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Justice : au Camp-Est pour une escroquerie à 1 milliard


Vendredi 31 Mai 2019 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Une femme de 73 ans est soupçonnée d’être à la tête d’un vaste réseau d’escrocs qui sévissait depuis 2017. Plus d’un millier de Calédoniens en auraient été victimes et le montant du préjudice dépasserait le milliard de francs. Explications.
Ce vaste réseau, qui a sévi jusque dans les îles, avait une technique et une méthode bien rodées, qui avait fait leurs preuves ailleurs.
"Le scénario, déjà bien répandu en Europe et en Amérique du Nord, était parfaitement adapté à l’histoire de la Nouvelle-Calédonie, dévoile dans un communiqué Alexis Bouroz, le procureur de la République. Un groupe d’individus répartis par zones d’action sur l’ensemble du territoire a recueilli auprès de particuliers des contributions financières. Les fonds étaient supposés débloquer la succession d’un soldat du Pacifique en participant au règlement des frais de succession de son héritier néo-calédonien."
Les escrocs présumés promettaient en contrepartie aux contributeurs le remboursement des sommes investies agrémentées "d’une plus-value alléchante." Selon le procureur, plusieurs victimes auraient même évoqué des gains "fantasmés" vertigineux. Et "mirifiques".
À la tête de ce vaste réseau, une femme de 73 ans, qui opérait pour le compte d’un ressortissant vanuatais, gérant de sociétés spécialisées dans l’importation et l’exportation de kava. "Spécialisée en droit fiscal et jouissant d'une certaine notoriété sur le territoire, la mise en cause aurait ainsi usé de son réseau et de son allure inspirant confiance pour convaincre de nombreuses personnes de la réalité de l'héritage", poursuit le communiqué. Dans le détail, les montants inférieurs à un million de francs étaient gérés par les "porteurs" de ce réseau. Au-delà, la septuagénaire recueillait elle-même les sommes contre une attestation de versement.
Au final, le préjudice de cette escroquerie dépasserait le milliard de francs acheminés, depuis, au Vanuatu.

b[Source : Les Nouvelles Calédoniennes]b

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Nucléaire : souriez… vous êtes irradié !

Nucléaire : souriez… vous êtes irradié !
S’il est un sujet qui défraye la chronique en ce début de mois de juin, c’est bien la question explosive des refus d’indemnisations des victimes des essais nucléaires suite à l’amendement dit “Tetuanui”, tant décrié. Si la suppression du “risque négligeable” en 2017 avait été saluée par tous, la réintégration d’un “seuil minimum” ne passe pas… En effet, la modification de la loi Morin réalisée discrètement pendant les fêtes de fin d’année, le 28 décembre dernier, par un amendement inséré au projet de loi de finances 2019 reste en travers de beaucoup de gorges. Concrètement, cette recommandation de la commission “Égalité réelle outre-mer” (Erom), présidée par la sénatrice Lana Tetuanui, qui a été retenue par le gouvernement central puis validée par le Parlement, empêche désormais l’indemnisation des victimes ayant séjourné en Polynésie entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998, dès lors que le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) a établi que la dose annuelle de rayonnements ionisants reçue est inférieure à un milliSievert (mSv). 
Les conséquences sont tombées comme un couperet le 4 juin, lorsque le tribunal administratif a rendu douze jugements concernant des demandes d’indemnisation rejetées. Face à un contexte très tendu, le président du tribunal s’est même fendu d’un communiqué pour expliquer les décisions prises : deux requérants ont obtenu l’annulation de leurs affaires et un droit à l’indemnisation (la veuve d’un ancien employé du CEP décédé d’un cancer du poumon et un ancien militaire atteint d’un cancer de la vessie), mais les dix autres requêtes ont été balayées par la juridiction en raison du “seuil désormais fixé par la loi”.
Eliane Tevahitua, représentante Tavini Huira’atira à l’assemblée de la Polynésie française, n’a pas tardé à charger Lana Tetuanui en qualifiant l’amendement porté par l’élue du Tapura de “scélérat” . Elle a fustigé aussi le gouvernement : “Le Civen se fonde exclusivement sur le tableau dosimétrique de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), un EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial, ndlr) placé sous la tutelle du ministre de la Défense, qui, comme par hasard, ne trouve en Polynésie que des niveaux de radioactivité en deçà de 1 mSv après 1974. Monsieur le président, croyez-vous sincèrement qu’un pays comme le nôtre qui a reçu l’équivalent de 800 fois la bombe d’Hiroshima, puisse présenter des niveaux dosimétriques similaires à ceux d’un pays préservé de toute expérimentation nucléaire tel que la France ?”, posant ainsi une question orale au sein de l’hémicycle. S’en est suivi alors un crêpage de chignons, place Tarahoi, lorsque le porte-parole du président, Jean-Christophe Bouissou, a contre-attaqué sans répondre directement en demandant à la représentante souverainiste si elle ne se sentait pas elle-même “coupable de mensonge par omission en oubliant de dire aux Polynésiens que le député Moetai Brotherson (…) était lui aussi membre de la commission Erom”. Et de conclure : “Arrêtez vos niaiseries nuisibles. (…) Les victimes méritent mieux que vos propos nauséabonds.
Au-delà de ces énièmes enfantillages qui ne servent pas la cause, il y a une phrase qui restera dans les mémoires et qui est déjà tristement culte, celle de la même Lana Tetuanui qui affirme : “Quand on connaît les méfaits du tabac, et les risques de cancer que l’on peut développer, il n’appartenait pas à l’État de venir indemniser tous les fumeurs abusifs et ayant contracté le cancer en Polynésie ou à la suite de leur séjour en Polynésie.” Une comparaison pour le moins fumeuse, car la différence majeure, faut-il le préciser, c’est que l’on choisit de fumer, tout comme l’on choisit de consommer du sucre ou boire de l’alcool… mais pas d’être irradié ! La page du nucléaire au fenua est loin d’être tournée.

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique Schmitt