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Nouvelle-Calédonie : un jeune poignardé à mort en un suspect arrêté


Vendredi 23 Août 2019 - écrit par Agence France-Presse




Crédit photo : DR
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Joanny Nahiet est décédé après avoir reçu au moins un coup de couteau sur le parking de la station-service Lomel, à Banutr, lundi après-midi. L’auteur présumé a été interpellé par les gendarmes. D’après les premières informations recueillies, le jeune homme "a été touché par un seul coup de couteau au thorax", rapporte une témoin. Grièvement blessé, Joanny Nahiet a été rapidement secouru par un homme qui a assisté à la scène. "Il a essayé de le soigner. Il l’a vite emmené au dispensaire", raconte Marie-Ange, employée de la station-service. Mais il était trop tard. Le coup de couteau a été fatal à la victime et les médecins n’ont rien pu faire pour la sauver. "C’était quelqu’un qui venait souvent au magasin, il était gentil et ne posait pas de problème", confie l’employée de la station. Une autre personne témoigne qu’"il faisait quelques bêtises quand il était saoul, comme beaucoup de jeunes d’ici. On le voyait tout le temps aux fêtes. Ce n’était pas une mauvaise personne".
Lundi soir, il était impossible de connaître les raisons qui ont conduit le meurtrier à un tel passage à l’acte. "Il y a eu un accrochage, une dispute, mais on ne sait pas encore trop pourquoi il a sorti une arme. C’était un petit couteau", souffle Marie-Ange. D’après plusieurs témoins, l’auteur présumé du coup de couteau mortel serait originaire de la tribu de Mouli et aurait pris la fuite à pied après les faits. "Ce n’était pas un client très régulier mais on le connaissait un petit peu. Il était accompagné par d’autres personnes qui venaient de passer au magasin." Le suspect a été interpellé un peu plus tard et a été placé en garde à vue à la brigade de gendarmerie. Par ailleurs, les militaires se sont rendus sur le parking de la station-service où les premières constatations ont pu être effectuées pour les besoins de l’enquête. Les enquêteurs ont désormais la tâche de faire toute la lumière sur ce drame qui endeuille Iaaï au lendemain du long week-end de l’Assomption.

* Le prénom a été modifié

Source : Les Nouvelles Calédoniennes

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Bienvenue en Macronésie !

Bienvenue en Macronésie !
Après une pause politique d’une année, 2020 ne manquera pas de piquant, avec les élections municipales en mars et, sur un autre plan, la venue du président de la République Emmanuel Macron, en avril.
La bataille des tāvana est engagée, elle s’annonce âpre, tant le gain des communes est un marchepied incontournable pour atteindre la Présidence. Ces élections se résumeront, comme toutes les précédentes, à une confrontation bipolaire. Certains partis et candidats ont déjà tenté l’aventure en proposant une troisième voie, mais elle n’a jamais trouvé ses électeurs. Gaston Flosse et ses Orange l’ont bien compris et savent qu’en face du Tapura et du Tavini, les chances de prendre et même de conserver les mairies sont vouées à l’échec. Le Vieux Lion a dû se résoudre à proposer une alliance au Tavini, qui ne l’accepte qu’au cas par cas, malgré les annonces d’un Gaston Flosse transformé, ces dernières semaines, en VRP. Voilà qui ressemble fortement à un dernier baroud d’honneur.
Fort de sa croissance économique et politique – les deux allant souvent de pair – le Tapura d’Édouard Fritch paraît inébranlable et peut se concentrer sur la venue présidentielle. Cette dernière, dans le contexte de crise actuelle, ne devrait pas ressembler à celle de François Mitterrand (en 1990), qu’a récemment décriée René Dosière, président de l’Observatoire de l’éthique publique : "Il avait fait un voyage en Polynésie avec 420 personnes,
deux Concorde et un autre avion... On avait refait la piste de Tahiti pour que le Concorde puisse atterrir."
"Bienvenue en Macronésie" pourrait être le message d'accueil adressé au président de la République, tant le gouvernement Fritch lui fait allégeance, au détriment de ses propres parlementaires.
À chaque visite présidentielle, son lot d’annonces et de demandes plus ou moins convenues. Le président Macron devrait revenir sur ses propos d’octobre dernier, tenus à la Réunion : "Les territoires d’Outre-mer français peuvent devenir de véritables hubs numériques. Hub numérique, c’est le souhait de la Polynésie française, que nous soutenons et encourageons." Il sera question de développement économique, de soutien de l’État, du "Centre de mémoire" sur le nucléaire et peut-être même d’une proposition d’inscription à l’ONU pour le ’ori tahiti… La nomination à confirmer du site de Teahupoo pour les compétitions de surf de Paris 2024 ne manquera pas d’être évoquée, alors même qu’elle a été accueillie avec une tiède acrimonie par des internautes métropolitains.
Le président Macron aime répéter à l’envi son "J’entends", les Polynésiens espèrent être entendus et, surtout, compris. Quand certains attendent des excuses pour les expérimentations nucléaires, de meilleures indemnisations, d’autres souhaitent des réponses à des questions tout aussi sensibles, dont nous dressons une liste non exhaustive, soufflées par l’historien Jean-Marc Regnault :
- Diriez-vous, M. le Président, que la France a une part d’Océanie en elle, comme vous aviez dit que la France a une part d’Afrique en elle ? (À cause du mythe des îles heureuses, à cause des guerres mondiales, à cause des essais qui ont permis à la France de devenir une puissance mondiale...)
- Quel est votre degré de reconnaissance du fait nucléaire ? Et, bien sûr, quel devrait être le degré de reconnaissance de la Nation ?
- Vous avez considéré que la colonisation était une faute. Pensez-vous que la France a suffisamment décolonisé la Polynésie ?
- Le président Fritch a dit, récemment, qu’il n’aimerait pas avoir à choisir bientôt entre l’Indo-Pacifique et les Routes de la soie. Ne croyez-vous pas que la géostratégie que vous proposez risque de remettre en cause l’autonomie qui, depuis quelques années, accordait de plus en plus de compétences en matière de relations extérieures ?
- À votre sens, la Polynésie française est-elle suffisamment intégrée dans son environnement océanien ? L’État ne devrait-il pas demander à ses collectivités d’Océanie d’accorder beaucoup plus d’importance à l’enseignement de l’histoire et de la géographie locales et régionales ? Et de récompenser cet enseignement par des diplômes qui intégreraient ces notions ? En la matière, actuellement, l’Inspection générale fait preuve d’un jacobinisme rétrograde...

Selon les réponses à ces questions, la visite permettra – ou pas – de refermer certaines blessures bien vivaces, même après
vingt-quatre ans d’abstinence nucléaire.

Ensemble, faisons bouger les lignes !
Bonne lecture, te aroha ia rahi.
La rédaction

Tahiti Pacifique