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Grandes plumes
C’est fou comme nos attitudes changent et comme ce qui était amical peut devenir, à nos yeux, tour à tour inquiétant, inamical, voire hostile, et comment certains gestes amicaux sont désormais...
Telle est la réflexion qui me vient à l’esprit à la lecture, il y a quelques jours, de Radio1 Tahiti en numérique et aujourd’hui, 10 juin 2021, de Tahiti Infos papier. Sur Radio 1, il était question...
Les attentes, on les connaît. Certains croient qu’elles seront satisfaites, d’autres non, beaucoup doutent. Examinons rapidement une première demande : l’ouverture la plus large possible des archives...
Il est surprenant que l’appellation “pandémie” soit encore contestée par certains. Car aucun pays n’est épargné par ce coronavirus à la fois bénin, handicapant et mortel... ça dépend pour qui ou chez...

Le nettoyage ethno-culturel 21/05/2021 | Riccardo Pineri

Depuis quelque temps, les Hollandais excellent dans les grands nettoyages de surfaces culturelles, d’abord avec des milliers d’œuvres du Rijksmuseum d’Amsterdam qui sont obligées de quitter leurs...
Invitée par un journaliste à écrire dans un journal glamour célébrant rois et reines, princes et princesses du gotha international, j’ai constaté que j’étais incapable d’y faire entrer nos rois et...

Pour une uchronie théologique 21/05/2021 | Robert Koenig

La rubrique des “Grandes plumes” de Tahiti Pacifique est toujours attendue avec curiosité et lue avec la plus grande attention. Ainsi, sa première ligne du numéro 451 (“Après les mensonges d’Église,...
Il y a un an, nous inaugurions, quelque peu inquiets, l’ère de la certitude de l’incertain en pensant que l’immuable et rassurante routine reprendrait rapidement son cours prévisible et balisé avec...
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Comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ?

Après avoir reçu une gifle par un jeune habitant de la Drôme au cri d’un slogan royaliste “Montjoie ! Saint-Denis !” et “À bas la Macronie”, comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ? Que lui réservent les Polynésiens lors de sa venue probable du 25 au 28 juillet : un collier de fleurs ou le balai nī’au ? Toutes les associations de défense des victimes des essais nucléaires (hormis l’association Tamarii Moruroa), ainsi que l’Église protestante mā’ohi ont refusé de participer à la Table ronde organisée les 1er et 2 juillet, à Paris. En outre, des manifestations d’envergure sont prévues à Tahiti, les 2 et 17 juillet, respectivement aux dates anniversaires des tirs atomiques en 1966 et 1974. Le récent passage de “Sébaston”, ministre des “colonies françaises” (euh… des Outre-mer), censé préparer le terrain pour le Président, n’aura pas vraiment réussi à calmer les esprits. Aussi, il se murmure dans les couloirs de Radio cocotier que “Manu 1er” aurait demandé à notre champion Henri Burns de l’initier à la boxe…

À l’heure où nous mettions sous presse, nous ne connaissions pas encore les conclusions de cette Table ronde de “haut niveau”. Nous espérons tous que les discussions ne tourneront pas en rond et que la délégation polynésienne emmenée par “Doudou” saura aller droit au but. Éprise de “vérité et justice”, Moruroa e tatou a regretté que la proposition de loi du député Moetai Brotherson “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” ait été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée par la majorité présidentielle. “Vous vous rendez compte, seuls 80 députés présents sur 577 que compte l’Assemblée nationale ont voté. C’est une insulte à ce pays. C’est une insulte à ce peuple qui a souffert, à ceux qui nous ont précédés et à ceux qui vont nous succéder”, a considéré Hirohiti Tefaarere, le président de l’association. Tout cela n’est pas de très bon augure, mais rien n’est encore fait, et le séjour du chef de l’État pourrait réserver son lot de surprises et d’annonces.

Macron sera le sixième président de la République française en visite en Polynésie (voir notre rétrospective pages 16 à 27). Lorsque François Hollande était venu en 2016, notre rédaction l’avait interpellé sur notre titre de couverture : “Elles sont où vos promesses, M. Hollande ?”. S’il avait fait part de sa “reconnaissance” et s’était engagé à des “réparations”, force est de constater que très peu de Polynésiens ont obtenu des indemnisations. Aujourd’hui, c’est un grand Pardon de Peretiteni qu’attend la population et, bien sûr, des actes concrets plutôt que des paroles en l’air. Si l’illustre poète polynésien Henri Hiro était encore parmi nous, il n’aurait pas manqué de l’interpeller avec ces mots : “Si tu étais venu chez nous, nous t’aurions accueilli à bras ouverts. Mais tu es venu ici chez toi, et on ne sait comment t’accueillir chez toi”… Alors, “Manu 1er” saura-t-il redescendre de son trône et écouter les Polynésiens pour mieux les comprendre, et enfin les entendre ? Nous l’espérons tous de tout cœur. En attendant, Tahiti Pacifique profite du mois de juillet pour faire sa trêve annuelle : rendez-vous donc en août !

Dominique SCHMITT