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De Sydney à New York, nouvel avis de détresse pour les Bourses mondiales


Vendredi 20 Mars 2020 - écrit par Agence France-Presse


Avis de détresse : de Sydney à New York en passant par Paris, l’expansion du nouveau coronavirus partout dans le monde a une nouvelle fois, lundi dernier, fait chavirer les places boursières mondiales, désormais convaincues qu’une récession est inévitable.



Crédit photo : AFP
Crédit photo : AFP
Confrontées à la hausse exponentielle du nombre de contaminations, aux confinements massifs et aux craintes d’une contraction mondiale de la croissance, les marchés ont chuté les uns après les autres, insensibles aux efforts déployés par les banques centrales.
Après les pertes historiques de la semaine précédente, la Bourse australienne a ouvert la semaine par une chute inédite de 9,7%. Hong Kong, Shanghai, Shenzhen, Tokyo: partout en Asie la baisse a été au rendez-vous.
Même son de cloche en Europe, où la Bourse de Paris a terminé sur un plongeon de 5,75%, Francfort de 5,31%, Londres de 4,01%. Madrid (-7,88%), Milan (-6,10%) et Bruxelles (-7,22%) ont connu des chutes encore plus spectaculaires. 
"Le marché a complètement ajusté ses attentes, considérant que dans tous les cas, nous ne sommes pas en mesure de gérer la crise du point de vue épidémique", a souligné Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque. 
"Même si les réponses politiques ou monétaires sont certainement adaptées, le problème est que personne n’a de visibilité sur la crise sanitaire, sa durée et surtout sur la durée de la récession", a-t-il complété.
Les Bourses des pays du Golfe, très dépendants du secteur de l’énergie, se sont également effondrées lundi, à l’exception du Qatar, emportées par la chute des prix du pétrole. L’or noir, plombé par une surabondance d’offre sur le marché, faute d’entente entre grands pays producteurs, est tombé lundi à son plus bas depuis février 2016 après une nouvelle dégringolade.
Le salut n’est pas venu d’outre-Atlantique, où Wall Street a encaissé une des pires séances de son histoire, le Dow Jones plongeant de 12,93%, soit près de 3 000 points, et le Nasdaq de 12,32%. 
Pour la troisième fois en moins d’une semaine, les échanges ont été suspendus peu après le début de la cotation, quand le S&P 500 a plongé de 7%. L’effondrement de l’indice élargi de Wall Street a automatiquement déclenché un mécanisme d’interruption des échanges d’un quart d’heure, censé permettre aux acteurs du marché de reprendre leurs esprits. 

"Récession presque garantie"

"Les marchés comprennent que la récession est presque garantie. Les autorités aident en injectant de l’argent mais ne peuvent la stopper", a observé Jasper Lawler, analyste pour London Capital Group.
La Banque centrale américaine (Fed) a annoncé lundi une opération sur le marché monétaire à hauteur de 500 milliards de dollars, au lendemain d’une baisse brutale de son taux à 0%-0,25% et d’une injection de liquidités de 700 milliards de dollars.
La dernière fois que la Fed avait abaissé ses taux à un tel niveau remonte à décembre 2008, au cœur de la crise financière dite des "subprimes".
Parallèlement, la Fed, la Banque centrale européenne et les Banques centrales du Japon, Royaume-Uni, Canada et de Suisse, ont assoupli les conditions auxquelles elles s’échangent des devises entre elles, afin de pouvoir garantir un approvisionnement suffisant des marchés en dollars.
La Banque centrale du Japon (BoJ) a nettement augmenté ses objectifs annuels pour certains de ses rachats d’actifs. Son objectif annuel de rachats de fonds négociés en Bourse a été ainsi doublé à 12 000 milliards de yens (101 milliards d’euros).
À l’effondrement des marchés financiers s’ajoute celui des statistiques économiques. 
Celles-ci se sont révélées nettement pires que prévu en Chine, deuxième économie mondiale. La production industrielle s’est contractée pour la première fois en près de trente ans.
La Banque centrale chinoise a pourtant abaissé lundi le taux de réserve obligatoire des banques, injectant 550 milliards de yuans (70,6 milliards d’euros) pour soutenir l’économie. 
Mais cela ne suffit pas à soutenir la cote car "le coronavirus continue à se répandre à travers la planète et la demande de biens de consommation recule", a observé le courtier Guangzhou Wanlong Securities.
L’activité manufacturière dans la région de New York est tombée en mars au plus bas depuis la crise financière de 2009.
Les 27 ministres des Finances de l’UE, réunis par vidéoconférence lundi, ont également tenté de riposter aux conséquences dévastatrices de la crise du coronavirus. Une réunion extraordinaire des 27 dirigeants de l’UE est en outre prévue mardi pour le suivi de la réponse à la pandémie. 
Le Covid-19 a fait plus de 7 000 décès dans le monde, dont plus de 2 000 en Europe, désormais devenue, selon l’Organisation mondiale de la Santé, l’épicentre de la maladie.


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Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT