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Les maux bleus


Vendredi 30 Novembre 2018 - écrit par Jean-Marc Regnault


"L’outre-mer n’existe pas", constate François Garde, l’auteur de Petit Éloge de l’outre-mer, pour nous surprendre ou nous provoquer... C’est qu’aucune solidarité ne lie spontanément les natifs des collectivités ultramarines. Pour autant, ce ne sont pas des "confettis" d’un Empire jadis rayonnant. Pas plus que ces collectivités ne jouent un rôle à Paris, où elles ne représentent qu’un enjeu secondaire.



François Garde - Crédit photo : C. Hélie Gallimard
François Garde - Crédit photo : C. Hélie Gallimard
"La relation entre la France et l’outre-mer commence par un malentendu", constate l’auteur : "Partout une histoire violente, tissée de misères et de voyages sans retour, d’exils et d’espérances, de mémoire et d’amnésie, de deuils et de renouveau…"

Et aujourd’hui, comprendre l’outre-mer avec ses diversités est bien compliqué. "Plaignons journalistes et parlementaires qui n’ont jamais le temps de s’y plonger…", s’amuse François Garde. L’outre-mer (il en connaît pratiquement tous les territoires) l’a "séduit par surprise"…

L’auteur n’est pas un doux rêveur que la douceur tropicale (existe-t-elle ?) aurait subjugué… D’abord parce qu’il inclut les TAAF (Terres australes et antarctiques françaises, dont il a été administrateur et y a accompli des traversées pédestres, voir son livre Marcher à Kerguelen)...

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Du lard ou du cochon ?

Du lard ou du cochon ? Que nous réserve l’année 2019 dont le Nouvel An vient d’être fêté par la communauté chinoise ? Le Cochon de Terre ne promet pas de grands bouleversements, les rendez-vous politiques devant les urnes n’étant pas au calendrier. Pour autant, de politique – ou plutôt de relation avec l’État – il en sera quand même question : dès la semaine prochaine, avec l’étude par le Sénat du projet de loi organique modifiant le statut du Pays et de la prise en compte des amendements et articles proposés par l’assemblée de la Polynésie française, on verra si le baromètre qu’on nous annonce au beau fixe le restera… La confiance est de mise pour le président Fritch, parti défendre ses amendements auprès des différents groupes parlementaires.
D'ailleurs, la commission des lois vient de donner son feu vert à l'actualisation de notre statut.
La même confiance qui animait les porteurs du dossier d’inscription du ‘ori tahiti au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, qui n’a pourtant pas été retenu par le président Macron, au profit de la yole martiniquaise. Sa visite en fin d’année sera l’occasion de lui montrer que cette candidature doit être à nouveau soutenue.

Les rendez-vous seront donc essentiellement économiques et le premier – très attendu – avec le Conseil d’État sur la réforme des retraites, s’est déroulé en début de semaine. Il a validé sa quasi-intégralité. C’est une victoire pour le gouvernement Fritch, mais aussi pour les Polynésiens, dont le système des retraites est sauvé pour encore quelques années. Le tour de force sera maintenant de modifier le code du travail est d’apporter la souplesse réclamée, comme en métropole, par les chefs d’entreprise. Malgré les réunions de travail avec les syndicats, le dossier s’annonce difficile. Souhaitons qu’il ne connaisse pas les mêmes dérives extrémistes de mars 2018, quand il fallait réformer les retraites.

Mais 2019 doit être aussi l’année du début des deux grands chantiers. Avant la mi-mars, le protocole signé avec le groupement Kaitiaki Tagaloa, pour la réalisation du Village tahitien, sera obsolète. Les doutes quant à la mise en œuvre en l’état de ce projet ne font que s’amplifier. Ce serait un coup dur pour ce gouvernement et l’économie locale si tout devait tomber à l’eau. Le Tahoera’a, qui n’est pas avide de critiques, en ferait ses choux gras… Et que dire du projet d’aquaculture à Hao où, pour le moment et depuis de longs mois déjà, les investisseurs sont plus dans le déclaratif que dans l’action ?
Le grand virage économique de 2019 sera-t-il donc du lard ou du cochon ?

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier