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Affaire Spallian en Nouvelle-Calédonie : plusieurs membres du "Rassemblement" inquiétés


Vendredi 30 Novembre 2018 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Au cœur de ce dossier pour lequel Pierre Frogier a été mis en examen, la société Spallian. Celle-ci n’aurait pas fourni les prestations payées par la province Sud. La justice enquête.
Les faits reprochés remontent à plus de cinq ans, mais tout semble s’accélérer ces dernières semaines. Mis en examen pour favoritisme, détournement de fonds et blanchiment dans l’affaire Spallian, le sénateur Pierre Frogier n’est pas le seul dans le viseur de la justice. Bernard Deladrière et Cynthia Ligeard, actuels membres du gouvernement, sont également visés et ont eu rendez-vous devant le juge d’instruction. Interrogée, la secrétaire générale du parti se montre catégorique. "Je peux vous assurer qu’au Rassemblement-UMP, il n’y a jamais eu d’achat de ce logiciel. Nous avons, c’est vrai, été approchés par Spallian puisqu’ils fournissent des données économiques et sociales qui peuvent aider à la décision politique. On était à l’époque partants pour faire un devis, mais cela n’a pas abouti. Nous n’avons finalement jamais eu ce logiciel. Les enquêteurs ont pu le vérifier." Aux yeux de la responsable politique, "on peut l’aimer ou le détester, mais Pierre Frogier reste un homme intègre. Il s’agit d’une attaque à quelques semaines du Comité des signataires et à quelques mois des provinciales", assure-t-elle, dénonçant "une cabale pour dégommer un adversaire politique gênant".
Sur le fond de l’affaire, comme le reconnaît Virginie Ruffenach, l’existence d’un intermédiaire entre la société Spallian et le parti est avéré. Celui-ci aurait d’ailleurs été approché par les élus loyalistes pour une autre raison : son carnet d’adresses, essentiellement composé de responsables de compagnies aériennes. Le but aurait alors été de développer le tourisme sur le Caillou. Autre point avéré, deux conventions ont été signées entre la multinationale française et la province Sud, pour ce qui serait considéré par la justice comme un détournement de fonds d’un peu moins de 40 millions de francs.
De quoi provoquer une série de perquisitions l’année dernière et cette année, au sein des domiciles des mis en cause, mais également dans les locaux du parti et, après que Gérard Larcher, président du Sénat, eut été informé, puis avoir autorisé des actes de perquisitions, au sein même du palais du Luxembourg.

Source : Les Nouvelles Calédoniennes


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Du lard ou du cochon ?

Du lard ou du cochon ? Que nous réserve l’année 2019 dont le Nouvel An vient d’être fêté par la communauté chinoise ? Le Cochon de Terre ne promet pas de grands bouleversements, les rendez-vous politiques devant les urnes n’étant pas au calendrier. Pour autant, de politique – ou plutôt de relation avec l’État – il en sera quand même question : dès la semaine prochaine, avec l’étude par le Sénat du projet de loi organique modifiant le statut du Pays et de la prise en compte des amendements et articles proposés par l’assemblée de la Polynésie française, on verra si le baromètre qu’on nous annonce au beau fixe le restera… La confiance est de mise pour le président Fritch, parti défendre ses amendements auprès des différents groupes parlementaires.
D'ailleurs, la commission des lois vient de donner son feu vert à l'actualisation de notre statut.
La même confiance qui animait les porteurs du dossier d’inscription du ‘ori tahiti au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, qui n’a pourtant pas été retenu par le président Macron, au profit de la yole martiniquaise. Sa visite en fin d’année sera l’occasion de lui montrer que cette candidature doit être à nouveau soutenue.

Les rendez-vous seront donc essentiellement économiques et le premier – très attendu – avec le Conseil d’État sur la réforme des retraites, s’est déroulé en début de semaine. Il a validé sa quasi-intégralité. C’est une victoire pour le gouvernement Fritch, mais aussi pour les Polynésiens, dont le système des retraites est sauvé pour encore quelques années. Le tour de force sera maintenant de modifier le code du travail est d’apporter la souplesse réclamée, comme en métropole, par les chefs d’entreprise. Malgré les réunions de travail avec les syndicats, le dossier s’annonce difficile. Souhaitons qu’il ne connaisse pas les mêmes dérives extrémistes de mars 2018, quand il fallait réformer les retraites.

Mais 2019 doit être aussi l’année du début des deux grands chantiers. Avant la mi-mars, le protocole signé avec le groupement Kaitiaki Tagaloa, pour la réalisation du Village tahitien, sera obsolète. Les doutes quant à la mise en œuvre en l’état de ce projet ne font que s’amplifier. Ce serait un coup dur pour ce gouvernement et l’économie locale si tout devait tomber à l’eau. Le Tahoera’a, qui n’est pas avide de critiques, en ferait ses choux gras… Et que dire du projet d’aquaculture à Hao où, pour le moment et depuis de longs mois déjà, les investisseurs sont plus dans le déclaratif que dans l’action ?
Le grand virage économique de 2019 sera-t-il donc du lard ou du cochon ?

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier