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Dumbéa : boisson interdite dans certains lieux publics


Vendredi 5 Avril 2019 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Saisi par le maire de Dumbéa, le gouvernement a pris un arrêté interdisant la consommation d’alcool dans certains lieux publics de la commune.
Katiramona, Val-Suzon, Dumbéa-sur-Mer, Koutio, Auteuil, Nakutakoin, mais aussi la plage de Nouré et ses abords, ainsi que la rivière Dumbéa (dans un rayon de
500 mètres) de la zone aéronautique de loisirs jusqu’au barrage… Dans ces différents quartiers et lieux publics, la consommation d’alcool est désormais interdite, de midi à 6 heures du matin.
Lassé d’être interpellé "quotidiennement" pour des nuisances de personnes ivres, "des mineurs pour la moitié d’entre elles", Georges Naturel, maire de Dumbéa, a saisi le président du gouvernement en vertu de l’article 3 de la délibération du 1er août 2018.
Une première depuis l’adoption de ce texte qui donne à l’exécutif, sur la base de "ses compétences de santé publique", la possibilité d’interdire par arrêté "la consommation de boissons alcooliques susceptible de donner lieu à un état d’ivresse dans les lieux publics".
D’autres communes pourraient donc suivre le mouvement. Car avant l’adoption de cette délibération – dans le sillage de la loi du pays sur la consommation et la vente d’alcool –, seul le haut-commissaire pouvait prendre un arrêté interdisant l’alcoolisation sur la voie publique, mais au nom du maintien de l’ordre et de la sécurité. Quant aux provinces, leurs compétences sont limitées aux débits de boissons. Pour des questions de santé publique, "les forces de l’ordre sont ainsi habilitées à réprimer toute infraction à cet arrêté, et à confisquer et à détruire toute boisson de plus de 1,2 degré d’alcool détenue par des personnes manifestement ivres, ou par des mineurs", note le gouvernement dans un communiqué.
En revanche, l’interdiction ne s’applique pas "aux terrasses de café et de restaurants", "aux aires de pique-nique aménagées aux heures habituelles des repas" et "aux manifestations locales où la consommation d’alcool a été autorisée", précise le document.

Source : Les Nouvelles Calédoniennes

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Nucléaire : souriez… vous êtes irradié !

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S’il est un sujet qui défraye la chronique en ce début de mois de juin, c’est bien la question explosive des refus d’indemnisations des victimes des essais nucléaires suite à l’amendement dit “Tetuanui”, tant décrié. Si la suppression du “risque négligeable” en 2017 avait été saluée par tous, la réintégration d’un “seuil minimum” ne passe pas… En effet, la modification de la loi Morin réalisée discrètement pendant les fêtes de fin d’année, le 28 décembre dernier, par un amendement inséré au projet de loi de finances 2019 reste en travers de beaucoup de gorges. Concrètement, cette recommandation de la commission “Égalité réelle outre-mer” (Erom), présidée par la sénatrice Lana Tetuanui, qui a été retenue par le gouvernement central puis validée par le Parlement, empêche désormais l’indemnisation des victimes ayant séjourné en Polynésie entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998, dès lors que le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) a établi que la dose annuelle de rayonnements ionisants reçue est inférieure à un milliSievert (mSv). 
Les conséquences sont tombées comme un couperet le 4 juin, lorsque le tribunal administratif a rendu douze jugements concernant des demandes d’indemnisation rejetées. Face à un contexte très tendu, le président du tribunal s’est même fendu d’un communiqué pour expliquer les décisions prises : deux requérants ont obtenu l’annulation de leurs affaires et un droit à l’indemnisation (la veuve d’un ancien employé du CEP décédé d’un cancer du poumon et un ancien militaire atteint d’un cancer de la vessie), mais les dix autres requêtes ont été balayées par la juridiction en raison du “seuil désormais fixé par la loi”.
Eliane Tevahitua, représentante Tavini Huira’atira à l’assemblée de la Polynésie française, n’a pas tardé à charger Lana Tetuanui en qualifiant l’amendement porté par l’élue du Tapura de “scélérat” . Elle a fustigé aussi le gouvernement : “Le Civen se fonde exclusivement sur le tableau dosimétrique de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), un EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial, ndlr) placé sous la tutelle du ministre de la Défense, qui, comme par hasard, ne trouve en Polynésie que des niveaux de radioactivité en deçà de 1 mSv après 1974. Monsieur le président, croyez-vous sincèrement qu’un pays comme le nôtre qui a reçu l’équivalent de 800 fois la bombe d’Hiroshima, puisse présenter des niveaux dosimétriques similaires à ceux d’un pays préservé de toute expérimentation nucléaire tel que la France ?”, posant ainsi une question orale au sein de l’hémicycle. S’en est suivi alors un crêpage de chignons, place Tarahoi, lorsque le porte-parole du président, Jean-Christophe Bouissou, a contre-attaqué sans répondre directement en demandant à la représentante souverainiste si elle ne se sentait pas elle-même “coupable de mensonge par omission en oubliant de dire aux Polynésiens que le député Moetai Brotherson (…) était lui aussi membre de la commission Erom”. Et de conclure : “Arrêtez vos niaiseries nuisibles. (…) Les victimes méritent mieux que vos propos nauséabonds.
Au-delà de ces énièmes enfantillages qui ne servent pas la cause, il y a une phrase qui restera dans les mémoires et qui est déjà tristement culte, celle de la même Lana Tetuanui qui affirme : “Quand on connaît les méfaits du tabac, et les risques de cancer que l’on peut développer, il n’appartenait pas à l’État de venir indemniser tous les fumeurs abusifs et ayant contracté le cancer en Polynésie ou à la suite de leur séjour en Polynésie.” Une comparaison pour le moins fumeuse, car la différence majeure, faut-il le préciser, c’est que l’on choisit de fumer, tout comme l’on choisit de consommer du sucre ou boire de l’alcool… mais pas d’être irradié ! La page du nucléaire au fenua est loin d’être tournée.

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique Schmitt