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Réforme de la Protection sociale généralisée : le grand coup d’accélérateur


Vendredi 17 Novembre 2017 - écrit par Luc Ollivier


À la réclamer depuis des mois, personne ne pourra plus maintenant reprocher au gouvernement d’Édouard Fritch de ne pas avoir enfin levé le voile sur ses intentions de réforme de la Protection sociale généralisée.



L’intersyndicale ne veut pas entendre parler de changement d’âge de départ à la retraite. crédit photo : Luc Ollivier
Priorité du gouvernement annoncée fin 2015, il aura donc fallu deux ans après des Ateliers et des Assisses pour accoucher d’un projet de loi du Pays qui devra passer par le CESC et l’assemblée avant d’être adopté. Quant à l’adhésion des syndicats des salariés et du patronat, conviés lundi dernier à la Présidence pour découvrir la teneur de la réforme, rien n’est encore gagné, eux qui devaient se rencontrer hier dans les bureaux du Medef.
"Suivant ce qu’ils vont nous annoncer notamment sur le retraite, nous sommes susceptibles de quitter très rapidement la réunion", nous confiaient deux leaders syndicaux avant que la réunion de travail longue de plus de deux heures ne s’achève. Ce ne sont finalement pas les syndicats de salariés qui ont quitté la salle de réunion mais le SDIRAF, syndicat représentant les retraités, avec à sa tête un Émile Vernier très remonté envers des syndicats qui s’opposent selon lui à tout projet de réforme ; qualifiant même cette attitude de politique à quelques mois des élections territoriales.
Les grandes réformes annoncées portent sur la retraite que le gouvernement souhaite voir passer à 62 ans d’ici 2020 après une année intermédiaire à 61 ans en 2019 quand le nombre d’années de cotisation passera de 35 à 38 ans. Cet âge de départ à la retraite est le principal point d’achoppement avec les syndicats de salariés qui ont depuis longtemps menacé de descendre dans la rue (voir encadré sur les déclarations recueillies la semaine dernière).
Pour une application au 1er janvier 2019 de toutes ces mesures, le calendrier presse. Après des mois où la concertation était mise de côté pour travailler sur les textes, voilà qu’il est urgent de mettre tout le monde autour de la table pour arriver à un consensus ou du moins expliquer les raisons de ces changements. Il faudra que d’ici la fin de l’année tout ait été déposé, validé, voté. Six semaines pour faire passer une telle réforme, c’est un véritable coup de force qui risque de se heurter aux syndicats qui, à la sortie de cette réunion, ne cachaient pas leur déception à l’image de Cyril Legayic de CSIP : "Nous ne sommes pas du tout satisfaits parce que les propositions faites ne retiennent pas du tout celles qui avait été faites par l’intersyndicale en 2015 et en 2016. En ce qui concerne l’assurance...

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La faute aux territoriales

Que ne ferait-on pas au nom des élections territoriales ? La vie et parfois la survie des hommes politiques dépendent de ces élections plus que de n’importe quelles autres. L’actualité récente est venue rappeler toutes les magouilles, arrangements, et autres mensonges qu’elles peuvent drainer.
Ainsi, l’affaire incriminant le groupe OPT cité à comparaître pour tromperie en raison du débit Internet dans les archipels qui ne correspondait pas à l’offre. L’audience a été renvoyée au 28 août 2018 à la demande des avocats de la défense, soit après le rendez-vous électoral. Déjà, fin 2012, au moment du lancement de cette offre commerciale pour laquelle l’OPT et Mana (aujourd’hui Vini) connaissaient les limites techniques, le rendez-vous des territoriales de 2013 était plus que sous-jacent, comme Tahiti Pacifique (10 juin 2016) le révélait au travers des propos tenus par un cadre de l’OPT : "Les considérations derrière ce choix étaient plus politiques qu’économiques."
À quelques mois de la grand-messe politique locale, le Pays se crispe sur le rendez-vous du mois d’avril. Olivier Kressmann, président du Medef, le déclarait dans nos colonnes en septembre dernier : "Nous sentons un ralentissement dû aux prochaines élections, preuve que la politique est un frein et en l’occurrence à un moment où il ne le faut surtout pas."
Une crispation pas seulement économique, en dépit des annonces et des forums de tous ordres qui se suivent, une façon de dire : on s’occupe de vous. La réforme de la PSG2 peut-elle souffrir encore plus longtemps d’annonces restructurantes ? Seul le gouvernement semble le croire, lui qui procède actuellement par petites touches pour ne pas se heurter à une levée de boucliers. Ces élections, rendez-vous entre autonomistes et indépendantistes, vont nous livrer une campagne particulièrement dure où l’on risque de vivre des tensions comme jamais auparavant. L’intervention du conseiller indépendantiste Tony Géros à l’assemblée territoriale la semaine dernière nous en donne un avant-goût. Sa question à la ministre du Tourisme, Nicole Bouteau, concernant les mesures à prendre au sujet des "backpackers" de métropole et d’Europe susceptibles de rester sur le territoire après avoir voyagé avec la compagnie low-cost ou smart-cost (c’est selon) French blue, a pris des relents xénophobes auxquels la ministre a répondu avec beaucoup d’à-propos. Il fallait le souligner !
À quand le prochain coup bas ?
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier