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Hong-My Phong, une jeune écrivain du fenua, écrit son premier polar


Vendredi 31 Mai 2019 - écrit par Dominique Schmitt


Femmes écorchées, tel est le titre du livre de Hong-My Phong, sorti aux éditions 'Api Tahiti. Cette jeune écrivain d'origine chinoise vient d'achever son premier polar, dont la trame se déroule en Polynésie et l'histoire met en scène une femme ordinaire qui est sauvagement assassinée… Que s'est-il passé ?



L'auteur, de nature plutôt réservée, écrit pour se libérer. Crédit photo : HM STUDIO
L'auteur, de nature plutôt réservée, écrit pour se libérer. Crédit photo : HM STUDIO
Hong-My Phong est née à Papeete et vit à Papara. Esthéticienne de formation, photographe professionnelle, elle consacre ses loisirs à la lecture et à l’écriture. Elle trouve les mots fascinants et magiques, aussi elle lit pour s’évader et écrit pour se libérer. Dévoreuse de romans, elle a un faible pour les romans policiers, le suspense, l’énigme et la noirceur. Après la publication de textes et de poèmes dans la revue Littérama’ohi, elle décide de se lancer dans l’écriture d’un "polar polynésien". Elle le veut le plus convaincant possible et imprégné de faits divers pour être au plus près de la réalité. Pour cela, elle se rend à la Direction de la sécurité publique (DSP), interroge des agents, rencontre un médecin légiste, s’entretient avec un dealer et… se met au travail. C’est ainsi que Femmes écorchées a vu le jour.
Cet ouvrage est aussi le premier à avoir été un peu "coaché" par l’association Tāparau, l’association des auteurs et illustrateurs de Polynésie, présidée par Patrick Chastel et dont l’un des rôles est d’encourager et d’aider les jeunes talents du fenua...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 408 en cliquant ICI


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Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état

Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état
Ô surprise, un communiqué envoyé par le haut-commissariat confirme que l’État français cède officiellement au Pays, à titre gratuit, l’ancien bâtiment du commandement de la Marine pour installer en Polynésie le futur centre d’archives, d’information et de documentation sur les essais nucléaires. Sis boulevard de la Reine Pomare, sur le front de mer de Papeete, ce site est donc voué à accueillir le futur Centre de mémoire, mais, comme nous l’avons pointé du doigt à maintes reprises (lire notamment notre édito “Centre de mémoire : on se souviendra surtout de l’ingratitude de la France envers la Polynésie…”, TPM n° 420, du 15 novembre 2019), il s’agit en réalité d’un cadeau empoisonné, puisqu’il contient de l’amiante et du plomb ! Aussi, ce sera au Pays de financer sa construction, ce qui paraît aberrant eu égard “la dette” que la France métropolitaine se doit d’honorer. L’affront hexagonal est alors monté d’un cran, lorsque l’Assemblée nationale a adopté, le 14 mai dernier, un projet de loi visant “la clarification” et une meilleure “interprétation” des règles d’indemnisation des victimes des essais nucléaires en Polynésie française, et ce, au beau milieu de “diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de Covid-19” (lire pages 12 à 15)…

Cette disposition, qui avait été actée en séance le 3 mars dernier, mais dont la transmission avait été retardée en raison de la crise sanitaire, est ainsi un “cavalier législatif” qui rend applicable le seuil d’1 millisievert à tous les dossiers de demandes d’indemnisation. Autrement dit, c’est un retour à l’amendement scélérat dit “Tetuanui” tant décrié ! Tel un poignard planté dans le dos, ce “coup de Trafalgar” a été, de surcroît, manigancé depuis les hautes sphères parisiennes en l’absence des parlementaires polynésiens ! Une manière
cavalière de mener le bras de fer qui a indigné, par exemple, Moetai Brotherson, député polynésien et vice-président du Tavini Huiraatira. Et d’interpeller l’État français : “Qu’est-ce que le peuple polynésien vous a fait pour que vous nous détestiez autant ?” Dans une longue interview accordée à Tahiti Pacifique, il fustige le gouvernement central et évoque “une frilosité maladive à vouloir indemniser de façon respectable les victimes de ces essais” (lire pages 18 à 21). Les associations locales de défense, 193 et Moruroa e Tatou, représentées par Père Auguste et Hiro Tefaarere, tirent également à boulet rouge sur l’État et rejettent désormais à l’unisson le projet de Centre de mémoire. Dans les réactions que nous avons recueillies (lire pages 22-23), la notion de “crime contre l’humanité” est omniprésente et l’on connaît tous le coupable, bien qu’il n’ait toujours pas présenté ses excuses au peuple polynésien...

Enfin, un ingénieur retraité de la Direction des essais du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Ghislain Houzel, qui a effectué de très nombreuses missions à Moruroa, de 1966 1997, et assisté à plus de 120 tirs, nous raconte l’horreur des essais nucléaires, sans langue de bois, au fil d’un entretien riche en anecdotes (lire pages 24 à 27). Vous l’aurez compris, c’est un numéro “collector” que nous vous proposons, avec une édition spéciale de
16 pages consacrées à ce douloureux sujet en Polynésie. La page du nucléaire, qui a profondément entaché les relations du fenua dans son histoire avec la Métropole, n’est toujours pas tournée. Le sera-t-elle un jour ? Aujourd’hui, nous avons un rêve : que cette question explosive soit gérée localement par “des hommes, de vrais hommes, avec des *** dans la culotte”, pour reprendre l’expression récente du président du Pays. Et puis, si d’aventure Emmanuel Macron se décidait à venir nous rendre visite un jour, nous aimerions lui dire : “Eh, Manu, tu redescends et tu dépollues ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt