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Dossiers

Les confidences explosives de Ghislain Houzel, ingénieur retraité de la Direction des essais du CEA - 29/05/2020 | Dominique Schmitt

Recruté à la Direction des applications militaires (DAM) du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), puis affecté à la Direction des essais du CEA, Ghislain Houzel a effectué de très nombreuses...

Les associations locales tirent à boulet rouge sur l’État - 29/05/2020 | Dominique Schmitt

Les réactions des associations locales de défense des victimes des essais nucléaires en Polynésie française ne se sont pas fait attendre. L’association 193 et Moruroa e Tatou crient au scandale et...

Un "cavalier législatif" adopté en l’absence des parlementaires polynésiens… - 29/05/2020 | Dominique Schmitt

C’est en catimini que l’Assemblée nationale a adopté, le 14 mai dernier, le projet de loi portant diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de Covid‑19, avec...

Nucléaire : coup de force au Parlement ! - 29/05/2020 | Julien Sartre

Au beau milieu d’une loi destinée à lutter contre les conséquences de l’épidémie de Covid-19, le gouvernement français modifie les règles d’indemnisation des victimes des essais nucléaires. En...

Indemnisation des victimes des essais nucléaires : indécis, le Parlement joue le suspense... - 29/05/2020 | Dominique Schmitt

Alors que nous avons mis sous presse, mercredi soir, le dernier numéro de @Tahiti Pacifique, le Sénat examinait depuis la veille le projet de la loi "relative aux conséquences de l'épidémie de...

L’Association des voiliers en Polynésie s'insurge contre les fausses vérités véhiculées par les médias et colportées sur les réseaux sociaux - 26/05/2020 | Dominique Schmitt

"L’Association des Voiliers en Polynésie s'insurge contre les fausses vérités véhiculées par les médias et colportées sur les réseaux sociaux. Fort est de constater que ces deux dernières semaines,...

Déconfinement total le 21 mai en Polynésie : levée de toutes les mesures de restrictions, sauf celle concernant la vente d'alcool... - 20/05/2020 | Dominique Schmitt

Dans une allocution commune en fin de matinée, le haut-commissaire et le président du Pays ont annoncé le déconfinement total de la Polynésie française dès demain, jeudi 21 mai 2020. "Aujourd’hui,...

Francis Fuller et la légende du premier drapeau tahitien (reva maro ura) - 15/05/2020 | Jean-Claude Soulier

Avec l’Autonomie interne, en 1984, la Polynésie française s’est dotée non seulement d’un statut, mais aussi d’un hymne et d’un drapeau. Aujourd’hui, tout le monde connaît le drapeau polynésien, mais...
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Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état

Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état
Ô surprise, un communiqué envoyé par le haut-commissariat confirme que l’État français cède officiellement au Pays, à titre gratuit, l’ancien bâtiment du commandement de la Marine pour installer en Polynésie le futur centre d’archives, d’information et de documentation sur les essais nucléaires. Sis boulevard de la Reine Pomare, sur le front de mer de Papeete, ce site est donc voué à accueillir le futur Centre de mémoire, mais, comme nous l’avons pointé du doigt à maintes reprises (lire notamment notre édito “Centre de mémoire : on se souviendra surtout de l’ingratitude de la France envers la Polynésie…”, TPM n° 420, du 15 novembre 2019), il s’agit en réalité d’un cadeau empoisonné, puisqu’il contient de l’amiante et du plomb ! Aussi, ce sera au Pays de financer sa construction, ce qui paraît aberrant eu égard “la dette” que la France métropolitaine se doit d’honorer. L’affront hexagonal est alors monté d’un cran, lorsque l’Assemblée nationale a adopté, le 14 mai dernier, un projet de loi visant “la clarification” et une meilleure “interprétation” des règles d’indemnisation des victimes des essais nucléaires en Polynésie française, et ce, au beau milieu de “diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de Covid-19” (lire pages 12 à 15)…

Cette disposition, qui avait été actée en séance le 3 mars dernier, mais dont la transmission avait été retardée en raison de la crise sanitaire, est ainsi un “cavalier législatif” qui rend applicable le seuil d’1 millisievert à tous les dossiers de demandes d’indemnisation. Autrement dit, c’est un retour à l’amendement scélérat dit “Tetuanui” tant décrié ! Tel un poignard planté dans le dos, ce “coup de Trafalgar” a été, de surcroît, manigancé depuis les hautes sphères parisiennes en l’absence des parlementaires polynésiens ! Une manière
cavalière de mener le bras de fer qui a indigné, par exemple, Moetai Brotherson, député polynésien et vice-président du Tavini Huiraatira. Et d’interpeller l’État français : “Qu’est-ce que le peuple polynésien vous a fait pour que vous nous détestiez autant ?” Dans une longue interview accordée à Tahiti Pacifique, il fustige le gouvernement central et évoque “une frilosité maladive à vouloir indemniser de façon respectable les victimes de ces essais” (lire pages 18 à 21). Les associations locales de défense, 193 et Moruroa e Tatou, représentées par Père Auguste et Hiro Tefaarere, tirent également à boulet rouge sur l’État et rejettent désormais à l’unisson le projet de Centre de mémoire. Dans les réactions que nous avons recueillies (lire pages 22-23), la notion de “crime contre l’humanité” est omniprésente et l’on connaît tous le coupable, bien qu’il n’ait toujours pas présenté ses excuses au peuple polynésien...

Enfin, un ingénieur retraité de la Direction des essais du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Ghislain Houzel, qui a effectué de très nombreuses missions à Moruroa, de 1966 1997, et assisté à plus de 120 tirs, nous raconte l’horreur des essais nucléaires, sans langue de bois, au fil d’un entretien riche en anecdotes (lire pages 24 à 27). Vous l’aurez compris, c’est un numéro “collector” que nous vous proposons, avec une édition spéciale de
16 pages consacrées à ce douloureux sujet en Polynésie. La page du nucléaire, qui a profondément entaché les relations du fenua dans son histoire avec la Métropole, n’est toujours pas tournée. Le sera-t-elle un jour ? Aujourd’hui, nous avons un rêve : que cette question explosive soit gérée localement par “des hommes, de vrais hommes, avec des *** dans la culotte”, pour reprendre l’expression récente du président du Pays. Et puis, si d’aventure Emmanuel Macron se décidait à venir nous rendre visite un jour, nous aimerions lui dire : “Eh, Manu, tu redescends et tu dépollues ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt