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Nickel : Vale, les syndicats exhortent les politiques à céder aux exigences


Vendredi 11 Août 2017 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Pour la CFE-CGC, le SGTINC et l’USTKE, la direction ne bluffe pas. "L’usine pourrait fermer en janvier", a assuré l’intersyndicale, hier après-midi à Nouméa. L’État, le gouvernement et la province Sud sont appelés à la rescousse.
Les annonces de la direction brésilienne, étayées par celles du patron de Vale NC, continuent de faire des remous. Inquiète d’un manque de prise au sérieux de la gravité de la situation, notamment de la part du Soenc-nickel et des pouvoirs publics, une intersyndicale composée de la CFE-CGC, de l’USTKE et du SGTINC (affilié à la Cogetra) a pris la parole, lundi après-midi à Nouméa.
"C’est notre devoir de dire la vérité aux salariés, aux sous-traitants, à tout le monde. L’usine pourrait fermer en janvier, nous luttons pour notre survie", martèle Evelyne Serieyssol. La secrétaire générale adjointe de la branche industrie de la CFE-CGC rappelle les exigences de la direction "monde" : de nouveaux actionnaires, de l’argent public et une nouvelle baisse des coûts de production, sinon… l’usine fermera. Evelyne Serieyssol récuse le terme de "chantage".

"La masse salariale devra faire des efforts, il ne faut pas le cacher, dit Evelyne Serieyssol, mais il y a d’autres options que les licenciements." L’intersyndicale annonce qu’elle présentera vendredi à la direction une batterie de mesures pour réaliser des économies autrement, notamment par des changements techniques et des diminutions des coûts fixes. "Pour l’instant, les seuls à avoir fait de gros efforts pour sauver Vale, ce sont les salariés, affirme Pascal Pujapujane, de l’USTKE. Il faut maintenant que chacun prenne ses responsabilités. C’est la seule solution si l’on veut que Vale NC s’en sorte."
Sans détour, l’État, la Nouvelle-Calédonie et la province Sud sont appelés à céder aux exigences de Vale en apportant une contribution financière.
Un appel que la direction de Vale approuve sans réserve, logiquement. Elle se réjouit du fait que les organisations syndicales soient "concernées, déterminées à sauver le site industriel".
Le Soenc-nickel, quant à lui, assure être "bien conscient du fait que l’usine est en danger". Pierre Tuiteala, secrétaire général, qui doit se rendre à Paris prochainement, sollicite lui aussi "un soutien des politiques", motion qui aura donc reçu le vote des quatre syndicats représentatifs.

Sources : Les Nouvelles Calédoniennes

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La Calédonie à qui perd gagne ?

Des vainqueurs qui restent sur leur faim, des vaincus plein d’espoir, le résultat du référendum d’autodétermination calédonien du dimanche 4 novembre n’a pas manqué d’afficher des sentiments opposés et même paradoxaux.
La victoire annoncée avant l’heure du "non" à la pleine souveraineté s’est avérée exacte, mais dans des proportions bien moindres que celles que laissaient escompter les sondages ou les dernières élections provinciales. Le deux-tiers/un-tiers s’est transformé en un 56,4/43,6 qui a surpris les observateurs, les électeurs et les responsables des partis politiques locaux.
La Nouvelle-Calédonie a donc affirmé son attachement à la France, mais pas d’une façon massive ; et la carte des régions pro et anti-métropole n’a que très peu bougé depuis la date des premiers accords en 1988. Un autre scrutin devenu incontestable en 2020 en raison du "faible" écart entre les opposants, puis peut-être encore un autre en 2022, vont plonger ce territoire dans un attentisme économique dont il aurait bien aimé se passer. Deux ou quatre ans, c’est peu pour faire basculer une majorité, mais suffisant pour faire tourner une économie au ralenti.
Ces résultats n’ont pas manqué de faire réagir le Tavini Huiraatira qui n’a pu s’empêcher de faire un parallèle avec la Polynésie française. Après des démêlés avec la justice "coloniale" et un tour de l’île en mémoire du leader autonomiste Pouvana'a a Oopa enfin réhabilité par cette même justice, Oscar Temaru demande à ce qu’un tel référendum soit organisé. Le leader bleu l’a souvent martelé, tout comme Moetai Brotherson : un vote pour l’indépendance n’a rien de comparable avec un vote pour les territoriales ; il ne faut pas se fier aux résultats de l’un pour estimer l’autre. Le résultat calédonien lui a donné raison. Voilà qui ne manquera pas de lui donner encore plus d’ardeur sur les bancs de la 4e commission de l’ONU.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier