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Îles Cook : un accord de pêche adopté avec l’Union européenne

L'accord de partenariat en matière de pêche durable entre l'Union européenne et les Îles Cook a été officiellement adopté le 18 novembre dernier.
Dans le cadre du partenariat, les îles Cook recevront près de 7 millions de dollars américains sur une période de quatre ans en échange de l'accès à quatre navires de pêche européens à senne tournante, des navires espagnols qui ciblent le thon listao migratoire. (Thon listao : nom poétique pour la bonite.)
L'accord comprend un protocole qui permet à ces navires de pêcher jusqu'à 7 000 tonnes par an – environ 156 jours de pêche, soit 12% du quota de 1250 jours de pêche alloué aux îles Cook par la Commission des pêches du Pacifique Sud.
Mais le 30 novembre, des représentants de la pêche de l'UE et de l'Espagne ont participé à une réunion organisée par le ministère des Ressources marines à Rarotonga. Les chefs traditionnels de l'île ont été mécontents : on ne le leur avait pas expliqué que ces bateaux étaient des senneurs. Leurs réactions ont été immédiates : "L'Union européenne doit se tenir à l'écart de nos eaux (...) Nous sommes déçus et nous avons fait savoir au ministre que le gouvernement nous a trompés et n'a aucun respect pour notre coutume."
Le secrétaire des Ressources marines, Ben Ponia, a précisé que l'accord avec l’UE prévoit également un soutien financier pour aider à développer l'industrie de la pêche locale.
Mais la déception est aussi du côté européen : un haut fonctionnaire de l'UE qui a assisté à la réunion estime que l'accord a été mal compris. "Nous avions l'impression qu'il y avait une sorte d'interprétation que notre flotte pouvait venir ici et pêcher indéfiniment toutes sortes de quantités que nous aurions pu trouver dans ces eaux, mais ce n'est pas le cas." Au lieu de cela, il affirme que la limite de capture de 7000 tonnes par an est basée sur les estimations scientifiques faites par la Commission des pêches du Pacifique occidental et central et les îles Cook de ce qui peut être pêché de façon durable : "Il faut vraiment tenir compte du fait que dans les pêcheries de l'ouest et du centre du Pacifique, les captures totales de thons en 2015 ont été de 2 687 000 tonnes et que nous parlons ici de 7 000 tonnes."

AdP - Source : RNZ




L’heure des présislatives

Ne cherchez pas dans le dictionnaire, je me suis fendu d’un néologisme pour ce titre ; une contraction de présidentielle et législatives. Des élections distantes de plusieurs semaines et qui, a priori, n’ont pas grand-chose en commun si ce n’est de donner une majorité à un président fraîchement élu.
En Polynésie française, plus que partout ailleurs sur le territoire de la République, ces deux scrutins sont fortement imbriqués, une spécificité locale comme nous avons le don de les cultiver. Demain, samedi 22 avril, nous serons parmi les premiers Français à déposer nos bulletins pour le premier tour de l’élection présidentielle. Dimanche matin, à l’heure du réveil, les Français de métropole, dans une journée avide de chiffres, apprendront sur qui les 204 000 Polynésiens appelés à voter auront porté leur préférence.
Viendra ensuite le temps de l’analyse. Les nombres de suffrages récoltés région par région, collectivité par collectivité s’additionneront pour délivrer les noms des deux finalistes pour le second tour du 7 mai (le 6 en Polynésie). La Polynésie française aura-t-elle voté majoritairement pour Macron, Fillon, Mélenchon, Le Pen ou pour l’un des sept autres candidats ? C’est ce qui retiendra l’attention des états-majors et de leurs représentants locaux. C’est ce qui positionnera notre territoire sur l’échiquier politique métropolitain. Mais quand certains seront focalisés sur ces résultats, d’autres en auront une seconde lecture. Derrière ces candidats à la présidentielle, des partis politiques locaux se sont positionnés et ne verront au travers des résultats qu’une projection pour les législatives du mois de juin (11 et 18). Seul ce premier tour de la présidentielle assure à chacun de se jauger par rapport aux autres partis puisque tous sont encore en lice. Deux des trois grands partis locaux ont décidé de soutenir un candidat, Marine Le Pen pour le Tahoeraa Huiraatira et François Fillon pour le Tapura Huiraatira. Et rien ne permet d’affirmer qu’on les retrouvera face à face au second tour. C’est donc demain que les projections pour les législatives commencent. La question de l’interprétation se pose aussi. Penser que tous les électeurs du Tahoeraa voteront Le Pen est un dangereux raccourci tout comme penser que tous ceux du Tapura voteront Fillon. En retour, tous ceux qui auront voté pour Le Pen ou Fillon ne voteront pas non plus systématiquement en juin pour les candidats du Tahoeraa ou du Tapura.
Pendant ce temps-là, le Tāvini Huiraatira, qui a misé sur l’abstentionnisme, comptera les non-votants, qui risquent d’être nombreux ; peut-être la moitié. Quelle part d’abstentionnisme relèvera des consignes du Tāvini ? Difficile à prédire pour le troisième grand acteur politique local.
Ça va cogiter fortement dans les états-majors dans les jours à venir.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier