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DIXIT 2021 : top des entreprises locales

DIXIT 2021 : top des entreprises locales
Comme chaque année, le magazine annuel, qui est “une référence de l’économie polynésienne”, selon les éditions Créaprint, présente le tableau des 200 premières entreprises par chiffre d’affaires et des 200 premiers employeurs du Pays. Sans surprise, la compagnie aérienne Air Tahiti Nui est en tête de file du top 5 avec un chiffre d’affaires de 31,9 milliards de Fcfp en 2019 (mais une grosse turbulence est à prévoir pour 2020), tandis que EDT reste en 2e place (22,8 milliards de Fcfp), suivie de Onati (Ex-Vini SAS) qui explose avec 19,4 milliards de Fcfp, de Pacific Petroleum et Services (16,3 milliards de Fcfp) et enfin de la Brasserie de Tahiti (14,4 milliards de Fcfp).
Dans le classement par effectifs, les entreprises Louis Wane restent premiers employeurs de Polynésie, avec plus de 2 000 salariés en 2019. La Brasserie de Tahiti arrive juste après, avec plus de 1 000 salariés. Quant à Air Tahiti, elle conserve sa première place en tant qu’entreprise hors groupe.
Pour cette 29e édition du Dixit, crise du Covid-19 oblige, les articles sont dédiés aux temps forts et aux mutations en cours de notre économie et s’appuient sur 16 interviews qui offrent “une photographie de la situation”. La responsable de la rédaction, Dominique Morvan, aspire à ce que nous oublions vite “cette annus horribilis pour beaucoup d’entre nous”. Et de remarquer : “Ce kaléidoscope de témoignages décrit une société en état de choc, mais contrainte de se réinventer.”

(D.S.)






Archives militaires “déconfinées” et venue de Macron au fenua : “poisons” d’avril ?

Dans notre précédente édition spéciale consacrée au nucléaire (“Après l’intox… l’infox !, TPM n°451 du 26 mars 2021), nous nous réjouissions de l’annonce du président de la République française, le 9 mars dernier, d’ouvrir enfin les archives militaires pour la période précédant 1971, qui représentait une lueur d’espoir. Las, Patrice Bouveret, cofondateur et directeur de l’Observatoire des armements, interpellé par notre dossier, nous apporte cependant une précision de taille. Dans une tribune qu’il nous a consacrée (lire pages 6-7), il explique que la décision d’Emmanuel Macron d’autoriser l’accès aux archives ne peut pas concerner les documents sur les essais nucléaires sans que la loi de 2008 sur lesdites archives ne soit modifiée au préalable par le Parlement. Cela signifie que non seulement cela peut prendre pas mal de temps, mais, surtout, que ce n’est pas encore inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale…

En effet, cette loi sur les archives du 15 juillet 2008 contient un article qui rend incommunicables tous les documents sur les armes de destruction massive, donc sur le nucléaire, et cela vaut malheureusement aussi bien pour les 17 essais tirés au Sahara que les 193 autres expérimentés en Polynésie française ! L’accès aux documents classifiés est un difficile combat. Une longue action juridique, à l’initiative des associations Moruroa e tatou et l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires), a permis en 2013 la déclassification de quelques archives sur les essais en Polynésie et au Sahara. Archives qui ont d’ailleurs élargi la zone de résidence à toute la Polynésie pour les victimes souhaitant obtenir une indemnisation, et qui ont été à la base du travail pour la publication du livre Toxique.

Alors, “déconfiner” les archives militaires : est-ce bien là l’intention du président ? “Nous pouvons en douter, tranche Patrice Bouveret, car si la déclaration de l’Élysée évoque la nécessité « de renforcer la communicabilité des pièces », elle s’empresse de préciser que cela doit se faire « sans compromettre la sécurité et la défense nationales » L’argument massue toujours mis en avant depuis des décennies !” Personne ne demande la divulgation des secrets de fabrication de la bombe, mais tout le monde souhaite connaître les différentes mesures enregistrées sur les retombées radioactives des explosions afin de permettre aux victimes et aux ayants droit d’obtenir réparation et indemnisation. Nous voulons toute la vérité, rien que la vérité. Peut-être que l’hypothétique venue de Macron au fenua, invité pour la fin du mois d’août, sera l’occasion de mettre cartes sur table ? Mais rien n’est moins sûr quand on voit que l’État persiste et signe dans son attitude méprisante en cédant “gratuitement” à la Polynésie un terrain et des bâtiments infestés d’amiante et de plomb pour abriter un centre de mémoire des essais nucléaires !

Un cadeau empoisonné donc, pour un mémorial dont le contenu muséographique est entièrement géré par les hautes sphères parisiennes sans la consultation d’aucun Polynésien…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT