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Une Polynésienne à la tête de Polynésie la 1ère

Crédit photo : Greg. Boissy
Stella Taaroamea a été nommée, le 1er mars, rédactrice en chef de Polynésie la 1ère. Une femme ET Polynésienne de surcroît : c’est une première pour la station de Pamatai ! Belle nouvelle et beau clin d’œil alors que l’on vient de célébrer la Journée internationale des droits des femmes. Entrée au sein de la rédaction en juin 1990, elle a été recrutée en 1991 en tant que journaliste bilingue (français-tahitien) et a exercé différentes responsabilités au sein des rédactions de Polynésie et de Malakoff (près de Paris). Ce nouveau poste récompense ainsi un long parcours de trente années dans la presse, après avoir eu notamment une expérience à la tête des programmes et de la rédaction TV.
Cette nomination est intervenue dans un contexte de concurrence accrue sur le Territoire obligeant à structurer une direction éditoriale, notamment par la nomination de collaborateurs expérimentés afin d’élargir l’offre de programmes TV, Radio et Numérique”, précise la direction de l’antenne. Outre les activités de responsable des programmes TV, Stella Taaroamea réalise des magazines de 26 minutes et présente une émission télévisée axée sur la santé, ainsi qu’une série de magazines sur la mer, dont le tournage est effectué dans les îles.
Déterminée, la vahine a désormais une mission principale : “Faire évoluer la chaîne et notamment l’INFO.” Et ce, “dans un esprit optimiste et d’équipe”, assure-t-elle.

Dominique Schmitt






Archives militaires “déconfinées” et venue de Macron au fenua : “poisons” d’avril ?

Dans notre précédente édition spéciale consacrée au nucléaire (“Après l’intox… l’infox !, TPM n°451 du 26 mars 2021), nous nous réjouissions de l’annonce du président de la République française, le 9 mars dernier, d’ouvrir enfin les archives militaires pour la période précédant 1971, qui représentait une lueur d’espoir. Las, Patrice Bouveret, cofondateur et directeur de l’Observatoire des armements, interpellé par notre dossier, nous apporte cependant une précision de taille. Dans une tribune qu’il nous a consacrée (lire pages 6-7), il explique que la décision d’Emmanuel Macron d’autoriser l’accès aux archives ne peut pas concerner les documents sur les essais nucléaires sans que la loi de 2008 sur lesdites archives ne soit modifiée au préalable par le Parlement. Cela signifie que non seulement cela peut prendre pas mal de temps, mais, surtout, que ce n’est pas encore inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale…

En effet, cette loi sur les archives du 15 juillet 2008 contient un article qui rend incommunicables tous les documents sur les armes de destruction massive, donc sur le nucléaire, et cela vaut malheureusement aussi bien pour les 17 essais tirés au Sahara que les 193 autres expérimentés en Polynésie française ! L’accès aux documents classifiés est un difficile combat. Une longue action juridique, à l’initiative des associations Moruroa e tatou et l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires), a permis en 2013 la déclassification de quelques archives sur les essais en Polynésie et au Sahara. Archives qui ont d’ailleurs élargi la zone de résidence à toute la Polynésie pour les victimes souhaitant obtenir une indemnisation, et qui ont été à la base du travail pour la publication du livre Toxique.

Alors, “déconfiner” les archives militaires : est-ce bien là l’intention du président ? “Nous pouvons en douter, tranche Patrice Bouveret, car si la déclaration de l’Élysée évoque la nécessité « de renforcer la communicabilité des pièces », elle s’empresse de préciser que cela doit se faire « sans compromettre la sécurité et la défense nationales » L’argument massue toujours mis en avant depuis des décennies !” Personne ne demande la divulgation des secrets de fabrication de la bombe, mais tout le monde souhaite connaître les différentes mesures enregistrées sur les retombées radioactives des explosions afin de permettre aux victimes et aux ayants droit d’obtenir réparation et indemnisation. Nous voulons toute la vérité, rien que la vérité. Peut-être que l’hypothétique venue de Macron au fenua, invité pour la fin du mois d’août, sera l’occasion de mettre cartes sur table ? Mais rien n’est moins sûr quand on voit que l’État persiste et signe dans son attitude méprisante en cédant “gratuitement” à la Polynésie un terrain et des bâtiments infestés d’amiante et de plomb pour abriter un centre de mémoire des essais nucléaires !

Un cadeau empoisonné donc, pour un mémorial dont le contenu muséographique est entièrement géré par les hautes sphères parisiennes sans la consultation d’aucun Polynésien…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT