Boullaire, le prodige du simple


Vendredi 15 Novembre 2019 - écrit par Riccardo Pineri


Depuis soixante-dix ans, l’œuvre graphique de Jacques Boullaire ouvre le regard du voyageur sur la Polynésie, mais aussi, pour ses habitants, elle est devenue la mémoire de cette société d’avant les grandes mutations du monde traditionnel des années 1960, marquées par les expérimentations nucléaires et l’afflux massif d’argent et des marchandises de la société de consommation.



Un certain type d’humanité, dont témoignent les dessins de Boullaire et les tableaux à l’huile de sa femme, Anne Hervé, se révèle ici dans les visages et les corps du monde populaire, avant l’irruption de la réalité moderne avec ses changements anthropologiques. L’humanité accueillante et aimable des tableaux des époux Boullaire n’est pas encore affublée du téléphone portable ou des radios qui régurgitent à plein volume une bouillie sonore, elle n’a pas honte d’être montrée, comme dans de nombreuses esquisses du dessinateur, en train de balayer la cour.

Boullaire sait traduire la complicité entre les gestes du travail et l’attitude rythmique du corps des hommes et des femmes qui, comme des instruments de musique, parviennent à épouser l’espace et à l’exalter. Nous sommes encore dans une époque du monde qui précède l’invention des "auxiliaires domestiques", des "préposées aux surfaces", avant la surenchère du moralisme s’accompagnant du culte de la provocation en art, pour être dans les normes de la culture dominante...

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