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Grandes plumes

En attendant Emmanuel Macron… (suite) 31/10/2019 | Jean-Marc Regnault

L’Université se mobilise Rassurez-vous, services de police, la mobilisation sera purement et simplement intellectuelle, mais de grande ampleur ! En effet, les 5, 6 et 7 novembre, un colloque...
En apprenant l’état déplorable des lagons occasionné par les activités d’aquaculture nacrière et perlicole, j’avoue n’avoir pas tout de suite compris le comment d’une telle catastrophe écologique...
Qu’en pensez-vous, Monsieur le Président de la République ? Dans notre article précédent ("En attendant Emmanuel Macron… Quand la « vraie France » était Outre-mer", n° 417, 4-17 octobre 2019), nous...

Raisonnements hors sol 17/10/2019 | Simone Grand

Il semble qu’une fois de plus, ce dont on se prévaut le plus est justement ce que l’on n’est pas. Ainsi, Molière a superbement décrit Tartuffe, père de la vertu affiché, mais en réalité vicieux...

Quand la "vraie France" était outre-mer 03/10/2019 | Jean-Marc Regnault

En 1956, un député africain proclama à l’Assemblée nationale : "L’Afrique c’est la chance de la France, comme la France est la chance de l’Afrique." De part et d’autre, il semble bien que cela ait...

Jacques a dit, Jacques a fait 03/10/2019 | Simone Grand

Jacques Chirac n’est plus. Il a tant marqué son passage dans nos vies qu’il emporte avec lui, un peu de chacun de nous. Et c’est à qui racontera ce qu’il a dit ou n’a pas dit, ce qu’il a fait et n’a...
J'aurais aimé qu’elle fut fausse, cette info. J’aurais aimé que ce fut un fake, comme on dit désormais pour dénoncer la triche, le faux, l’imposture, le toc… J’aurais voulu que le braquage relaté par...
Aïe, aïe, aïe ! Quand la Caisse de prévoyance sociale affiche un trou béant, ça fait mal d’entendre cela. Ouille, ouille, ouille ! Entendre dire par nos gouvernants que le bœuf en boîte est le summum...
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Pendant ce temps-là, les SDF meurent dans nos rues…

Pendant ce temps-là, les SDF meurent dans nos rues…
Il aura donc fallu que deux bébés meurent à Ua Pou en l’espace de trois ans pour que le Pays promette enfin de réagir. Après que le Fenua Enata a crié sa colère suite au décès du nourrisson de trois mois et que le corps du petit Hoane Kohumoetini a été rapatrié pour reposer en paix sur sa terre natale, le président de la Polynésie a multiplié les annonces, le 17 octobre dernier. Afin d’assurer correctement les évacuations sanitaires, un hélicoptère devrait être de nouveau affecté aux Marquises “avant juin 2020” et l’hôpital de Taiohae, à Nuku Hiva, devrait disposer prochainement d’un appareil d'échographie, ainsi que d'un scanner pour permettre des diagnostics plus pointus. Édouard Fritch a déclaré en outre qu’un navire de secours en mer verrait le jour grâce à l’inscription au budget de l’État d’une enveloppe de 36 millions de Fcfp par la ministre des Outre-mer, Annick Girardin. C’est Noël avant l’heure, et on sent comme un parfum de municipales se dégager derrière chaque parole gouvernementale… D’ailleurs, le président et le haut-commissaire, en déplacement aux Marquises le week-end dernier, ont été accueillis par un collectif de 300 personnes qui ont manifesté en silence leur indignation, en attendant non pas des promesses mais des actions concrètes.

Alors, cher papa Fritch, permettez-nous de vous adresser également cette lettre un peu en avance. Yvonne, 60 ans, s’est éteinte à l’hôpital de Taaone, puis le corps d’un quadragénaire sans vie a été découvert derrière la mairie de Papara. Ces deux décès de sans domicile fixe (SDF) survenus à quelques jours d’intervalle portent à au moins 9 le nombre de personnes en grande précarité et à la rue disparues depuis le début de l’année. C’est trop, beaucoup trop à l’échelle de notre territoire avec ses 280 000 habitants ! En Métropole, ce sont 303 morts qui ont été répertoriés sur une population de 67 millions d’âmes, ce qui est déjà inacceptable. Comme nous l’écrivions dans un précédent éditorial (lire TPM n° 406 du 3 mai 2019), après la vague de solidarité qui a déferlé suite à l’incendie de Notre-Dame de Paris : faut-il que la planète s’enflamme pour que nous lui venions en aide, ainsi qu’aux dizaines de milliers d’enfants, de SDF et de vieillards qui meurent chaque jour dans la plus grande indifférence ?

D’autant que ces regrettables disparitions coïncident avec le contexte tendu qui s’est instauré entre le gouvernement local et Père Christophe, depuis le discours officiel de M. Fritch devant les élus du Pays pour lequel il n’avait même pas pris la peine de se concerter avec les principaux concernés ! Le prêtre résident et vicaire coopérateur de la cathédrale de Papeete avait alors dénoncé “un coup médiatique, un coup politique !” (lire TPM n° 417 du 4 octobre). Dans un nouveau brûlot publié sur la page du centre d’accueil Te Vai-ete, le bienfaiteur des SDF à Tahiti n’y va pas avec le dos de la cuillère : “À quel jeu le Pays joue-t-il ? Davantage préoccupé par les conflits d’intérêts personnels, les querelles de pouvoir entre cabinets ministériels et la lâcheté de ceux qui peuvent y remédier… ego surdimensionné… le bien commun disparaît au profit des intérêts personnels ! Pendant ce temps-là, on meurt dans nos rues… Combien de morts faudra-t-il pour que les petits potentats qui gravitent dans les sphères du pouvoir soient mis à bas pour qu’être frères ne soit plus le privilège de quelques-uns ?” Rappelons encore une fois que Père Christophe est à la recherche d’un terrain pour offrir des conditions louables aux quelque 300 SDF qui errent dans le Grand Papeete, à savoir un repas, une douche et la possibilité de laver leur linge. Il a besoin de 150 millions de Fcfp avant le 23 décembre 2019, sinon il jettera l’éponge après vingt-cinq années de générosité inconditionnelle. Je rêve qu’en ces fêtes de la Toussaint et du Tūramara’a, nous puissions rendre à nos défunts, mais aussi à nos SDF, toute leur dignité !

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt