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La justice dans tous ses états

Ces derniers jours, la justice a donné le tempo de l’actualité en Polynésie française. Que ce soit à Paris ou à Tahiti, les palais étaient au cœur de toutes les attentions. La plus ancienne a été celle concernant le crash d’Air Moorea.
Onze ans après le drame, le procès a enfin pu s’ouvrir au cours duquel on a surtout retenu l’émotion des familles et la bataille d’experts autour du câble de gouverne qui serait à l’origine de l’accident qui a coûté la vie à 20 personnes, en août 2007. Les 137 parties civiles attendent désormais que justice soit rendue. Le jugement devrait être rendu pour la fin du mois de janvier 2019.
Justice a été rendue, comme on pouvait s’y attendre depuis le mois de juillet et les déclarations de l’avocate générale, au metua Pouvana’a a Oopa. La Cour de révision annule l’arrêt de la cour criminelle de Polynésie française du 21 octobre 1959 le condamnant à la peine de 8 ans de réclusion et à celle de 15 ans d’interdiction de séjour. L’homme politique autonomiste avait été accusé de complicité d’incendies volontaires et de détention d’armes. Cette décision de la Cour de révision a été accueillie avec beaucoup d’émotion de la part de sa famille, mais aussi de toute la classe politique locale qui se reconnaît en lui.
L’occasion était donc trop belle pour le leader indépendantiste Oscar Temaru, qui a perdu la semaine dernière son siège d’élu à l’assemblée de la Polynésie après une condamnation du Conseil d’État, qui confirme le rejet des comptes de campagne du maire de Faa’a lors des élections pour le renouvellement des représentants de l’Assemblée territoriale. Les indépendantistes s’insurgent et qualifient ce jugement de "décision inique et choquante". Pas de doute pour eux, Oscar Temaru est "une victime de la raison d’État et du colonialisme français, à l’exemple de notre metua Pouvana’a a Oopa". Il est vrai que l’annonce devant l’ONU d’une plainte à l’encontre des présidents français lors de la période des essais nucléaires a de quoi faire naître un doute.
Et en début de semaine prochaine, les deux autres grands leaders politiques que sont Gaston Flosse et Édouard Fritch devront s’expliquer devant le tribunal correctionnel pour une histoire de détournement de fonds publics. La Justice n’a pas fini de rythmer notre actualité. C’est une bien piètre image que nous donnons à beaucoup d’observateurs. Heureusement que le flux touristique n’est pas assujetti aux déboires judiciaires de nos dirigeants…

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier