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Deux cas de coronavirus en Nouvelle-Calédonie


Vendredi 20 Mars 2020 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Une partie du parking du Médipôle a été réservée pour accueillir tous les cas suspects afin d’effectuer des tests. Crédit photo : Cyril Terrien
Une partie du parking du Médipôle a été réservée pour accueillir tous les cas suspects afin d’effectuer des tests. Crédit photo : Cyril Terrien
L’annonce tant redoutée est tombée le 17 mars, peu avant 19h30. Dans un communiqué, le gouvernement a annoncé que “deux personnes arrivées en Nouvelle-Calédonie hier (mardi) à 16h30, par le vol Aircalin SB 141 en provenance de Sydney, pour leur voyage de noces, ont été placées en isolement au Médipôle dès mercredi matin et le resteront”. Après une nuit sur place, le couple a commencé à avoir des symptômes et a été immédiatement pris en charge au Médipôle. Le gouvernement confirme que “les deux tests se sont révélés positifs” au coronavirus. Les personnes contact sont en cours d’isolement au Centre international sport et expertise.
Théoriquement, comme annoncé en début de semaine, la Calédonie va passer du stade 1 au stade de niveau 3 de l’épidémie. Ce changement devrait entraîner une série de mesures drastiques afin d’éviter toute propagation de la Covid-19 sur le sol calédonien. Première conséquence : “Tous les établissements scolaires publics et privés, sans exception, seront fermés, jeudi 19 mars 2020, a confirmé le gouvernement. Les internats restent ouverts jusqu’à vendredi. Le transport des élèves sera aussi maintenu pour leur permettre de rentrer chez eux.” D’autres mesures devraient suivre.

Une cellule de crise mise en place

Mardi dernier, tous les membres du gouvernement et le haut-commissaire avaient tenu à préciser leur plan d’action dans le cas où le virus arriverait sur le Caillou.
 “Cette situation exige du calme et de la responsabilité, a rappelé l’exécutif. Chacun d’entre nous doit appliquer strictement les consignes de prévention et de sécurité. La cellule de crise est actuellement (hier soir) en train d’organiser les mesures nécessaires à la protection de tous les Calédoniens.” Le président du gouvernement s’adressera aux Calédoniens ce matin, lors d’une déclaration solennelle, pour développer l’ensemble des mesures qui seront prises.
Mardi, Thierry Santa rappelait que, dès qu’un seul cas de coronavirus serait avéré, le gouvernement interdirait l’ensemble des manifestations et des regroupements. Les crèches, tous les établissements scolaires et universitaires fermeraient leurs portes. Le responsable indiquait également que les structures de loisirs comme les bars, les restaurants, les boîtes de nuit ou les nakamals seraient également fermés. “On demandera alors à la population de rester confinée chez elle. L’objectif étant de contenir la propagation du virus si, hélas, il s’introduit en Calédonie, précisait le président du gouvernement. Dans la mesure du possible, on conseillera aux entreprises de privilégier le télétravail à domicile, mais ce ne sera pas toujours possible. Et à ce moment-là, il faudra réfléchir à des modalités d’indemnisation et de soutien aux entreprises. Tous les emplois nécessaires à l’activité normale du fonctionnement de la Calédonie, pour l’électricité, pour l’eau, etc. seront maintenus. Tous ceux qui devront être sur le terrain seront obligés de l’être. On ne va pas non plus bloquer tout le système économique calédonien.”
Les Calédoniens devraient connaître dans le détail les mesures prises par les autorités dès ce matin.

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Coronavirus : n’est-il pas déjà trop tard ?

Coronavirus : n’est-il pas déjà trop tard ?
Depuis la confirmation du premier cas de coronavirus en Polynésie, le 11 mars dernier, un vent de panique générale souffle au fenua, poussant des centaines de familles à se précipiter dans les supermarchés pour y dévaliser les rayons… jusqu’à l’épuisement du papier hygiénique, comme si c’était la fin du monde ! Hasard du calendrier, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré le même jour que nous étions passés au stade de pandémie, mais a assuré que ce satané virus venu de Chine pouvait “être maîtrisé”. Depuis fin décembre, le Covid-19 s’est répandu dans 110 pays et territoires, et a contaminé plus de 120 000 personnes dans le monde, notamment en Europe et aux États-Unis. Nous assistons ainsi à une véritable hécatombe, avec au moins 4 351 décès recensés, selon un bilan établi par l’Agence France-Presse, à partir de sources officielles. Emmanuel Macron a même martelé dans son discours officiel : “Nous sommes en guerre”. Ici et ailleurs, les mêmes scènes se reproduisent et la psychose collective se propage… À l’heure où nous mettions sous presse, mercredi en fin d’après-midi, six cas étaient déclarés en Polynésie (cinq à Tahiti et un à Moorea). Pour vous protéger vous et les autres, on ne peut que rappeler la nécessité de veiller au respect strict des gestes barrières contre le virus et des recommandations sanitaires.

L’angoisse de la population illustre surtout le manque de confiance dans les mesures prises par le Pays et l’État. En effet, il aura quand même fallu attendre l’annonce d’un premier cas à Tahiti avant que le gouvernement ne se décide à interdire l’entrée des paquebots. On n’a pas compris, non plus, l’entêtement du Pays à vouloir garder ouverts les crèches, les garderies et les établissements scolaires, à l’heure où le président de la République française, évoquant “une crise sanitaire grave” (la Métropole est passée, le 14 mars, au stade 3, avec confinement obligatoire), fermait toutes les structures pour “freiner l’épidémie” et “protéger les plus faibles”. Le discours de la ministre locale de l’Éducation, Christelle Lehartel, demandant aux parents de faire confiance au Pays, et de continuer à emmener leurs enfants à l’école, car “toutes les mesures sanitaires sont prises pour protéger les enfants et le personnel enseignant”, a choqué nombre de parents d’élèves et les syndicats. Mais peut-être que l’on voulait guetter, là aussi, le premier cas dans les écoles pour réagir ? Jusqu’à ce que la décision de fermer les écoles, à compter de mercredi après-midi (18 mars), soit enfin prise, nos enfants sont donc restés entassés comme des sardines dans des classes à sureffectif, alors qu’une distance de sécurité d’au moins
1 mètre entre deux personnes est recommandée. Cherchez l’erreur…
Où est donc passé le sacro-saint principe de précaution ? Pourquoi avoir un coup de retard quand on pouvait avoir une longueur d’avance ? Le 18 mars, le Pays est passé à la vitesse supérieure en interdisant tous les voyageurs non-résidents à toucher le sol polynésien. Mais n’était-il pas déjà trop tard ? N’aurait-il pas fallu exiger d’emblée le confinement général, comme l’ont préconisé au gouvernement les organisations syndicales et patronales depuis lundi dernier, parmi les 15 mesures d’urgence de sauvegarde des entreprises et des sala-
riés ? Nos dirigeants réalisent-ils qu’au fenua, il y a uniquement
40 appareils respiratoires à notre disposition ? Pourquoi les magasins sont-ils encore ouverts et les jeunes se baladent dans la rue comme si de rien n’était ? Par contre, alors qu’aucun rassemblement n’est désormais autorisé jusqu’à nouvel ordre, le gouvernement central a maintenu, ici et en Métropole, le premier tour des élections municipales. Message reçu : les intérêts politiques avant tout !

On relèvera par ailleurs les bons conseils délivrés par le haut-commissariat sur sa page Facebook : “Pour voter, les bons gestes à adopter : privilégiez les heures de moindre affluence, entre 11h30 et 14h30” et, n’oubliez pas, “chacun son stylo”. Bons conseils qui n’ont pas empêché de voir de braves citoyens agglutinés dans les bureaux de vote. Anticipant un effondrement sans précédent de l’économie locale, le gouvernement planche sur un “plan de sauvetage” avec les partenaires sociaux afin de réfléchir à des plans de continuité d’activités en développant, par exemple, le télétravail (néanmoins, un vide juridique existerait en Polynésie et inciterait certaines entreprises à refuser cette option…). Il est nécessaire de se réorganiser, mais pensons avant tout à la santé des personnes âgées et des plus vulnérables. Dans ces moments-là, aujourd’hui plus que jamais, on a juste envie d’embarquer sa famille sur un voilier, larguer les amarres, prendre le large et se mettre à l’abri sur une île déserte ! Pour notre part, la rédaction de Tahiti Pacifique a dû s’adapter ; nous avons ainsi décidé d’espacer nos parutions toutes les trois semaines au lieu des quinze jours habituels. Nous vous donnons donc rendez-vous le 9 avril 2020 pour le prochain numéro. Bon courage à tous, fa’aitoito, restons responsables et solidaires.
À défaut des mains, il faut se serrer les coudes.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt