouvernements nous rabâchent les oreilles avec des annonces lénifiantes sur la priorité des actions qui doivent être menées en faveur des agriculteurs. Pour quel résultat ? Aujourd’hui, c’est une initiative privée qui montre la voie. Il serait peut-être bien que le gouvernement
s’en inspire et éduque un encore trop grand nombre d’agriculteurs qui usent et abusent de pesticides, qui profitent de la foire agricole et de l’amour des Polynésiens pour les produits du fenua pour les vendre à des prix exorbitants.
De l’audace, on en attend de notre président Édouard Fritch, parti à New York contrecarrer les revendications indépendantistes de Temaru et consorts pour un festival d’entretiens à l’ONU, qui ne sera jamais aussi coloré que celui proposé par Ono’u ces jours-ci à Papeete. Il l’a promis, il va bientôt faire son annonce sur la réforme de la Protection sociale généralisée et notamment celle des retraites. L’audace aura-t-elle les limites de la force d’opposition que prévoient plusieurs syndicats si certaines lignes sont franchies ?

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier