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Écologie : Au chevet de l'océan anémié


Jeudi 10 Novembre 2016




Le géochimiste marin, Andrew Bowie, à bord du RV Ivestigator, devant le système de récupération d'échantillon de pluie, en compagnie de la doctorante Morgane Perron. crédit photo : ABC
Le géochimiste marin, Andrew Bowie, à bord du RV Ivestigator, devant le système de récupération d'échantillon de pluie, en compagnie de la doctorante Morgane Perron. crédit photo : ABC
Le plancton marin produit la moitié de l’oxygène que nous inspirons. Il influence donc le climat, et c’est pourquoi il fait l’objet de toutes les attentions des scientifiques depuis que les hommes ont pris conscience de la crise climatique. Pour croître, le phytoplancton a besoin d'une température idoine, de lumière, et de divers nutriments. Or un tiaers des océans sont anémiques, ce qui limite la production des micro-organismes végétaux marins. C’est un paradoxe, car les continents, eux, regorgent de fer.

"Le fer est seulement l’un des oligo-éléments nécessaires à la croissance des plantes marines. Elles ont aussi besoin de nitrate, de phosphate, de silicium, etc., des nutriments qu’on trouve en abondance dans une grande partie des océans, précise Andrew Bowie, géochimiste marin et professeur associé à l’Université de Tasmanie, qui a mené plusieurs expéditions dans l’océan Antarctique. Logiquement donc, on devrait donc avoir des floraisons de phytoplancton matérialisées par des zones rouges ou vertes sur les images satellite, mais en fait il n’y a quasiment que du bleu sur les images satellites de l’océan Antarctique, ce qui veut dire que ce sont des déserts océaniques (sans phytoplancton). Pourquoi cela? Parce qu’il y a des nutriments, mais très peu de fer. Dans l’océan Antarctique, on trouve seulement quelques oasis de vie, où il y a du fer et donc où le phytoplancton fleurit."

Alors comment expliquer la présence d’oasis de fer dans l’océan Antarctique ? Début janvier 2016, l’équipe d’Andrew Bowie a étudié la composition de l’eau autour des îles Heard et Mc Donald, et constaté qu’elles étaient riches en fer. Leur hypothèse est que ce fer provient des émissions du volcan de l’île de Heard, et de plusieurs volcans sous-marins, ainsi que des glaciers qui fondent dans l’océan, qui sont couverts de lave, un fluide qui contient beaucoup de fer. Résultat : le phytoplancton prospère dans cette zone.

Source : Radio Australia / Caroline Lafargue

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Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !

Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !
La tournure qu’a prise “l’affaire Radio Tefana” impliquant Oscar Temaru a indigné un grand nombre d’entre nous. Après le grand recul de l’État français sur les indemnisations des victimes des essais nucléaires en Polynésie, dont le mépris détonant a explosé à la figure du Pays, la volonté de “dépayser” (à Nouméa finalement) le procès opposant le procureur de la République, Hervé Leroy, au leader indépendantiste interroge… Si la présidente du tribunal considère qu’il n’est pas envisageable de juger le responsable du parquet de sa propre juridiction, l’avocat de M. Temaru estime, lui, qu’il s’agit d’un “déni de démocratie”. Pour rappel, alors que le conseil municipal de Faa’a a accordé la protection fonctionnelle à son édile pour payer ses frais de justice liés à l’affaire Radio Tefana, M. Leroy a exigé une saisie pénale de 11,55 millions de Fcfp sur le compte personnel de M. Temaru. Pour protester contre cette opération “injustifiée” et un “acharnement judiciaire de l’État français à son encontre”, ce dernier a ainsi entrepris une grève de la faim le 8 juin. Ne parvenant pas à obtenir une audience avec M. Leroy, malgré le soutien d’une centaine de sympathisants réunis devant le palais de justice, M. Temaru l’a finalement assigné en référé pour “atteinte à la présomption d’innocence”.

La polémique gronde et défraye la chronique, ici et ailleurs, la presse nationale se demandant même “à quoi joue l’État ?”. Ce qui est indéniable, c’est que M. Temaru, souvent cantonné au rôle de martyr, a cette fois bénéficié d’une mobilisation importante et su fédérer les cœurs, bien au-delà d’un parti politique. En obtenant le soutien de nombreuses personnalités de tous horizons, ainsi que d’une vingtaine d’associations, de confessions religieuses, de syndicats ou de partis politiques rassemblés au sein du collectif Nuna’a a ti’a ("Peuple lève-toi, avance pour la paix") – à l’origine de la marche du 20 juin –, il s’est imposé en Metua (“père spirituel”). Par sa détermination et son pacifisme, on ne peut s’empêcher de penser à Pouvana’a a Oopa, condamné et exilé en 1959 pour un crime qu’il n’avait pas commis, bien que “le manque de recul” ne permette pas la comparaison, selon le spécialiste du sujet Jean-Marc Regnault, l’une des grandes plumes de Tahiti Pacifique et chroniqueur des “Pages d’Histoire”. D’ailleurs, l’historien publie simultanément deux ouvrages aux éditions ’Api Tahiti, qui lancent la série “Rivalités et moins si affinités” : Gaston Flosse, un Chirac des tropiques ? et Oscar Temaru, l’Océanie au cœur (lire page 12). Et l’auteur de mettre en perspective les deux hommes politiques, éternels “meilleurs ennemis” : “En 2020, ils entretiennent l’ambiguïté. Vont-ils s’entendre contre l’État pour en finir avec le statut d’autonomie dont ni l’un, ni l’autre ne veulent plus ? Vont-ils s’entendre pour tenter de chasser un gouvernement autonomiste qui ne gouverne pas vraiment différemment (…) ? Rivalités, donc, mais desquelles peuvent naître des affinités… électives ou autres.” L’avenir nous le dira, mais on sent bien que ce gouvernement – qui préfère poser du gazon synthétique sur le front de mer plutôt que miser sur la permaculture et les jardins partagés pour pallier la crise socio-économique inéluctable – ne parvient pas à satisfaire la majorité de la population. Aussi, le divorce est consommé au sommet du gouvernement, et il se murmure déjà qu’un remaniement ministériel est imminent…

C’est donc une rentrée mouvementée qui s’annonce ! En attendant, je profite de l’occasion pour vous informer que la rédaction de Tahiti Pacifique fera une trêve durant le mois de juillet, et ce chaque année, afin de permettre à tous les journalistes, chroniqueurs et autres contributeurs qui le souhaitent de prendre des congés annuels mérités et se ressourcer. L’objectif est aussi de mieux vous retrouver, avec toujours plus de dossiers de fond et encore d’autres nouveautés ! Les parutions de votre magazine préféré reprendront à compter du vendredi 7 août, toujours au rythme bimensuel. Merci pour votre confiance et à très bientôt.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT