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Mercure dans le thon : une question de taille, d’espèce et d’origine


Vendredi 8 Mars 2019 - écrit par Communauté du Pacifique sud




Crédit photo : DR
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Très appréciée à travers le monde, la chair du thon cache une toxine, le méthylmercure, objet d’une étude pluridisciplinaire publiée en janvier par l’IRD et la CPS. Cette étude a permis pour la première fois de cartographier à haute résolution la teneur en mercure des thons du Pacifique central et sud-ouest, qui représentent plus de la moitié du thon capturé et exporté à l’échelle planétaire. Elle montre que la teneur en méthylmercure dépend non seulement de la taille et de l’espèce de thon considérée, mais aussi de son origine géographique – des résultats qui permettront d’informer et de conseiller les consommateurs de thon.
Le méthylmercure est une neurotoxine, une substance toxique pour le système nerveux central. Les risques pour la santé sont particulièrement élevés chez le fœtus et le jeune enfant. Il est donc capital de mieux connaître les niveaux de concentration et l’origine du méthylmercure présent dans ces poissons très fréquemment consommés.
Dans ce contexte, des chercheurs de l’IRD, dont un étudiant inscrit à l’Université de Nouvelle-Calédonie, ont sollicité l’accès à une base d’échantillons exceptionnelle mise en place par la Communauté du Pacifique (CPS), une organisation internationale qui œuvre depuis 1947 au développement durable des pays océaniens, notamment en récoltant des données relatives aux ressources marines. Ainsi, depuis 2001, des prélèvements de chair ont été effectués sur des thons capturés dans une large zone, allant de l’Australie à la Polynésie française, par des observateurs travaillant sur des bateaux de pêche ; ceux-ci recueillent aussi les informations sur la prise : taille et espèce, mais aussi lieu et date de pêche.
Sans surprise, les plus fortes concentrations en mercure sont retrouvées dans les spécimens les plus grands, ce composé s’accumulant naturellement en fonction de la taille et de l’âge des thons. Les seuils sanitaires préconisés sont toutefois rarement dépassés. Seuls 1% des prises d’albacore et de thons germons et 11% des thons obèses affichent des concentrations supérieures aux niveaux maximums autorisés. Ces dépassements concernent principalement les individus les plus gros (un mètre et plus).

Source : Communauté du Pacifique sud


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De reports en reports

De reports en reports
À l’instar des Anglais et de leur Brexit, qui ne cesse de diviser tout autant qu’il ne cesse de jouer la montre, nos gouvernants se voient contraints de reporter une nouvelle fois l’échéance de la signature de contrat du "Village tahitien". Pour rappel, les six lots sur lesquels s’était positionné le groupe Kaitiaki Tagaloa portent sur la conception de quatre hôtels et de deux résidences en condominium. Il s’agit de six lots, sur les 16 que comporte ce projet complexe. Ce vaste chantier, qui doit révolutionner le tourisme sur l’île de Tahiti en quelques années — durant lesquelles l’économie et surtout l’emploi devraient connaître un sérieux coup d’accélérateur — soulève toutes les interrogations et commence à ressembler à une Arlésienne.
En août 2018, le vice-président Teva Rohfritsch ne cachait pas son enthousiasme, déclarant que la signature du contrat portant sur les six premiers lots du projet avec le groupement d’investisseurs néo-zélandais et samoans, Kaitiaki Tagaloa, pourrait même intervenir avant la fin de l’année 2018, bien avant les 200 jours prévus. Il n’en fut rien. À la date butoir du 22 mars 2019, pas de signature, au prétexte que "l’investisseur néo-zélandais a souhaité associer deux nouvelles tribus maori au projet. Nous avons donc souhaité prendre toutes les garanties financières nécessaires plutôt que de signer." Premiers signes d’inquiétude, alors que la rumeur d’un report pour manque de garanties financières circulait déjà depuis quelques semaines. Il fut donc accordé un délai de 45 jours, au terme desquels, en fonction des garanties qui seraient présentées, ces contrats seraient signés par lots. Ceux qui n’auront pas fait l’objet de garantie seraient remis en compétition. Des contacts avec des investisseurs, y compris locaux, étaient avancés. Coup de pression, ou de bluff, sur le groupement Kaitiaki Tagaloa ?
La seconde option a primé, puisqu’au terme de ces 45 jours, l’établissement Tahiti Nui aménagement et développement (TNAD) annonçait par communiqué sa décision de reporter de 55 jours le délai laissé au groupement, pour se conformer "aux obligations du protocole d’engagement", signé en août 2018. À ce jour, TNAD n’aurait donc pas toutes les garanties financières pour s’assurer que ces investisseurs soient capables d’aller au bout du projet ! En bientôt un an de négociations, nous ne savons toujours pas si ils ont les reins assez solides !
Après deux reports, on n’imagine pas le gouvernement en avancer un troisième pour quelques raisons que ce soit. Restera alors à présenter la carte des investisseurs étrangers et locaux, que le ministère garde secret. Rendez-vous le 30 juin.
Le dossier, qui reviendra forcément sur la scène politique à la première occasion, est plutôt mal engagé. Il n’est pas sans rappeler celui de Hao, pour lequel l’arrivée des conteneurs était annoncée en avril. De nouveaux changements sont prévus, qui reportent le début du chantier au début de l’année prochaine. Encore un rendez-vous manqué.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.


Luc Ollivier

Luc Ollivier