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Confinement sur le caillou : les pharmacies prises d’assaut !


Vendredi 12 Mars 2021 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes


À Lifou, à Poindimié, ou encore à Nouméa, même frénésie : des milliers de personnes se sont rendues en pharmacie en début de semaine. Les gérants et leurs fournisseurs assurent que les stocks, la production et l’approvisionnement ne sont pas sous tension, pour l’heure.



Devant la pharmacie de l’avenue de la Victoire, une file s’est formée dès les premières heures d’ouverture... Crédit photo : Thierry Perron/LNC
Devant la pharmacie de l’avenue de la Victoire, une file s’est formée dès les premières heures d’ouverture... Crédit photo : Thierry Perron/LNC
Bis repetita. Les pharmacies et leurs employés ont connu des scènes dignes des premiers jours de soldes, lundi dernier, comme au début du confinement du mois de mars 2020. À Poindimié, les clients se sont pressés dans l’enseigne jusqu’à 15 heures passées. “Oui, il nous reste du gel et des masques en quantité”, souffle la dame. Pas le temps d’en dire davantage, il faut servir la personne suivante. À Lifou, la pharmacie de Wé a reçu deux fois plus de monde que d’habitude au cours de la matinée. Les clients sont “principalement” venus renouveler leur traitement et acheter du gel hydroalcoolique. “Les gens stressent, et ils font un amalgame entre confinement et fermeture”, regrette Tiphaine Bournac, qui, bien entendu, ne fermera pas boutique les jours prochains. “On avait prévu le coup, heureusement. On avait du stock, mais je ne sais pas pour combien de temps, à ce rythme-là.”

À Rivière-Salée, 750 personnes se sont présentées entre l’ouverture et 14h30, soit près de “quatre fois” la clientèle habituelle. “Depuis 7 heures, je n’ai pas quitté le comptoir... Mais tout va bien, on avait encore du stock datant du premier épisode, environ 10 000 masques et du gel en quantité”, indique Christophe Deleste.

Des sorties d’entrepôt “hallucinantes”

Dans l’arrière-boutique, son équipe va relancer la production de solution hydroalcoolique, en réutilisant la formule recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), au rythme d’une trentaine de litres par jour. “Il semblerait que les grossistes aient de fortes réserves d’alcool, qui est le composant principal. Je ne vois pas de pénurie, pour l’instant.”
Du côté du Groupement des pharmaciens de Nouvelle-Calédonie (GPNC), l’un des deux grossistes en matériel médical, on ne s’attend pas non à une pénurie, même si les “sorties” d’entrepôt ont été “hallucinantes”, en ce jour d’avant-confinement. “Les gens se ruent pour renouveler leur traitement chronique, contre le diabète ou les insuffisances cardiaques, notamment”, indique la pharmacienne Amélie Marette, qui ne voit pas de raison de paniquer. Les difficultés d’approvisionnement en médicaments, rencontrées à la mi-2020, étaient liées aux perturbations du trafic aérien, pas au confinement. En ce qui concerne l’alcool, s’il était devenu “impossible” de s’en procurer l’année dernière, les choses ont changé. “La production mondiale a largement augmenté en un an. Nous disposons de milliers de litres et nous pouvons toujours en acheter.” Quant au niveau “exceptionnellement élevé” des achats de paracétamol, pas de panique non plus. Le médicament ne soigne pas la Covid-19 mais les stocks restent “importants”.

Source : Les Nouvelles Calédoniennes

Retour de l’attestation de déplacement obligatoire

Crédit photo : LNC
Crédit photo : LNC
“Bonjour Madame, merci de me présenter votre attestation et un document d’identité, s’il vous plaît.” C’est le retour de l’attestation de déplacement. Au deuxième jour du confinement, la police nationale s’est déployée mercredi dernier sur le terrain pour contrôler les automobilistes. Une intensification des contrôles comme au rond-point de l’Ancre marine, à l’Orphelinat (Nouméa) où les forces de l’ordre ont demandé aux usagers de la route de présenter l’attestation de déplacement et un document d’identité.
La police a fait preuve de tolérance ce jour. Un contrôle “pédagogique” qui ne devrait pas durer. Les automobilistes sont prévenus. La prochaine fois, ce sera une amende. Coût : 15 000 francs. 

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Archives militaires “déconfinées” et venue de Macron au fenua : “poisons” d’avril ?

Dans notre précédente édition spéciale consacrée au nucléaire (“Après l’intox… l’infox !, TPM n°451 du 26 mars 2021), nous nous réjouissions de l’annonce du président de la République française, le 9 mars dernier, d’ouvrir enfin les archives militaires pour la période précédant 1971, qui représentait une lueur d’espoir. Las, Patrice Bouveret, cofondateur et directeur de l’Observatoire des armements, interpellé par notre dossier, nous apporte cependant une précision de taille. Dans une tribune qu’il nous a consacrée (lire pages 6-7), il explique que la décision d’Emmanuel Macron d’autoriser l’accès aux archives ne peut pas concerner les documents sur les essais nucléaires sans que la loi de 2008 sur lesdites archives ne soit modifiée au préalable par le Parlement. Cela signifie que non seulement cela peut prendre pas mal de temps, mais, surtout, que ce n’est pas encore inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale…

En effet, cette loi sur les archives du 15 juillet 2008 contient un article qui rend incommunicables tous les documents sur les armes de destruction massive, donc sur le nucléaire, et cela vaut malheureusement aussi bien pour les 17 essais tirés au Sahara que les 193 autres expérimentés en Polynésie française ! L’accès aux documents classifiés est un difficile combat. Une longue action juridique, à l’initiative des associations Moruroa e tatou et l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires), a permis en 2013 la déclassification de quelques archives sur les essais en Polynésie et au Sahara. Archives qui ont d’ailleurs élargi la zone de résidence à toute la Polynésie pour les victimes souhaitant obtenir une indemnisation, et qui ont été à la base du travail pour la publication du livre Toxique.

Alors, “déconfiner” les archives militaires : est-ce bien là l’intention du président ? “Nous pouvons en douter, tranche Patrice Bouveret, car si la déclaration de l’Élysée évoque la nécessité « de renforcer la communicabilité des pièces », elle s’empresse de préciser que cela doit se faire « sans compromettre la sécurité et la défense nationales » L’argument massue toujours mis en avant depuis des décennies !” Personne ne demande la divulgation des secrets de fabrication de la bombe, mais tout le monde souhaite connaître les différentes mesures enregistrées sur les retombées radioactives des explosions afin de permettre aux victimes et aux ayants droit d’obtenir réparation et indemnisation. Nous voulons toute la vérité, rien que la vérité. Peut-être que l’hypothétique venue de Macron au fenua, invité pour la fin du mois d’août, sera l’occasion de mettre cartes sur table ? Mais rien n’est moins sûr quand on voit que l’État persiste et signe dans son attitude méprisante en cédant “gratuitement” à la Polynésie un terrain et des bâtiments infestés d’amiante et de plomb pour abriter un centre de mémoire des essais nucléaires !

Un cadeau empoisonné donc, pour un mémorial dont le contenu muséographique est entièrement géré par les hautes sphères parisiennes sans la consultation d’aucun Polynésien…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT