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Francis Fuller et la légende du premier drapeau tahitien (reva maro ura)


Vendredi 15 Mai 2020 - écrit par Jean-Claude Soulier


Avec l’Autonomie interne, en 1984, la Polynésie française s’est dotée non seulement d’un statut, mais aussi d’un hymne et d’un drapeau. Aujourd’hui, tout le monde connaît le drapeau polynésien, mais qu’en est-il de la légende du premier drapeau tahitien ? Laissez-nous vous la conter.



Selon Francis Fuller, qui le tenait de Rehia et de vieux érudits de Tautira, de Teahupoo et du grand Teva, le premier drapeau tahitien était rouge avec une étoile blanche à cinq branches...
Selon Francis Fuller, qui le tenait de Rehia et de vieux érudits de Tautira, de Teahupoo et du grand Teva, le premier drapeau tahitien était rouge avec une étoile blanche à cinq branches...
Présenté à l’assemblée de la Polynésie le 20 novembre 1984 et adopté le 4 décembre 1985, le drapeau polynésien est composé de trois bandes horizontales rouge, blanc, rouge, la bande centrale étant deux fois plus large que les deux bandes externes et ornée de l’emblème de la Polynésie française. Cet emblème symbolise une pirogue polynésienne et sa voile de couleur rouge vues de face, ainsi que cinq i[tiki ]iqui représentent les cinq archipels. Au-dessus, dix rayons d’or symbolisent le soleil, signe de vie. Le bas, rempli de vagues bleu azur représentant la mer, est un signe d’abondance.

Une légende rapportée par Francis Fuller, qui signait ses articles et ses rubriques dans la presse locale des initiales FFL, fait état de la légende du tout premier drapeau tahitien, légende que je vous livre telle qu’elle fut rapportée en 1984 par cet ancien président de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (Onac), poste qu’il occupa durant une quinzaine d’années...

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Archives militaires “déconfinées” et venue de Macron au fenua : “poisons” d’avril ?

Dans notre précédente édition spéciale consacrée au nucléaire (“Après l’intox… l’infox !, TPM n°451 du 26 mars 2021), nous nous réjouissions de l’annonce du président de la République française, le 9 mars dernier, d’ouvrir enfin les archives militaires pour la période précédant 1971, qui représentait une lueur d’espoir. Las, Patrice Bouveret, cofondateur et directeur de l’Observatoire des armements, interpellé par notre dossier, nous apporte cependant une précision de taille. Dans une tribune qu’il nous a consacrée (lire pages 6-7), il explique que la décision d’Emmanuel Macron d’autoriser l’accès aux archives ne peut pas concerner les documents sur les essais nucléaires sans que la loi de 2008 sur lesdites archives ne soit modifiée au préalable par le Parlement. Cela signifie que non seulement cela peut prendre pas mal de temps, mais, surtout, que ce n’est pas encore inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale…

En effet, cette loi sur les archives du 15 juillet 2008 contient un article qui rend incommunicables tous les documents sur les armes de destruction massive, donc sur le nucléaire, et cela vaut malheureusement aussi bien pour les 17 essais tirés au Sahara que les 193 autres expérimentés en Polynésie française ! L’accès aux documents classifiés est un difficile combat. Une longue action juridique, à l’initiative des associations Moruroa e tatou et l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires), a permis en 2013 la déclassification de quelques archives sur les essais en Polynésie et au Sahara. Archives qui ont d’ailleurs élargi la zone de résidence à toute la Polynésie pour les victimes souhaitant obtenir une indemnisation, et qui ont été à la base du travail pour la publication du livre Toxique.

Alors, “déconfiner” les archives militaires : est-ce bien là l’intention du président ? “Nous pouvons en douter, tranche Patrice Bouveret, car si la déclaration de l’Élysée évoque la nécessité « de renforcer la communicabilité des pièces », elle s’empresse de préciser que cela doit se faire « sans compromettre la sécurité et la défense nationales » L’argument massue toujours mis en avant depuis des décennies !” Personne ne demande la divulgation des secrets de fabrication de la bombe, mais tout le monde souhaite connaître les différentes mesures enregistrées sur les retombées radioactives des explosions afin de permettre aux victimes et aux ayants droit d’obtenir réparation et indemnisation. Nous voulons toute la vérité, rien que la vérité. Peut-être que l’hypothétique venue de Macron au fenua, invité pour la fin du mois d’août, sera l’occasion de mettre cartes sur table ? Mais rien n’est moins sûr quand on voit que l’État persiste et signe dans son attitude méprisante en cédant “gratuitement” à la Polynésie un terrain et des bâtiments infestés d’amiante et de plomb pour abriter un centre de mémoire des essais nucléaires !

Un cadeau empoisonné donc, pour un mémorial dont le contenu muséographique est entièrement géré par les hautes sphères parisiennes sans la consultation d’aucun Polynésien…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT