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La Société des études océaniennes, 100 ans de la vie polynésienne


Samedi 25 Mars 2017 - écrit par Luc Ollivier


Fondée en 1917, la Société des études océaniennes fête le centenaire de sa première publication en ce mois de mars. À cette occasion, Tahiti Pacifique a décidé de publier, à intervalles réguliers, des extraits des bulletins qui ont marqué le siècle écoulé. Une plongée dans l’histoire de la vie polynésienne et océanienne au travers d’écrits très divers.



Jean Kapé, Président de la SEO.
Jean Kapé, Président de la SEO.
Pour peu que l’on s’intéresse à l’histoire polynésienne, à la vie de ses habitants au fil du temps, les bulletins de la SEO sont une véritable mine d’or. Communiqués officiels, récits de séjour, poèmes, textes océaniens traduits… les bulletins sont riches d’informations qui souffraient d’un certain manque de visibilité. La diversification des publications, autres que les bulletins, une présence aux salons comme ceux du livre à Tahiti et dans les îles participent au renouveau de la SEO aujourd’hui présidée par M. Fasan Chong, dit Jean Kapé. Si cette société a atteint un âge plus que respectable, elle vit avec son époque ; le support a été modernisé, le numérique commence à y trouver sa place, le site Internet a été réactualisé, même si le papier reste le support incontournable. Une évolution rythmée par des moyens financiers dépendant de quelques subventions ciblées – qui servent surtout à la réédition d’ouvrages –, mais surtout des cotisations des adhérents ainsi que de la vente des bulletins (trois par an), mais aussi soumise à la bonne volonté des adhérents qui y travaillent bénévolement.
Pour célébrer ce centenaire, la SEO a prévu de sortir un numéro spécial qui reprendra tous les index de tous les bulletins, qui seront classés par thématiques et un bulletin spécial centenaire avec la présentation des anciens présidents ou encore l’histoire de la SEO, par des auteurs qui ont l’habitude de collaborer aux bulletins et que l’on retrouve aussi dans votre magazine Tahiti Pacifique.
En 100 ans, la vie de la SEO n’a bien évidemment pas été un long fleuve tranquille.
À certaines périodes, il a été plus difficile de trouver des contributeurs, à d’autres périodes, certains conflits ont animé le bureau… mais quoi de plus normal dans une association ? Actuellement, le nombre d’administrateurs (14) est plutôt élevé, ce qui permet de mieux faire connaître la SEO notamment auprès des étudiants, des chercheurs ou d’amateurs éclairés qui peuvent publier dans un bulletin. La Vieille Dame peut faire peur, mais le comité de lecture sait se montrer conciliant. D’ailleurs actuellement, les sujets ne manquent pas, qu’ils soient produits directement de la part d’administrateurs ou d’adhérents très inspirés par le centenaire ou par des contributeurs extérieurs. Conformément aux statuts, les sujets proposés doivent concerner la Polynésie orientale ou l’Océanie
au sens large. Ces sujets peuvent être très variés ; comme il y a 100 ans, place peut être faite aux légendes, aux poèmes. Il y a eu des tas de sujets traités allant de l’histoire de Papeete à la botanique, en passant par la narration du séjour d’un médecin sur Makatea. Ces écrits sont le patrimoine de la SEO dans lequel les chercheurs viennent puiser des informations. En juste retour des choses, des étudiants polynésiens ont d’ailleurs publié des extraits de leur thèse dans des bulletins. C’est de cette façon que la SEO souhaite ouvrir les pages de son bulletin au plus grand nombre à commencer par les jeunes, qu’ils soient adhérents ou tout simplement lecteurs. L’histoire doit encore s’écrire pour au moins 100 ans.


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Des chaises vides aux Assises

Depuis quelques semaines, la population polynésienne est invitée à s’exprimer lors des Assises des Outre-mer. Le gouvernement central a délégué un référent qui tente de recueillir les attentes des populations, qu’elles soient à Tahiti, à Moorea ou aux Australes, en attendant d’autres archipels. Après la loi sur l'Égalité réelle des Outre-mer, l’État fait un pas de plus vers ses petits bouts de France qui participent, sous diverses formes, à sa grandeur. La première phase de cette consultation, entamée début octobre, s’est terminée la semaine dernière et force est de constater qu’elle n’a pas recueilli un franc succès. Un manque de communication ? Un désintérêt de la population sur des questions pourtant centrales ? Une méfiance envers l’État et des interlocuteurs inconnus ? Un fiu de tout ce qui touche au politique ? Certainement un mixte de ces suggestions.
Pour ceux qui ont pris la peine de se déplacer ou de faire part de leurs desiderata via un site Internet dédié (www.assisesdesoutremer.fr. ), soit environ 1 000 personnes, les thèmes abordés ont tourné autour de la santé, de la sécurité et de l’éducation, nous apprend un communiqué du haut-commissariat. Et si Jacques Wadrawane, le référent des Assises des Outre-mer pour les collectivités françaises du Pacifique, s’est dit satisfait du déroulé de cette première phase en affirmant que "les participants ont fait part de problèmes concrets, de comment améliorer les conditions de vie au quotidien", il n’a pas manqué de noter que la population avait du mal à faire le distinguo entre les compétences de l’État et celles du Pays. Et l’on reparle de manque de culture politique des Polynésiens, que nos politologues ne manquent pas de rappeler avant chaque élection, entretenu par beaucoup, et qui empêche ce peuple de penser par lui-même, de s’élever.
Si ce manque de culture politique, surtout envers celle menée depuis Paris, peut être reproché aux Polynésiens, il est juste de rappeler que les élus de l’Hexagone se montrent tout aussi incultes envers les Outre-mer. C’est pourquoi la ministre de tutelle, Annick Girardin, essaye d’insuffler un "réflexe d’outre-mer" dans les décisions de ses collègues du gouvernement.
Quant au résultat de ces Assises, "les priorités vont maintenant être déterminées, sur la base de cette première consultation. Des projets seront ensuite soumis à l’avis de la population, de mi-janvier à fin février. Puis, les propositions feront l’objet d’un Livre Bleu. Jacques Wadrawane assure que ces idées déboucheront sur des réalisations concrètes, contrairement à ce qu’on a vu dans le passé, avec les États généraux de l’Outre-mer en 2009, notamment", peut-on lire en fin de communiqué. Il manque de préciser que, pour le moment, il n’y a pas de budget réservé aux décisions qui sortiront des Assises qui, elles-mêmes, n’ont bénéficié que d’un budget très limité (72 millions de Fcfp) pour l’ensemble des territoires et collectivités.
Un recueil de doléances, mais par d’argent pour les appliquer, du moins dans un proche avenir. On verra bien si ce sont les chaises vides qui avaient raison.
Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier