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Petit papa Édouard,

À mon âge, je ne crois plus au Père Noël depuis longtemps déjà, mais à mon âge je veux encore bien croire à certaines promesses et rêver d’une Polynésie meilleure ; c’est pour cette raison que j’ai préféré t’écrire. Je sais qu’il ne faut plus trop compter sur la notion de Pays-Providence, comme toi qui doit faire sans l’État-Providence, mais j’ai besoin, comme beaucoup de polynésiens, de croire en des lendemains meilleurs. Je sais que je n’ai pas toujours été très sage cette année et qu’avec mes petits camarades nous n’avons pas manqué de te critiquer, toi et les petits lutins, qui tentent de t’aider. Mais nous l’avons fait de la manière la plus honnête possible, comme depuis 25 ans, et ce quels que soient ceux qui étaient à ta place.
Nous te demandons donc juste autant de persévérance dans les réformes à venir ; que les intentions ne restent pas lettre morte. Depuis le début de l’année 2016, tu n’as pas cessé de parler de la réforme de la PSG et nous voilà en fin d’année et tu n’as encore rien annoncé. Les mauvaises langues disent que tu préfères attendre la fin des fêtes pour des annonces qui pourraient valoir de très forts mécontentements, voire des blocages.
Dans la distribution des étrennes, tu nous dis ne pas oublier les plus démunis, ceux qui ont besoin le plus de solidarité et personne ne t’en blâmera à part le père Fouettard. Pour le reste on aimerait que ça aille plus vite : logements sociaux, développement du numérique, retour de l’emploi…
La relance tarde à venir et ce malgré les chiffres que nous communiquent l’IEOM ou l’ISPF. Il y a du mieux, mais c’est insuffisant et tu le sais. Le malade va un peu moins mal, mais il a toujours beaucoup de fièvre et les bonnes intentions ou incantations ne le guériront pas. Comme tu l’as dit en début de mois, tu n’as pas de baguette magique, et personne ne te demande de nous faire un tour de magie.
Tu vas encore avoir les "rennes" du pays pendant encore au moins un an, ce qui te laisse encore un peu de temps pour remettre ton traîneau dans les sillons de la croissance. Tu auras certainement un peu de ménage à faire au sein de tes équipes, avec de nombreux lutins qui se battent pour devenir sénateurs ou d’autres qui attendent un remaniement, mais cela ne doit pas te détourner du seul objectif qui prévaut : le bonheur de tous les enfants, petits et grands, du fenua.

La rédaction se joint à moi pour vous remercier une fois de plus pour votre fidélité et vous souhaite de joyeuses fêtes. Rendez-vous en 2017.

Luc Ollivier