Menu

Ugo : son "idylle" avec la Warner


Mercredi 15 Juin 2016 - écrit par Par Dominique Schmitt




À 18 ans, le jeune talent du fenua vient de signer avec l'une des plus grandes maisons de disque en métropole et a décroché un contrat pour quatre albums. Alors que son premier single "Idylle" ainsi qu'un clip sont sur le point de sortir, l'artiste part s'installer à Paris pour commencer une carrière.
 
Ugo, une voix exceptionnelle et des doigts en or
 
Il en rêvait, la Warner l'a fait ! Cet enfant de la balle, qui a baigné dans un milieu artistique avec une mère pianiste et un père trompettiste, a obtenu un contrat en or avec l'un des trois plus grands majors en métropole. Le jeune homme a été en effet repéré par Vincent Carpentier, éditeur et producteur réputé, invité par le Collectif Tahiti Rock lors du Tahiti Festival Guitare 2015. Ce découvreur de talent, véritable "chasseur de tête", est reconnu par ses pairs pour avoir lancé des pointures comme Thomas Dutronc, Stromae, ou les Daft Punk.
Après des essais concluants, le talent du fenua a ainsi signé en édition avec Carpentier et en production avec Parlophone, l'un des labels de Warner France. À la clé : l'opportunité de réaliser quatre albums avec la maison de disque, à Paris, qui produit notamment Johnny Hallyday, David Guetta, ou encore Tal. Alors qu'il passe, aujourd'hui, les dernières épreuves du baccalauréat, Ugo s'envolera le 24 juillet pour la Ville Lumière pour entamer une carrière prometteuse.
 
Du 'ukulele à la guitare
 
Révélé par le concours Guitare Club 2015, qui se déroule dans le cadre du Tahiti Festival Guitare, il a atteint la deuxième marche du podium, derrière Eto. La même année, celui qui s'est fait connaître par ses prestations enlevées dans "Studio Live Sessions", a en outre terminé à la troisième place de Nescafé Star. Après avoir écumé les spots de la place et fort de son succès local, il entre désormais dans la cour des grands.
Passionné par la musique dès le plus jeune âge, il est entré au Conservatoire de Perpignan du haut de ses 4 ans, et s'est spécialisé dans les percussions classiques quand il avait seulement 6 ans. Après plusieurs années de travail et de discipline, il a gagné son prix de percussions en 2015 au Conservatoire artistique de Polynésie française. Ce n'est que lorsqu'il avait 12-13 ans qu'il s'est tourné vers les musiques dites actuelles. Après s'être essayé au 'ukulele, il s'est mis ensuite à la guitare et ne l'a plus jamais lâchée.
 
Un artiste complet
 
Sa voix exceptionnelle et ses doigts en or ont fini par le faire remarquer par les professionnels du milieu. Il faut dire qu'Ugo est un artiste doué et complet : il écrit ses textes, compose ses mélodies et interprète ses chansons. Son premier single, intitulé "Idylle", va très prochainement voir le jour. Cet opus sera accompagné d'un clip vidéo, réalisé par un ancien caméraman de TF1 très expérimenté, puisqu'il s'est chargé de la promotion, entre autres, de stars telles Céline Dion, Patrick Fiori, Lara Fabian, etc.
Tourné entre Tahiti et Moorea, le clip mettra en scène Ugo dans son élément naturel : les lagons bleu turquoise, le soleil et les plages de surf. Arrivé en Polynésie en 2013, il n'aura pas tardé à imposer son style pop, qui rappelle celui de chanteurs tels Jack Johnson ou Justin Bieber. Depuis le phénomène Guy Laurens, qui a signé un contrat avec Sony Music en 1997 pour l'album "Fenua" puis avec Universal Music France en 1999 pour "Polynesia", nous n'avions jamais vu ça au fenua. Chapeau bas !
 
 

Ugo : son "idylle" avec la Warner

 Warner Music France, une boîte à tubes 
 
Fondée en 1971, Warner Music France est une société d'édition et de production musicale, qui est une filiale de la boîte européenne Warner Music Group. En métropole, le groupe s’associe avec Daniel Filipacchi et signe leurs premiers artistes français dont Michel Berger, France Gall, Françoise Hardy, Véronique Sanson et Michel Jonasz. Depuis 2003, c'est Thierry Chassagne qui en est le P-dg, après le décès de Yan-Philippe Blanc.
Afin de répondre à la mutation du marché de la musique, Warner Music France a ouvert en 2007 une division 360° afin d'élargir et diversifier ses offres : cession de licence, marchandisage, premiums, synchronisations, contenus vidéos, parrainages, showcase, partenariats avec les marques… L'année suivante, Warner Music France a racheté la société de production Jean-Claude Camus Productions (devenu depuis Décibels Productions), puis, en 2010, le tourneur Nous Productions.
Après le rachat en 2013 par Warner Music Group de Parlophone Label Group et de filiales européennes d’EMI, Warner Music France s'est emparée de Parlophone Music France. Warner Music France est aujourd'hui composée de deux labels locaux : Warner et Parlophone, ainsi qu’un label international : WEA.
 

 
 

Ugo : son "idylle" avec la Warner
Ugo : "Je ne veux pas être un produit, je souhaite garder ma liberté artistique"
 
 
Comment a débuté votre aventure ?
Au départ, ce sont mes parents qui m'ont poussé à me présenter au casting du concours Guitare Club. C'est vrai que j'hésitais un peu, puis je me suis finalement décidé à me lancer. Surtout, lorsque les organisateurs du Tahiti Festival Guitare m'ont parlé de la présence de Vincent Carpentier, le producteur de Thomas Dutronc, je me suis dit que ce serait peut-être l'occasion de l'approcher un peu et de jouer une de mes chansons. Mes parents m'avaient bien sûr conseillé de ne pas me faire trop d'illusion…
 
C'est Vincent Carpentier qui vous a directement approché ?
Oui, c'était à l'occasion d'une sortie en pirogue avec les artistes du Tahiti Festival Guitare. C'était vraiment un coup de chance, car c'était un jour férié et j'ai donc pu venir. J'ai eu l'opportunité de faire un "bœuf" avec les festivaliers comme Fränk (chanteur et guitariste, il est la révélation de Solidays 2014, ndlr) ou Amandine Bourgeois (chanteuse a gagné l'édition 2008 de "Nouvelle Star", ndlr). Le guitariste d'Amandine, Guillaume Soulan (multi-instrumentiste, qui a aussi collaboré avec des artistes comme Hubert Felix Thiefain, Amel Bent, Julie Zenatti ou Romane Serda, ndlr), m'a alors demandé d'interpréter une de mes chansons, ce que j'ai fait évidemment, bien que ce n'était pas ma guitare. J'étais vraiment impressionné et j'ai mesuré toute la chance que j'avais. Après ça, Vincent Carpentier m'a demandé si j'avais d'autres chansons, je lui ai répondu par l'affirmative et j'ai joué trois ou quatre titres en plus. Il m'a confié ensuite que j'avais du potentiel et dès le lendemain, il est allé voir mes parents, ce qui prouve son sérieux. Il nous a dit qu'il voulait m'emmener vers des maisons de disque, faire un EP, des albums, etc. Nous sommes restés en contact pendant un an. Je lui envoyais mes chansons et il me disait si c'était bien ou pas ; il y avait beaucoup de choses pas bien… (Rires)
 
Quel est le contrat que vous avez signé ? 
Vincent Carpentier m'a conseillé d'intégrer d'emblée, si possible, un des trois majors : Universal, Warner ou Sony. Ce qui était sympa, c'est que les deux premiers étaient intéressés. Ce qui m'a séduit est que Parlophone (l'un des deux labels de Warner Music France, ndlr) est la branche du groupe Coldplay. Cela me correspond davantage, car je ne veux pas être un produit, je souhaite garder ma liberté artistique. Nous avons donc choisi Warner plutôt qu'Universal. Dans le contrat que nous avons signé, il a été convenu de réaliser quatre albums, mais à condition que le premier opus fonctionne… Ce seront des chansons majoritairement en français et quelques-unes en anglais. Par ailleurs, j'ai été contacté par TF1 pour faire "The Voice".
 
"J'ai été contacté par TF1 pour faire The Voice"
 
Comment avez-vous fait pour trancher ? C'est un vrai choix cornélien…
Avant de signer avec la Warner, j'ai fait un premier entretien sur Skype pour le concours "The Voice", à 5 heures du matin (rires) ! J'ai fait ensuite un deuxième casting, toujours par Skype, et finalement, il m'a été proposé d'accéder directement aux "auditions à l'aveugle" en raison de mon éloignement. J'en ai parlé avec Vincent (Carpentier, ndlr), qui est désormais mon manager, et il m'a dit que c'était une bonne idée mais que j'étais en passe de signer avec la Warner. Or, c'est Universal qui organise "The Voice"… Nous avons alors décidé de collaborer avec la Warner avec l'espoir de percer avec mes chansons, plutôt que d'être un "produit The Voice". Cependant, la société de production de TF1 n'a pas lâché l'affaire tout de suite ! Le choix n'a pas été facile, mais je pense avoir fait le bon, ce n'est pas le même état d'esprit, je n'ai pas de sentiment de contrainte. Et du coup, Warner a accéléré le processus de signature. Je suis alors parti en décembre 2015 à Paris pour signer les contrats avec la maison d'édition de Carpentier et la maison de disque Warner Parlophone. J'en rêvais et je ne demandais pas mieux. Je suis resté une semaine sur place, puis je suis allé me ressourcer à Perpignan, ma ville natale.
 
Vous voulez éviter de faire de chansons dites "commerciales" ?
Non pas forcément, je n'ai pas de problème avec ça. Il y a des chansons qui sont commerciales qui sont très bien. Stromae, Bruno Mars, etc., c'est du commercial, et c'est génial !
 
Vous avez donc finalisé votre premier single ?
Pour mon premier single, j'ai dû refaire ma chanson "Grail", interprétée lors du Tahiti Festival Guitare, en langue française, alors que je l'avais pensée et écrite en anglais, ce qui n'était pas évident. J'y suis finalement arrivé avec l'aide de mes parents et de Vincent. Le titre s'appellera donc "Idylle". C'est vrai que je n'ai pas non plus un très bon accent en anglais, et de toute façon, c'est cette chanson que Warner voulait !
 
Pourquoi Warner a-t-elle choisi ce titre selon vous ?
Je pense qu'on voulait montrer l'image de Tahiti et ce titre illustre bien mes chansons qui sont ensoleillées, avec des couleurs chaudes. Aussi, ce n'est jamais facile de faire un premier single, il faut prendre le minimum de risque, et "Idylle" pourrait bien marcher dans ce sens, car il y a un caractère authentique.
 
Et votre premier clip vient tout juste d'être réalisé également ?
En ce qui concerne le clip, tous mes potes ont participé et je dois dire que nous nous sommes éclatés ! Le tournage a eu lieu à Tahiti et Moorea. Nous sommes allés dans divers endroits comme le marché de Papeete, le nouveau port sur le front de mer, nous avons même loué un truck, nous sommes partis aux grottes de Mara'a, à différentes plages comme celles du PK 18, de Papenoo, Papara, Teahupo'o… Nous avons tourné également sur l'île sœur, à Paopao, sur la plage des Tipaniers, etc.
 
Vous vous envolez en métropole le 24 juillet. Comment envisagez-vous votre nouvelle vie ?
J'accorde une énorme importance à la musique, mais je compte mettre toujours mes études en priorité. En fait, je vais tâcher de faire les deux à fond, tout en gérant mon temps au mieux.
 
Quelles études souhaitez-vous suivre ?
Actuellement en terminale ES (section‎ ‎économique et sociale, ndlr), j'attends d'obtenir mon baccalauréat pour savoir dans quelle faculté je vais aller. Je souhaite m'inscrire en Licence de communication, c'est ce qui me correspond le plus.
 
"Je veux faire de la musique pour le plaisir et faire des choses que j'aime"
 
Vous avez fini 2e au Guitare Club 2015, puis 3e au concours Nescafé la même année… C'est la consécration avec ce contrat de la Warner ?
Je ne me suis pas inscrit à ces concours pour cela, je ne cherche pas la notoriété. C'était plus dans le but d'acquérir de l'expérience et de partager la musique avec d'autres artistes. Je ne veux pas de tomber de haut, alors je garde la tête froide, et je ne me dis pas que je vais être une super star. Je veux faire de la musique pour le plaisir, faire des choses que j'aime et dont je suis fier.
 
Enregistrer plus de 20 000 vues sur YouTube ou plus de 50 000 sur Facebook en postant une vidéo, cela doit être très encourageant et grisant ! Comment vivez-vous ce début de notoriété ?
Finalement, ce n'est pas beaucoup. Je me dis que certains font des millions de vues, alors ce n'est pas exceptionnel. Bien sûr, c'est encourageant de savoir que des gens aiment ce que je fais, et c'est ce qui est important pour moi.  
 
Depuis quand jouez-vous de la musique, comment est venue cette passion ?
J'ai commencé au Conservatoire à l'âge de 4 ans et les percussions classiques (caisse claire, xylophone, timbales, congas, bongos, djembé…) quand j'avais 6 ans. J'ai obtenu mon prix de percussions l'année dernière à Tahiti. Quant à la musique actuelle, j'ai commencé à en jouer vers 12-13 ans avec un 'ukulele que mes parents avaient ramené après un séjour en Polynésie, et en m'aidant notamment d'une vidéo avec Hans, mon prof percussionniste du Conservatoire. Ensuite, j'ai essayé de jouer à la guitare pour faire des accords que je n'arrivais pas à faire sur le 'ukulele, et c'est parti comme ça. Je suis autodidacte en guitare et en piano, j'ai mis environ un an pour acquérir les bases. Nous avons fait pas mal de duos avec Hans dans différents hôtels et aussi avec Frédéric Rossoni (batteur des Tikahiri et professeur de musique actuelle au Conservatoire, ndlr).
 
Vivre dans un milieu artistique, avec une maman prof de piano et un papa trompettiste, vous a aidé ?
Oui, leurs conseils sont précieux, mais ils m'ont toujours laissé autonome. Aussi, j'ai toujours voulu emprunter ma propre voie, suivre mes idées, et ne pas être dans leur ombre.
 
D'autres membres de votre famille sont-ils artistes également ?
Mon grand-père paternel était un très grand trompettiste, un soliste qui s'est produit à travers toute la France et qui a même joué à l'Opéra de Paris. J'ai aussi un oncle gitan qui joue de la guitare.
 
Conjuguer le bac, les cours au Conservatoire et entamer une carrière artistique en même temps a dû vous prendre beaucoup de temps et d'énergie. Comment avez-vous réussi à gérer cela, vous avez fait des sacrifices ?
C'est sûr que j'ai passé des samedis à bosser alors que mes potes passaient la journée à la plage, mais c'est un travail plaisant, je m'éclate. Je sors tout de même le soir, mais il faut aussi se reposer pour être productif.
 
Quels sont vos mentors ?
Je suis influencé par les Beatles, Ed Sheeran, Bruno Mars, ou encore Justin Bieber qui a un talent fou sur le plan musical malgré les critiques. Les artistes classiques m'ont bercé aussi, comme Mickaël Jackson, News et Coldplay. 
 
Comment qualifierez-vous votre style ?
C'est de la pop, "black", car un peu groovy, comme Ed Sheeran, par exemple.
 
"Les chansons dont je suis le plus fier sont celles que j'ai écrites à Tahiti"
 
Vos sources d'inspiration ?
Les chansons dont je suis le plus fier sont celles que j'ai écrites à Tahiti, et je mûris encore. Je m'inspire de mon quotidien, des choses que je vis. Je n'ai pas envie d'écrire sur l'amour, la vie, la mort, le temps qui passe… À 18 ans, je ne connais pas la vie, donc je parle du soir où j'ai trop bu, du jour où j'ai croisé une fille qui m'a impressionné, des histoires d'amour des jeunes sans lendemain, etc. J'essaie de faire des chansons dans lesquelles les jeunes peuvent s'identifier, comme j'aime à le faire personnellement dans les films, par exemple.
 
Et cela plaît visiblement, notamment aux filles ?!
(Rires) Oui… Tant mieux si cela plaît. J'ai une copine depuis un an, elle est en première et elle devrait me rejoindre à Paris l'année prochaine, après son bac.
 
Un mot pour tes nombreux fans polynésiens ?
Je leur remercie d'être là ; d'ailleurs ce sont souvent les mêmes qui reviennent me soutenir. Je suis ravi de ce qu'ils m'apportent. J'ai envie de leur dire "à bientôt", car cela va venir. Ils vont m'entendre prochainement, et j'ai vraiment hâte de leur faire écouter ma musique !
 
 
 
 

Marc-Emmanuel Louvat et Léo Marais
Marc-Emmanuel Louvat et Léo Marais
Marc-Emmanuel Louvat, président du Collectif Tahiti Rock : "Sa présence sur scène est incroyable, il est très moderne"
 
Vous avez lancé en quelque sorte Ugo sous les feux de la rampe. Racontez-nous le déroulement du casting pour le concours Guitare Club ?
En 2015, nous avons lancé une nouvelle émission. Auparavant, nous avions mis en place le concours Tahiti Espoirs, dans le cadre du Tahiti Festival Guitare, puis nous avons lancé le Guitare Club, dont le concept est "une guitare, une voix". Ugo était candidat cette année-là, et lorsque nous lui fait passer le casting, je me souviens qu'on s'est tout de suite dit qu'il avait du potentiel. D'abord, il écrit ses chansons, il a une super rythmique, il est beau gosse… En fait, il avait tout pour que quelque chose se produise ! Il a terminé deuxième de cette édition, remportée par Eto grâce à de très belles chansons en tahitien. Ensuite, il a fini en troisième position du Nescafé Star, la même année. Le rôle du Collectif Tahiti Rock est d'offrir aux jeunes artistes un podium, il y a une émission télé, la presse est présente, etc. C'est vrai qu'ensuite, nous ne les suivons pas forcément, nous leur laissons leur liberté. Ugo a comme avantage que sa maman est professeur de piano, son papa est trompettiste, il vit donc dans le milieu de la musique, c'est inné chez lui et cela se ressent.
 
Vincent Carpentier l'a tout de suite repéré ?
Effectivement, lorsque nous avons organisé le Festival Guitare, nous avons invité un grand producteur qu'est Vincent Carpentier, qui a lancé Amandine Bourgeois, Thomas Dutronc, Franck… Et puis, lors d'une journée en pirogue organisée en guise de bienvenue avec tous les artistes et les organisateurs, il y avait Ugo parmi d'autres jeunes. Vincent Carpentier l'a un peu écouté comme ça, et finalement, il a auditionné sur la pirogue. Là, on a senti qu'il y avait quelque chose, il a commencé à l'enregistrer, comme il chantait en anglais, il lui a demandé de chanter en français, etc. Ensuite, il a fallu un peu de temps pour que cela se concrétise. Avec Léo Marais, qui est en contact avec Vincent Carpentier, on savait que quelque chose se préparait, mais nous ne pouvions pas en parler. Et puis, le contrat a été signé, c'est fait.
 
Qu'est-ce qui a fait la différence selon vous ?
Pour le Collectif Tahiti Rock, ce qui est important, c'est d'abord que c'est une des rares fois où nous avions un tel producteur avec nous, et c'est la première fois qu'il se passe quelque chose. C'est plaisant à notre niveau de voir qu'un jeune qui a du talent et malgré qu'il n'ait jamais été entendu avant, il signe un gros contrat comme cela. Sa présence sur scène est incroyable, il est très moderne, c'est Justin Bierber, et c'est ça qui fait craquer les filles ! C'est le genre One Direction, ou Bruno Mars (il fait d'ailleurs des reprises du chanteur), il y va direct. Aussi, ses parents ne lui ont pas mis de frein, la seule condition était qu'il obtienne son baccalauréat, ce qui est normal et raisonnable. Désormais, il peut se concentrer sur autre chose, ce n'est que le début !
 
//////////////////////
 
Léo Marais, organisateur du Tahiti Festival Guitare : "Ugo est entre de bonnes mains avec Vincent Carpentier"
 
C'est la première fois qu'un jeune signe un tel contrat ?
On a toujours cru qu'il allait se passer quelque chose. Cela se produit au bout de neuf ans avec Ugo, et nous en sommes ravis. Je suis content de ce qui lui arrive, ça laisse de très belles opérations à venir pour les dix ans du Tahiti Festival Guitare (lire encadré, ndlr). Je tiens à remercier notamment Air Tahiti Nui et Le Méridien, qui ont permis la venue de Vincent Carpentier. Je précise aussi que c'est Cécile Coat qui a présenté Vincent au Collectif Tahiti Rock. Tout le mérite revient bien sûr à Ugo. Lors des concours musicaux, ses prestations sont à chaque fois superbes, il est une tête au-dessus de la plupart des autres candidats.
 
C'est une belle aventure qui commence ?
Le métier est difficile et c'est toujours bien d'être entouré par des professionnels. Ugo est entre de bonnes mains avec Vincent Carpentier, c'est quelqu'un de sérieux, de très professionnel, qui voit aussi l'intérêt de l'artiste. Il a un bon état d'esprit et c'est important. Il a souhaité qu'Ugo passe le baccalauréat, et n'a pas voulu l'enlever comme cela. Cela va au-delà de l'artistique, il n'est pas là pour faire "un coup", on sent qu'il veut travailler avec lui dans le temps. Il est réputé aussi pour suivre ses poulains même quand ils sont sortis de l'écurie. La bonne nouvelle, c'est que c'est fait, c'est signé, et c'est une grande fierté pour nous. Vive l'aventure et qu'elle continue le plus longtemps possible pour lui !
 

 
 

Ugo : son "idylle" avec la Warner
Maurice, le papa d'Ugo : "Il a commencé en jouant du 'ukulele"
 
Vous devez ressentir un sentiment de fierté grâce au succès de votre fils ?
C'est fabuleux, nous ne nous y attendions pas. Bien sûr, je savais qu'il avait du talent. Lorsqu'il a commencé à écrire ses propres chansons, vers l'âge de 13 ans, voire avant même, je les trouvais déjà géniales. Mais bon, je suis mauvais juge, je suis son père… Sa mère, idem. Cependant, nous nous sommes dits : "D'où il sort ça ?". Avec mon épouse, nous sommes des musiciens classiques et lorsque nous sommes venus à Tahiti la première fois, invités par Musique en Polynésie pour nous produire lors de plusieurs concerts, nous avons adoré au point que nous avions convenu de revenir ici pour y habiter. Ugo était ravi de ce choix possible. Nous lui avions ramené dans nos bagages un 'ukulele avec des vidéos de musiciens locaux, et Ugo a commencé comme ça en fait. Il a appris les accords, il s'est mis à jouer, et même à chanter. Ensuite, chez mes parents, il y avait une guitare, il l'a prise et bientôt, il a écrit sa première chanson. Je me rappelle, elle était en anglais et s'appelait "Hello Minnie". Nous étions bluffés, la famille aussi. Et puis, un jour, j'annonce que si on vend ma Mercedes, on part tous deux mois à Tahiti ! Je l'ai vendue et nous sommes ainsi venus tous les trois au fenua pour savoir si nous aimerions vivre ici. Tout le monde était emballé. Nous avons alors demandé notre mutation, car ma femme et moi étions professeurs au Conservatoire de Perpignan. Elle a obtenu un poste, moi pas, mais nous sommes partis quand même ; on a tout vendu et sommes arrivés à Tahiti en 2013.
 
C'est sous le soleil tahitien qu'il s'est donc épanoui ?
Oui, clairement ! Il a participé en premier lieu à l'émission télé "Studio Live Sessions", cela s'est très bien passé. Nous l'avons plus tard incité à se présenter au concours Guitare Club et cela s'est extraordinairement bien déroulé. D'autant qu'il y a eu cette rencontre déterminante avec Vincent Carpentier. Il a également passé avec brio l'autre concours musical, Nescafé Star. Les gens l'aiment bien, sur Facebook, il a pas mal de fans qui le suivent, c'est super pour lui, mais nous sommes à Tahiti. Maintenant, il nous tarde que le clip sorte pour voir le ressenti en métropole.

Qu'est-ce qui vous plaît particulièrement en Polynésie ?
Tout ! Je crois que c'est surtout la gentillesse des Polynésiens qui est marquante. Et puis, c'est plus cool, il y a moins de stress, moins de violences. Nous sommes rentrés en métropole à Noël dernier, c'est un désastre, c'est déprimant…
 
Il a baigné dans un univers artistique. Pensez-vous que cela a contribué à son développement ?
En effet, mon épouse est pianiste et je suis trompettiste. Quant à Ugo, il est percussionniste. Il vient d'ailleurs d'obtenir son prix de percussions au Conservatoire. Cependant, la musique classique et celle actuelle n'ont strictement rien à voir, c'est complètement différent. Les bases sont similaires mais après c'est un autre monde. En tout cas, mes parents me disent qu'ils ont rajeuni de dix ans, ils sont heureux pour lui !
 
"Il faut garder la tête froide et c'est surtout beaucoup de travail"
 
Sa réussite doit être grisante pour lui comme pour vous ?
C'est sûr, mais nous en avons beaucoup parlé entre nous. L'avantage d'être un musicien classique c'est ça : ne te grise pas, il faut jouer, si tu veux être prêt et te donner à fond, il faut garder la tête froide et c'est surtout beaucoup de travail. Nous l'avons toujours éduqué comme cela. Et je pense que c'est ce qui a plu à Vincent Carpentier. Quand il lui demande quelque chose, il le fait immédiatement, et cela va très vite. Aussi pour 18 ans, par rapport à ses copains de son âge, il est vraiment mûr.
 
Quelles sont vos relations avec Vincent Carpentier ?
Nous l'avons tout de suite bien senti, il s'est présenté et a demandé à nous voir. Il nous a confié que notre fils avait beaucoup de talent et qu'il était intéressé d'essayer de faire quelque chose avec lui. Il a été très correct, car Ugo étant encore mineur à ce moment-là, il envoyait ces mails à mon attention. La confiance s'est installée de suite, et ça continue, ce qui est essentiel pour l'avenir. Ugo est majeur, mais je suis toujours en copie des mails. Nous sommes restés en contact, et puis, tout ce qu'il nous a dit s'est produit, c'est fabuleux. Il a été en outre honnête, puisqu'il a dit que quand le travail va vraiment commencer, cela sera plus "hard".
 
Vous repartez tous en métropole pour le suivre et l'accompagner dans cette aventure ?
Oui, dans ce milieu, c'est préférable… Avec sa mère nous avons décidé de rentrer en métropole, plutôt que de rester ici alors que lui est là-bas. Nous pourrons aussi assister à ces petits concerts ou ses premières parties. Et puis, s'il y a un problème quelconque, en une demi-journée, depuis Perpignan, nous pouvons remonter à Paris. Nous nous envolons le 24 juillet, après on verra comme cela se passe, mais nous sommes confiants.
 
 

Tahiti Festival Guitare : tous les lauréats réunis pour les dix ans 
 
Le Collectif Tahiti Rock prépare un événement spécial pour les dix ans du festival. Léo Marais précise : "Pour les dix ans du Tahiti Festival Guitare, nous souhaitons réunir tous les lauréats du Tahiti Espoir Guitare et du Guitare Club. Nous avons pensé à faire monter sur scène les trois premiers de chaque édition, mais également tous ceux qui ont marqué les différents festivals. Il y a encore d'autres talents à découvrir, nous souhaitons donner leur chance à tous les jeunes du fenua. Et d'ajouter : "J'aimerais à l'avenir organiser une prochaine édition avec Ugo en vedette, voir même faire un gros concert place To'ata, si on manque de place !" 
 



Dans la même rubrique
< >

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




La faute aux territoriales

Que ne ferait-on pas au nom des élections territoriales ? La vie et parfois la survie des hommes politiques dépendent de ces élections plus que de n’importe quelles autres. L’actualité récente est venue rappeler toutes les magouilles, arrangements, et autres mensonges qu’elles peuvent drainer.
Ainsi, l’affaire incriminant le groupe OPT cité à comparaître pour tromperie en raison du débit Internet dans les archipels qui ne correspondait pas à l’offre. L’audience a été renvoyée au 28 août 2018 à la demande des avocats de la défense, soit après le rendez-vous électoral. Déjà, fin 2012, au moment du lancement de cette offre commerciale pour laquelle l’OPT et Mana (aujourd’hui Vini) connaissaient les limites techniques, le rendez-vous des territoriales de 2013 était plus que sous-jacent, comme Tahiti Pacifique (10 juin 2016) le révélait au travers des propos tenus par un cadre de l’OPT : "Les considérations derrière ce choix étaient plus politiques qu’économiques."
À quelques mois de la grand-messe politique locale, le Pays se crispe sur le rendez-vous du mois d’avril. Olivier Kressmann, président du Medef, le déclarait dans nos colonnes en septembre dernier : "Nous sentons un ralentissement dû aux prochaines élections, preuve que la politique est un frein et en l’occurrence à un moment où il ne le faut surtout pas."
Une crispation pas seulement économique, en dépit des annonces et des forums de tous ordres qui se suivent, une façon de dire : on s’occupe de vous. La réforme de la PSG2 peut-elle souffrir encore plus longtemps d’annonces restructurantes ? Seul le gouvernement semble le croire, lui qui procède actuellement par petites touches pour ne pas se heurter à une levée de boucliers. Ces élections, rendez-vous entre autonomistes et indépendantistes, vont nous livrer une campagne particulièrement dure où l’on risque de vivre des tensions comme jamais auparavant. L’intervention du conseiller indépendantiste Tony Géros à l’assemblée territoriale la semaine dernière nous en donne un avant-goût. Sa question à la ministre du Tourisme, Nicole Bouteau, concernant les mesures à prendre au sujet des "backpackers" de métropole et d’Europe susceptibles de rester sur le territoire après avoir voyagé avec la compagnie low-cost ou smart-cost (c’est selon) French blue, a pris des relents xénophobes auxquels la ministre a répondu avec beaucoup d’à-propos. Il fallait le souligner !
À quand le prochain coup bas ?
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier