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Le tiki qui rit


Vendredi 6 Novembre 2020 - écrit par Riccardo Pineri


En août 2014, la galerie des Tropiques sur le front de mer a inauguré une nouvelle exposition du sculpteur Claude Morlot. À coté des figures féminines filiformes, façonnées comme des lames de lumière dans le basalte et qui représentent des danseuses tahitiennes ou balinaises, Morlot présentait une statue en grès d’un tiki ventru et rigolard.



 Lei[ tiki]i rieur de Morlot - Crédit photo : DR
 Lei[ tiki]i rieur de Morlot - Crédit photo : DR
Icône de la culture polynésienne, notamment aux Marquises, le tiki représentait l’homme-dieu, l’ancêtre sacrifié et divinisé. L’homme divinisé dans les cultures traditionnelles protège paradoxalement la société ancienne de la violence, il est le “bouc émissaire” qui met à distance une violence généralisée meurtrière pour le groupe. La représentation du sacrifié a fait place depuis quelque temps à une figure purement esthétique, curios associé à une revendication culturelle.

Le dieu qui rit est absent du panthéon polynésien, pas de Gelos, dieu du rire dans la mythologie grecque, pas de Risus latin, dont parle Apulée dans ses Métamorphoses.

Chez Baudelaire, le rire est lié à la chute originaire, comme il écrit dans De l’essence du rire et généralement du comique dans les arts plastiques : “Le rire humain est intimement lié à l’accident d’une chute ancienne, d’une dégradation physique et morale.” Il ajoute : “Dans le Paradis terrestre, la joie n’était pas dans le rire.” Si l’on présume que l’on n’est pas sorti du Paradis, on n’a aucune raison de rire. Le rire au Paradis naît lorsque Adam s’aperçoit des feuilles de figuier qui cachent son sexe, autodérision propre de l’homme qui trouve son origine dans la conscience...

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“Champions du monde” de Covid : on dit merci qui ?

Après notre titre de "champions d’Outre-mer" lorsque le fenua a réussi l’exploit, le mois dernier, d’être la seule collectivité ultramarine à se voir imposer un couvre-feu, voilà que nous prenons du galon en montant sur la première marche du podium des pays qui enregistrent le taux d’incidence le plus élevé de la planète. Si, si, avec 1 603 cas pour 100 000 habitants (du 29 octobre au 11 novembre 2020), nous sommes devenus "champions du monde" de coronavirus devant Andorre (1 378) et la République tchèque (1 330), selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies ! Le summum de l’aberration a été atteint la semaine dernière quand on a appris que les touristes hexagonaux étaient interdits de… Polynésie. Depuis le reconfinement de la Métropole, le motif dérogatoire touristique qui figure dans l’arrêté du haut-commissaire (en vigueur jusqu’au 16 décembre) n’est en effet plus considéré comme une raison valable. On pourrait croire à une mauvaise blague, mais non, c’est bien la triste réalité.
Nous qui étions “Covid-Free” et misions tout sur le tourisme extérieur pour sauver l’économie locale, on peut dire que c’est ballot ! À vouloir courir plusieurs lièvres à la fois, changer de stratégie et ne pas mettre des contrôles sanitaires stricts lors de la réouverture de nos frontières, les autorités ont perdu sur tous les tableaux et font sombrer notre économie… Les petits commerces mettent la clé sous la porte les uns après les autres, de même que certaines pensions. Par ailleurs, la décision de fermer les salles de sport a suscité l’incompréhension de nombre d’entre nous qui crient à l’incohérence, alors que les lycéens s’entassent dans les classes. Pourquoi ne pas avoir pris des mesures adaptées, comme c’est le cas dans d’autres secteurs ? Surtout que le profil des personnes hospitalisées est une majorité de patients obèses, diabétiques et hypertendus. Le Covid tue les personnes en mauvaise santé, et on empêche les gens de faire du sport et de renforcer leur immunité… C’est d’autant plus aberrant chez nous, avec une partie de la population dite “à risques”. C’est le serpent qui se mord la queue !
Pendant ce temps, le Bureau de veille sanitaire (BVS), en sous-effectif, est quasiment injoignable, tellement il est débordé. Il n’y a aucun contrôle des cas positifs et encore moins de suivi des cas contacts. En changeant de protocole sans réaliser de vraie communication, les autorités ont réussi à embrouiller l’esprit des citoyens, qui ne savent même plus s’ils doivent aller travailler ou rester chez eux lorsqu’ils sont cas contacts. Et on se demande encore comment on a du mal à limiter la propagation du virus ? Nos dirigeants, ici et en Métropole, répètent assumer entièrement leurs responsabilités, mais tous ces morts doivent commencer à devenir pesants !
Si on ne peut plus voir ses amis, ni assister à un événement culturel, ou même faire du sport, il nous reste une seule solution pour éviter la sinistrose : en profiter pour retrouver les plaisirs des sens, les plaisirs de la Vie… Alors, on dit merci qui ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT