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GRAND PROJET - Village tahitien cherche foncier à tout prix…

GRAND PROJET - Village tahitien cherche foncier à tout prix…
Alors que les auditions des futurs investisseurs s’enchaînent, le Pays accélère les acquisitions foncières à prix d’or, faisant paradoxalement d’Outumaoro les terres les plus chères de Polynésie.

En août 2015, le gouvernement avait déclaré le projet du Mahana Beach comme d’utilité publique. Une procédure qui permet d’exproprier les quelques propriétaires privés concernés par ce qui était alors un projet "flosso-pharaonesque" et qui a connu quelques déboires. Entre les contentieux des uns et les résistances des autres, le projet ripoliné et rebaptisé Village tahitien a avancé par à-coups. Alors que le Pays étudie les offres des investisseurs locaux suite aux désistements des consortiums étrangers, la maîtrise foncière, encore incomplète, se fait désormais à coup de centaines de millions.
C’est en 2017 que le chéquier va être sorti une première fois. Le Pays, par le biais de TNAD (Tahiti Nui aménagement et développement), acquiert la première parcelle qui correspond à un terrain en bas de la RDO où sont commercialisés des véhicules d’occasion. La transaction se fait alors autour de 55 700 Fcfp le mètre carré pour une terre loin du lagon en bord de voie rapide. Début 2020, c’est une petite maison et son terrain de quelque 900 m2 qui sont acquis par Grands Projets de Polynésie pour installer les bureaux du futur chantier de l’autre côté de l’ancien hôtel Bel-Air. Une habitation vieillotte à désamianter qui, selon nos informations, a été récupérée à 60 800 Fcfp le mètre carré à la famille à l’origine de l’annulation de l’ordonnance d’expropriation. Des prix de référence et une inflation sur lesquels s’est probablement appuyée la cour d’appel de Papeete dans un arrêt du 4 juin dernier pour calculer l’indemnité d’autres propriétaires concernés par le Village tahitien, mais cette fois-ci du côté de la Marina Taina. La juridiction a ainsi considéré qu’il fallait indemniser les ayants-droit à hauteur de 65 500 Fcfp le mètre carré. Alors que la première pierre n’est pas encore posée, les prix de l’immobilier à Outumaoro flambent pour un projet dont l’utilité publique n’a pas été révisée depuis sa version Village tahitien. Avec près de 900 millions de Fcfp déjà versés pour une maîtrise foncière encore incomplète, les possibilités de retour en arrière s’avèrent désormais difficiles.





Bas les masques !

Bas les masques !
Le spectre de la grève générale qu’a laissé planer l’intersyndicale en début de mois aura eu le mérite de démasquer les autorités. Lors des négociations avec les organisations syndicales et patronales, le Pays et l’État ont dû s’expliquer, sans pouvoir, cette fois, se défiler ; et leurs discours n’ont cessé de changer à propos de leur gestion de la crise Covid, allant jusqu’à se contredire. Après avoir exigé le confinement général de la population et mis l’activité économique à l’arrêt, puis rouvert d’un coup nos frontières pour sauver le tourisme extérieur, on nous dit aujourd’hui que le virus circule et qu’il n’y a plus besoin de multiplier les tests, puisque sa propagation est trop importante. Reste donc à “attendre l’immunité collective et, bien sûr, le vaccin”, voilà le nouveau discours officiel, qui, en parallèle, répète à l’envi que la Polynésie a déployé “l’un des dispositifs de sécurité sanitaire les plus complets au monde (sic)”. Le nombre de cas confirmés liés au coronavirus a franchi la barre des 1 000, les premiers morts ont été annoncés, les foyers de contagion se répandent désormais dans les quartiers populaires, l’économie locale est exsangue et la crise sociale, bien réelle… Notre fenua est passé de Covid-free à free Covid… Tout ça pour ça !
Désormais, au bord du précipice, nul autre choix que de nous endetter davantage pour rebâtir la Polynésie de demain, avec le plan de relance “Cap 2025” concocté dans son coin par M. Rohfritsch, Vice-président et ministre de l’Économie et des finances. Un programme quinquennal, avec une échéance courte de cinq ans, qui semble pourtant trop ambitieux, de l’avis des spécialistes. Mais ce problème ne sera pas celui de Teva, mais celui de son successeur... ayant démissionné le lendemain pour sa course aux sénatoriales 2020 ! Doudou est perdu, et Dodo s’en remet à Macron qui, lui, s’étouffe derrière son masque. Au pays de l’oncle Sam, Donald n’est pas en reste, puisqu’il aurait sciemment minimisé l’épidémie, selon les révélations du journaliste américain Bob Woodward, pour “ne pas faire paniquer la population” et “donner la priorité à l’économie”. Ainsi font, font, font, les petites marionnettes. Ainsi font, font, font, trois p’tits tours et puis s’en vont…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT