i[La baie de Taravao]i de William Hodges
Les voyageurs occidentaux ont imaginé l’étranger avant de le rencontrer et cette imagination est fondée, au XVIIIe siècle, sur l’horizon idéologique du siècle des Lumières et du Romantisme naissant, pour qui il existe une unité des races et des cultures et le "bon sauvage" de Rousseau ne représente pas l’Autre absolu, mais l’enfance de l’humanité. Le tableau de William Hodges La Baie de Taravao, peint au retour en Angleterre d’après des esquisses, est l’exemple de comment la peinture s’appuie sur un double horizon : celui de l’histoire de formes dont l’artiste comme tout homme hérite, et le supplément d’expérience apportée par la rencontre avec autrui, avec l’autre monde. Dans ce tableau, la statue de Venus enguirlandée de roses de L’Embarquement pour l’île de Cythère d’Antoine Watteau est remplacée par un tiki local qui devient dans la composition une sorte d’idole des Cyclades, comme si entre l’art crétois et l’art traditionnel océanien il y avait une grande unité. La perspective atmosphérique rend vaporeuse la solidité des montagnes à l’arrière-plan, réfléchies dans l’eau où se baignent les jeunes ondines, entre le songe et l’expérience du lieu, entre l’espace polynésien perçu et la réminiscence des tableaux de Claude Lorrain...
Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 428 en cliquant ICI
Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 428 en cliquant ICI