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15/12/2017 par Dominique Schmitt







Du Fonds vert au carton rouge

Le réchauffement climatique tenait le haut de l’actualité mondiale en ce début de semaine, deux ans jour pour jour après l’Accord de Paris, la COP21. Mais alors que la planète – hors les États-Unis d’Amérique qui s’en sont retirés – s’aperçoit que la course ne pourra pas être gagnée qu’avec des décisions gouvernementales, la Polynésie française, comme les autres pays de la région, doit-elle se poser seulement comme victime, car les effets de l’impact de l’inéluctable montée des eaux seront parmi les premiers visibles ? Il ne faut pas oublier que le fenua contribue lui aussi à polluer la planète de par son mode de vie.
Ainsi, le dernier rapport (2015) réalisé par la Direction de l’environnement faisait apparaître une dégradation générale, étroitement liée à la répartition démographique sur le territoire de la collectivité, quant à la qualité de l’air, la gestion des déchets, l’état de la pêche, l’agriculture, la biodiversité, le patrimoine naturel, les pollutions diverses et la qualité des eaux. Et que dire de l’air pollué à Papeete, et dans les vallées industrialisées, par les gaz d’échappement
ou diverses combustions comme celle liée à notre production électrique ?
La présence d’Édouard Fritch à Paris cette semaine pour assister entre autres au "One Planet Summit" à l’invitation du président Emmanuel Macron doit nous faire réfléchir un peu plus sur la façon dont nous gérons notre environnement. Des actions vont dans le bon sens, comme le sanctuaire marin, mais au quotidien ne pourrions-nous pas réorganiser notre vie sociétale ? Un habitant = une voiture, c’est caricatural, mais à y regarder de plus près le matin dans les embouteillages, les voitures sont loin d’être pleines. Pas de zones de covoiturage, un transport en commun loin d’être exemplaire, des aménagements routiers qui oublient les vélos (voir le futur front de mer), une incitation encore trop timide aux véhicules électriques… Le gouvernement devrait peut-être s’impliquer davantage dans notre mode de vie et faire de Tahiti et de ses îles un endroit où les touristes pourraient respirer du bon air. Tout comme notre député Maina Sage avait su s’impliquer quand, malgré une promesse de 2016, le ministère des Outre-mer voulait supprimer le Fonds vert destiné à lutter contre les causes
et effets du réchauffement. Un Fonds vert qui, aujourd’hui, est étendu à tous les territoires ultramarins français.
L’implication du politique est parfois plus que nécessaire pour le bien-être des populations. Il lui faut ensuite savoir sur quels sujets et jusqu’à quel niveau il peut le faire. L’interventionnisme à tout-va est bien souvent un frein à la prise d’initiative du privé. Et dans le domaine sportif, la Polynésie française vient de recevoir un petit camouflet de la part de l’assemblée générale du Conseil des Jeux du Pacifique. Il n’a pas goûté que le gouvernement s’immisce dans l’autonomie et l’indépendance des associations sportives. Le boycott des Mini-Jeux du Vanuatu dû au refus du Conseil des Jeux d’accepter les conditions du gouvernement polynésien pour choisir quels sportifs y déléguer a conduit à la suspension de l’adhésion du Comité olympique de Polynésie française et à la suspension de la Polynésie en tant que membre associé du Comité national olympique d’Océanie.
On ne peut pas toujours gagner.
Bonne lecture et merci pour votre fidélité

Luc Ollivier