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Nouvelle-Calédonie : le mystère demeure autour de l’échouage de dauphins à Prony


Vendredi 23 Août 2019 - écrit par Agence France-Presse




Crédit photo : DR
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Des prélèvements ont été effectués, lundi dernier, sur l’un des neuf dauphins retrouvés morts, dimanche, en baie de Prony. Si les résultats se font encore attendre, la province exclut d’emblée l’hypothèse d’une pollution industrielle. Une foule de questions et peu de réponses au lendemain de l’échouage massif de dauphins en baie de Prony, où, sur les onze mammifères retrouvés, seuls deux ont pu être sauvés par des plaisanciers. Un phénomène assez rare et d’autant plus inattendu que l’espèce en question – du genre stenella – ne vit habituellement pas dans le lagon. Les parts d’ombre ne manquent pas dans cette affaire, en particulier en raison de l’aspect de l’un des cétacés, recouvert de cloques. "La majorité paraissaient quand même en bon état, assure la scientifique, qui liste certaines hypothèses. Un échouage en masse n’est pas naturel. Cela est parfois dû à un problème de santé ou à un traumatisme au niveau des oreilles qui entraîne une perte de repères. Chez des espèces très sociales, cela peut se produire lorsque le leader est malade et que les autres suivent. Par exemple, lors de l’échouage de baleines en baie de Prony en 2013, les analyses avaient révélé la présence d’un morbillivirus, qui en était responsable."
C’est pourquoi la province Sud a ordonné la nécropsie (comprenez l’autopsie) du dauphin présentant des cloques dans une clinique vétérinaire du Mont-Dore et la conservation de deux dauphins juvéniles à l’Aquarium des lagons en vue d’analyses complémentaires, si besoin. Mais d’ores et déjà, la Maison bleue "exclut" l’hypothèse d’une pollution industrielle dans le lagon. "Si cela avait été le cas, pourquoi seulement cette espèce de dauphins aurait-elle été touchée ? Car aucune mortalité chez d’autres poissons ou crustacés n’a été observée, insiste Karine Lambert.

Source : Les Nouvelles Calédoniennes

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Bienvenue en Macronésie !

Bienvenue en Macronésie !
Après une pause politique d’une année, 2020 ne manquera pas de piquant, avec les élections municipales en mars et, sur un autre plan, la venue du président de la République Emmanuel Macron, en avril.
La bataille des tāvana est engagée, elle s’annonce âpre, tant le gain des communes est un marchepied incontournable pour atteindre la Présidence. Ces élections se résumeront, comme toutes les précédentes, à une confrontation bipolaire. Certains partis et candidats ont déjà tenté l’aventure en proposant une troisième voie, mais elle n’a jamais trouvé ses électeurs. Gaston Flosse et ses Orange l’ont bien compris et savent qu’en face du Tapura et du Tavini, les chances de prendre et même de conserver les mairies sont vouées à l’échec. Le Vieux Lion a dû se résoudre à proposer une alliance au Tavini, qui ne l’accepte qu’au cas par cas, malgré les annonces d’un Gaston Flosse transformé, ces dernières semaines, en VRP. Voilà qui ressemble fortement à un dernier baroud d’honneur.
Fort de sa croissance économique et politique – les deux allant souvent de pair – le Tapura d’Édouard Fritch paraît inébranlable et peut se concentrer sur la venue présidentielle. Cette dernière, dans le contexte de crise actuelle, ne devrait pas ressembler à celle de François Mitterrand (en 1990), qu’a récemment décriée René Dosière, président de l’Observatoire de l’éthique publique : "Il avait fait un voyage en Polynésie avec 420 personnes,
deux Concorde et un autre avion... On avait refait la piste de Tahiti pour que le Concorde puisse atterrir."
"Bienvenue en Macronésie" pourrait être le message d'accueil adressé au président de la République, tant le gouvernement Fritch lui fait allégeance, au détriment de ses propres parlementaires.
À chaque visite présidentielle, son lot d’annonces et de demandes plus ou moins convenues. Le président Macron devrait revenir sur ses propos d’octobre dernier, tenus à la Réunion : "Les territoires d’Outre-mer français peuvent devenir de véritables hubs numériques. Hub numérique, c’est le souhait de la Polynésie française, que nous soutenons et encourageons." Il sera question de développement économique, de soutien de l’État, du "Centre de mémoire" sur le nucléaire et peut-être même d’une proposition d’inscription à l’ONU pour le ’ori tahiti… La nomination à confirmer du site de Teahupoo pour les compétitions de surf de Paris 2024 ne manquera pas d’être évoquée, alors même qu’elle a été accueillie avec une tiède acrimonie par des internautes métropolitains.
Le président Macron aime répéter à l’envi son "J’entends", les Polynésiens espèrent être entendus et, surtout, compris. Quand certains attendent des excuses pour les expérimentations nucléaires, de meilleures indemnisations, d’autres souhaitent des réponses à des questions tout aussi sensibles, dont nous dressons une liste non exhaustive, soufflées par l’historien Jean-Marc Regnault :
- Diriez-vous, M. le Président, que la France a une part d’Océanie en elle, comme vous aviez dit que la France a une part d’Afrique en elle ? (À cause du mythe des îles heureuses, à cause des guerres mondiales, à cause des essais qui ont permis à la France de devenir une puissance mondiale...)
- Quel est votre degré de reconnaissance du fait nucléaire ? Et, bien sûr, quel devrait être le degré de reconnaissance de la Nation ?
- Vous avez considéré que la colonisation était une faute. Pensez-vous que la France a suffisamment décolonisé la Polynésie ?
- Le président Fritch a dit, récemment, qu’il n’aimerait pas avoir à choisir bientôt entre l’Indo-Pacifique et les Routes de la soie. Ne croyez-vous pas que la géostratégie que vous proposez risque de remettre en cause l’autonomie qui, depuis quelques années, accordait de plus en plus de compétences en matière de relations extérieures ?
- À votre sens, la Polynésie française est-elle suffisamment intégrée dans son environnement océanien ? L’État ne devrait-il pas demander à ses collectivités d’Océanie d’accorder beaucoup plus d’importance à l’enseignement de l’histoire et de la géographie locales et régionales ? Et de récompenser cet enseignement par des diplômes qui intégreraient ces notions ? En la matière, actuellement, l’Inspection générale fait preuve d’un jacobinisme rétrograde...

Selon les réponses à ces questions, la visite permettra – ou pas – de refermer certaines blessures bien vivaces, même après
vingt-quatre ans d’abstinence nucléaire.

Ensemble, faisons bouger les lignes !
Bonne lecture, te aroha ia rahi.
La rédaction

Tahiti Pacifique