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Les Îles Cook veulent changer de nom


Vendredi 8 Mars 2019 - écrit par Agence France-Presse




Le petit archipel des Îles Cook, dans le Pacifique, envisage de changer de nom et d'opter pour une désignation qui mette en valeur sa culture polynésienne et non un explorateur britannique.
Son gouvernement avait en janvier mis en place un comité pour trouver un nouveau nom indigène à ce regroupement de 15 îles situées à environ 3 000 kilomètres au nord-est de la Nouvelle-Zélande.
L'idée initiale était d'accoler ce nom autochtone à celui des Îles Cook, sur le modèle de ce qu'a fait son grand voisin, qui est parfois désigné sous le nom d'Aotearoa-New Zealand.
Mais le président du comité Danny Mataroa a précisé que dès le début des discussions, la volonté de renoncer au nom actuel avait sauté aux yeux, de même que celle d'opter pour un nom dans la langue locale, qui est le maori des Îles Cook.
"Quand le comité, qui compte des historiens des Îles Cook et des gens très au courant des traditions locales, s'est réuni, nous avons décidé qu'il était temps de changer le nom du pays", a-t-il dit.
M. Mataroa a indiqué que le nom refléterait le patrimoine local, ses habitants et leur très forte foi chrétienne.
Le vice-Premier ministre Mark Brown soutient l'initiative, en relevant cependant que le chemin est encore long avant que le pays aux 12 000 habitants ne change de nom.
"Je serais heureux d'un nom traditionnel qui reflète la vraie nature polynésienne de notre nation insulaire", a-t-il dit à Radio New Zealand.
L'idée n'est cependant pas nouvelle, car un référendum pour renommer le pays Avaiki en 1994 s'était soldé par une cuisante défaite.
La date du peuplement des Îles Cook est incertaine, d'autant que les 15 îles sont distribuées en deux groupes au Nord et au Sud. Mais Rarontonga, la plus grande des îles, pourrait avoir été colonisée dès le IXe siècle.
L'archipel obtint en 1965 son indépendance tout en conservant des liens très étroits avec Wellington qui gère ses affaires étrangères et autorise ses habitants à vivre et travailler en Nouvelle-Zélande.

Source : Agence France-Presse

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier