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On vote en Océanie


Vendredi 23 Octobre 2020 - écrit par Jean-Marc Regnault


Plusieurs scrutins se déroulent actuellement dans la région. On pourra considérer qu’ils n’ont pas grand-chose en commun. Erreur. Les dirigeants de la région se connaissent et échangent de mieux en mieux. Les électeurs ont des préoccupations qui se rejoignent souvent. Les évolutions d’un État ou d’un territoire ne manquent pas d’avoir des retentissements sur les uns et les autres.



 L’indépendance, c’est aussi la question à laquelle sont confrontés les électeurs de Nouvelle-Calédonie, soit avec envie, soit avec angoisse. Crédit photo : Julien Sartre
 L’indépendance, c’est aussi la question à laquelle sont confrontés les électeurs de Nouvelle-Calédonie, soit avec envie, soit avec angoisse. Crédit photo : Julien Sartre
L’’île de Bougainville fait partie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG), mais aurait pu aussi – après les décolonisations – être rattachée aux Salomon. L’exploitation forcenée du cuivre de la mine de Panguna, dont les profits échappaient aux habitants, a provoqué des soulèvements armés réclamant l’indépendance (la mine fut fermée en 1989). Une guérilla dura neuf ans (jusqu’au cessez-le-feu de 1997) et fit au moins 20 000 morts. La paix resta fragile, mais le gouvernement de PNG finit par accorder un statut d’autonomie à l’île. Celle-ci fut longtemps considérée comme l’un des endroits les plus dangereux du monde. Cependant, le processus d’émancipation était à l’œuvre. Un référendum sur l’indépendance (résultats connus le 11 décembre 2019) apporta des résultats incontestables : 98 % de bulletins en faveur de la séparation d’avec la PNG. Si le gouvernement de cette dernière est décidé à respecter le vote, il souhaite aussi contrôler la mise en œuvre de l’indépendance, en raison des idées que cela pourrait donner aux nombreuses régions du pays qui ont aussi des velléités d’autonomie. Le 23 septembre dernier, un ancien chef rebelle, Ishmael Toroama, a été élu président de l’île. Bien conscient des difficultés, il a déclaré : “Je ne vais pas précipiter l’indépendance, mais je vais voir les pouvoirs que nous pouvons obtenir du gouvernement de la PNG.”...


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“Champions du monde” de Covid : on dit merci qui ?

Après notre titre de "champions d’Outre-mer" lorsque le fenua a réussi l’exploit, le mois dernier, d’être la seule collectivité ultramarine à se voir imposer un couvre-feu, voilà que nous prenons du galon en montant sur la première marche du podium des pays qui enregistrent le taux d’incidence le plus élevé de la planète. Si, si, avec 1 603 cas pour 100 000 habitants (du 29 octobre au 11 novembre 2020), nous sommes devenus "champions du monde" de coronavirus devant Andorre (1 378) et la République tchèque (1 330), selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies ! Le summum de l’aberration a été atteint la semaine dernière quand on a appris que les touristes hexagonaux étaient interdits de… Polynésie. Depuis le reconfinement de la Métropole, le motif dérogatoire touristique qui figure dans l’arrêté du haut-commissaire (en vigueur jusqu’au 16 décembre) n’est en effet plus considéré comme une raison valable. On pourrait croire à une mauvaise blague, mais non, c’est bien la triste réalité.
Nous qui étions “Covid-Free” et misions tout sur le tourisme extérieur pour sauver l’économie locale, on peut dire que c’est ballot ! À vouloir courir plusieurs lièvres à la fois, changer de stratégie et ne pas mettre des contrôles sanitaires stricts lors de la réouverture de nos frontières, les autorités ont perdu sur tous les tableaux et font sombrer notre économie… Les petits commerces mettent la clé sous la porte les uns après les autres, de même que certaines pensions. Par ailleurs, la décision de fermer les salles de sport a suscité l’incompréhension de nombre d’entre nous qui crient à l’incohérence, alors que les lycéens s’entassent dans les classes. Pourquoi ne pas avoir pris des mesures adaptées, comme c’est le cas dans d’autres secteurs ? Surtout que le profil des personnes hospitalisées est une majorité de patients obèses, diabétiques et hypertendus. Le Covid tue les personnes en mauvaise santé, et on empêche les gens de faire du sport et de renforcer leur immunité… C’est d’autant plus aberrant chez nous, avec une partie de la population dite “à risques”. C’est le serpent qui se mord la queue !
Pendant ce temps, le Bureau de veille sanitaire (BVS), en sous-effectif, est quasiment injoignable, tellement il est débordé. Il n’y a aucun contrôle des cas positifs et encore moins de suivi des cas contacts. En changeant de protocole sans réaliser de vraie communication, les autorités ont réussi à embrouiller l’esprit des citoyens, qui ne savent même plus s’ils doivent aller travailler ou rester chez eux lorsqu’ils sont cas contacts. Et on se demande encore comment on a du mal à limiter la propagation du virus ? Nos dirigeants, ici et en Métropole, répètent assumer entièrement leurs responsabilités, mais tous ces morts doivent commencer à devenir pesants !
Si on ne peut plus voir ses amis, ni assister à un événement culturel, ou même faire du sport, il nous reste une seule solution pour éviter la sinistrose : en profiter pour retrouver les plaisirs des sens, les plaisirs de la Vie… Alors, on dit merci qui ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT