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Armes nucléaires : La France investira 27,85 milliards d’euros entre 2021 et 2025

Armes nucléaires : La France investira 27,85 milliards d’euros entre 2021 et 2025
Selon les auteurs du rapport “Complicit : 2020 Global Nuclear Weapons Spending, publié par ICAN (Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires), ce sont plus de 60 milliards d’euros qui ont été dépensés pour les arsenaux nucléaires en 2020, ce qui équivaut à plus de 113 000 euros (environ 13,5 millions de Fcfp) par minute. Le document liste également certaines des entreprises (Safran, Airbus, Boeing…) qui fabriquent des systèmes d’armes nucléaires et des centres de recherche (IFRI, FRS, Brooking institution…) qui animent des réseaux en faveur de la dissuasion nucléaire. ”Ces différents acteurs tirent, eux aussi, de nets profits financiers de leur participation à la course aux armements“, commente ICAN dans un communiqué.
Et de détailler : ”En 2020, la France a ainsi dépensé plus de 8 969 euros (environ 1,1 million de Fcfp) par minute pour son arsenal nucléaire, soit 500 euros de plus que sur l’année 2019. C’est autant d’argent qui n’a pas été consacré à la santé ou à l’éducation de ses citoyens. Le budget officiel est annoncé à 4,7 milliards d’euros (environ 564 milliards de Fcfp) pour l’année 2020”. Le communiqué précise en outre : “Ce montant ne contient pas les salaires des personnels militaires affectés aux armes nucléaires. Certains coûts additionnels ne sont pas, non plus, pris en compte, tels ceux associés au Rafale ou à la gestion des déchets nucléaires militaires. Et la facture va continuer de s’alourdir, entre 2021 et 2025, puisque la France consacrera, selon la Loi de programmation militaire (LPM), la somme de 27,85 milliards d’euros à la dissuasion nucléaire et au renouvellement complet des deux composantes”.

D. S.






Comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ?

Après avoir reçu une gifle par un jeune habitant de la Drôme au cri d’un slogan royaliste “Montjoie ! Saint-Denis !” et “À bas la Macronie”, comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ? Que lui réservent les Polynésiens lors de sa venue probable du 25 au 28 juillet : un collier de fleurs ou le balai nī’au ? Toutes les associations de défense des victimes des essais nucléaires (hormis l’association Tamarii Moruroa), ainsi que l’Église protestante mā’ohi ont refusé de participer à la Table ronde organisée les 1er et 2 juillet, à Paris. En outre, des manifestations d’envergure sont prévues à Tahiti, les 2 et 17 juillet, respectivement aux dates anniversaires des tirs atomiques en 1966 et 1974. Le récent passage de “Sébaston”, ministre des “colonies françaises” (euh… des Outre-mer), censé préparer le terrain pour le Président, n’aura pas vraiment réussi à calmer les esprits. Aussi, il se murmure dans les couloirs de Radio cocotier que “Manu 1er” aurait demandé à notre champion Henri Burns de l’initier à la boxe…

À l’heure où nous mettions sous presse, nous ne connaissions pas encore les conclusions de cette Table ronde de “haut niveau”. Nous espérons tous que les discussions ne tourneront pas en rond et que la délégation polynésienne emmenée par “Doudou” saura aller droit au but. Éprise de “vérité et justice”, Moruroa e tatou a regretté que la proposition de loi du député Moetai Brotherson “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” ait été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée par la majorité présidentielle. “Vous vous rendez compte, seuls 80 députés présents sur 577 que compte l’Assemblée nationale ont voté. C’est une insulte à ce pays. C’est une insulte à ce peuple qui a souffert, à ceux qui nous ont précédés et à ceux qui vont nous succéder”, a considéré Hirohiti Tefaarere, le président de l’association. Tout cela n’est pas de très bon augure, mais rien n’est encore fait, et le séjour du chef de l’État pourrait réserver son lot de surprises et d’annonces.

Macron sera le sixième président de la République française en visite en Polynésie (voir notre rétrospective pages 16 à 27). Lorsque François Hollande était venu en 2016, notre rédaction l’avait interpellé sur notre titre de couverture : “Elles sont où vos promesses, M. Hollande ?”. S’il avait fait part de sa “reconnaissance” et s’était engagé à des “réparations”, force est de constater que très peu de Polynésiens ont obtenu des indemnisations. Aujourd’hui, c’est un grand Pardon de Peretiteni qu’attend la population et, bien sûr, des actes concrets plutôt que des paroles en l’air. Si l’illustre poète polynésien Henri Hiro était encore parmi nous, il n’aurait pas manqué de l’interpeller avec ces mots : “Si tu étais venu chez nous, nous t’aurions accueilli à bras ouverts. Mais tu es venu ici chez toi, et on ne sait comment t’accueillir chez toi”… Alors, “Manu 1er” saura-t-il redescendre de son trône et écouter les Polynésiens pour mieux les comprendre, et enfin les entendre ? Nous l’espérons tous de tout cœur. En attendant, Tahiti Pacifique profite du mois de juillet pour faire sa trêve annuelle : rendez-vous donc en août !

Dominique SCHMITT