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Papouasie-Nouvelle-Guinée : au moins 24 morts dans des affrontements tribaux


Jeudi 11 Juillet 2019 - écrit par Agence France-Presse




Au moins 24 personnes ont été tuées, dont des enfants et des femmes enceintes, dans un accès de violences tribales survenues au cœur d'une zone de non droit de Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Premier ministre promettant, mercredi dernier, de rendre rapidement justice aux victimes.
D'après les autorités locales, les meurtres ont été perpétrés sur trois jours dans la province de Hela, région escarpée de l'ouest du pays, par des tribus rivales qui se disputent apparemment le contrôle de l'or enfoui dans ces terres riches en matières premières. Les tribus des Hautes-Terres se livrent bataille depuis des siècles, mais les affrontements sont devenus plus meurtriers avec l'afflux d'armes automatiques. L'administrateur de la province de Hela, William Bando, a dit redouter un bilan supérieur.
"Nous attendons toujours les informations du jour de nos responsables sur place", a précisé à l'AFP M. Bando, qui demande des renforts de 100 policiers pour épauler une quarantaine d'hommes sur le terrain. Ces violences ont choqué dans ce pays pauvre du Pacifique, y compris le nouveau Premier ministre, James Marape, dont la circonscription électorale comprend le district où elles se sont produites. Il a annoncé l'envoi de forces de sécurité supplémentaires et prévenu les auteurs que leur temps était "compté".
"C'est un des jours les plus tristes de ma vie", a-t-il écrit dans un communiqué, déplorant de nombreux meurtres de femmes et enfants à Karida et Munima, des villages de sa circonscription. À Karida,
six femmes, huit enfants ainsi que deux femmes enceintes ont été tués à coups de machette et par armes à feu en 30 minutes de tuerie. Pills Kolo, un employé des services de santé qui a publié sur les réseaux sociaux des images de dépouilles enveloppées dans des filets anti-moustiques en guise de sacs mortuaires, a déclaré qu'il était difficile de reconnaître certains morceaux de corps.

Source : Agence France-Presse


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Confiture et déconfitures…

Confiture et déconfitures…
Le landerneau polynésien a été agité ces dernières semaines. D'abord, on a appris que l'affaire JPK faisait de nouveaux remous et remontait à la surface plus de 21 ans après la disparition de Jean-Pascal Couraud, avec la garde à vue, puis la mise en examen pour "meurtre" de l'ex-compagne et de l'ami du journaliste, Miri Tatarata et Francis Stein, respectivement directrice de l'Environnement et directeur adjoint du Service de la culture et du patrimoine. L'occasion pour Tahiti Pacifique de se replonger dans ses archives et de rappeler comment la politique peut peser sur la justice (lire page 38). C'est valable encore aujourd'hui avec, comme piqûre de rappel, ce nouvel épisode dans l'affaire Te Maru Ata, où des propriétaires "irréductibles" font face depuis plus de vingt ans à l'obstination du promoteur du lotissement, Bill Ravel (lire page 16), qui a bénéficié à plusieurs reprises du soutien politique de Jean-Christophe Bouissou, ministre du Logement et de l’Aménagement du territoire, en charge des Transports interinsulaires maritimes et aériens, et porte-parole du gouvernement. Tous deux sont sous le coup d'une mise en examen pour "soupçons de corruption" aux côtés d'Emmanuel Sztejnberg-Martin, ancien responsable de la communication du haut-commissariat.
La même semaine, celle où l'on a célébré l'autonomie du Pays, une salve de condamnations et de mises en examen a ébranlé le fenua. Notre ex-président, Gaston Flosse, et notre actuel président, Édouard Fritch, ont été condamnés dans l'affaire de la citerne d'Erima : le premier a écopé de 2 ans de prison avec sursis, 10 millions de Fcfp d’amende et 3 ans d’inéligibilité ; quant au second, il lui est réclamé 5 millions de Fcfp d’amende et 46,3 millions de Fcfp de dommages et intérêts. Les deux hommes, ancien et actuel maires de Pirae, ont été accusés de "détournement de fonds publics" pour avoir fait supporter aux administrés de Pirae l’adduction en eau au domicile de Gaston Flosse, à Arue, depuis 1989. Ils ont décidé de faire appel de ces décisions. Dans la foulée, trois chefs de service locaux ont été mis en examen : deux pour meurtre (cités plus haut) et un pour proxénétisme de mineurs de moins de 15 ans (il sera jugé en comparution immédiate le 18 juillet, aux côtés de deux chefs d'entreprise et d'un pharmacien). Peu de temps auparavant, le maire de Papara et représentant à l'assemblée de la Polynésie française, Putai Taae, a été, lui aussi, condamné pour "prise illégale d'intérêts et recel d'abus de confiance" pour avoir versé des subventions à l’association Ia Ora Papara, dont il était le président d’honneur. L'affaire Haddad-Flosse, elle, a été renvoyée en septembre, pour la quatrième fois en quinze mois.
Au vu du nombre d'hommes politiques ou de responsables corrompus à Tahiti et dans les îles, on devrait lancer un concours : celui qui trempe le mieux le doigt dans la confiture ! D'ailleurs, souvent, ce n'est plus le doigt, mais le bras entier qui plonge dans le pot… Par contre, côté projets, le gouvernement collectionne les déconfitures, à l'instar du Village tahitien. Ainsi, malgré deux reports de date (le 22 mars et le 6 mai 2019), les investisseurs maoris et le Samoan Frederick Grey n'ont pas concrétisé leur offre. Le groupement Kaitiaki Tagaloa avait pourtant été déclaré lauréat le 13 avril 2018 des six lots d’hébergements touristiques de l'appel à projets sur les seize lots que constitue le projet global et avait signé le 17 août suivant le protocole d’engagement avec TNAD. Le délai ayant expiré, deux prolongations de 45 jours leur ont été accordées jusqu'à la date butoir du 30 juin dernier. Désormais, on attend le plan B de  la Vice-présidence, en charge de la supervision de ce grand projet d'investissement, qui a déjà coûté la bagatelle de 700 millions de Fcfp de frais d'études. On guette aussi des nouvelles de la ferme aquacole de Hao, dont on a fêté, le 6 mai dernier, le quatrième anniversaire de la première pierre inaugurale…

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt