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À quand un lycée maritime ?


Vendredi 17 Novembre 2017 - écrit par Luc Ollivier


Le territoire de la Polynésie française ne compte que 1 % de terres immergées et pourtant il n’abrite aucun établissement scolaire spécifiquement dédié à la mer, pour deux lycées agricoles ! L’Économie bleue a été présentée comme l’un des axes de développement du gouvernement au point de lui consacrer un éphémère ministère. Mais aucune politique structurée de formation n’existe si ce n’est au travers d’établissements disséminés sur Tahiti, qui ne répondent pas complètement aux attentes des professionnels. Il serait peut-être temps de penser à former des personnes en mesure d’exploiter au mieux notre principale richesse.



crédit photo : Luc Ollivier
crédit photo : Luc Ollivier
L’idée répandue que le Polynésien et la mer ne font qu’un n’est plus une évidence. Nous vivons entourés d’eau, mais nous sommes bien loin de savoir comment exploiter les richesses de l’océan, alors même que les mondes scientifique et économique s’accordent à dire que l’avenir de l’homme s’y trouve. On peut toujours parler d’économie maritime, mais ces beaux discours resteront toujours lettre morte tant que le politique n’aura pas décidé, avec les très nombreux professionnels de la pêche, du tourisme et de l’industrie, de mettre sur pied une véritable formation.
L’exploitation des ressources primaires en Polynésie française se concentre sur l’agriculture qui ne sort péniblement la tête de l’eau qu’à coups de subventions. La formation n’est pas remise en cause tant tous s’accordent à dire que celle dispensée dans les lycées existants est de qualité. Le problème tient au manque d’investissement du privé, au manque d’innovation, aux conditions climatiques, si bien que l’autosuffisance, même ciblée sur certains fruits et légumes, reste pour le moment une utopie. Le dernier rapport de la CTC sur l'agriculture vient en rappeler toutes les lacunes. Reste alors la mer, omniprésente, source de richesse exploitée par le tourisme, mais véritable friche pour les professionnels. En Polynésie, on pêche, dans le lagon et un peu au large, mais pas trop longtemps. Une activité ou parfois un métier qui tiennent plus de la subsistance que d’une industrie susceptible de peser dans les exportations.
L’océan offre une multitude de métiers scientifiques ou manuels qui pourraient intéresser la jeunesse polynésienne mal informée et trop pressée de se faire une place dans la fonction publique.
La création d’un lycée maritime ne serait-elle pas une partie de la réponse au manque de formation auquel la jeunesse est...

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"COVID-FREE" : ON SERRE LES FESSES !

La croisière n’amuse vraiment plus ! Alors que la Polynésie a fait le pari de rouvrir notre destination au tourisme international, il aura fallu seulement deux semaines pour qu’un premier cas de Covid-19 soit détecté au fenua, à bord du Paul Gauguin. Avant que la compagnie maritime ne soit informée de la présence d’une croisiériste américaine contaminée et ne décide de rentrer au port de Papeete, le navire a fait escale à Bora Bora où les passagers ont participé à des activités de loisirs, ce qui corse l’affaire et rend impossible la traçabilité exacte des personnes mises en contact. Depuis le 15 juillet, à grand renfort de slogan "Covid-Free", le Pays a décidé d’ouvrir les écoutilles, sans soumettre les visiteurs à une "quarantaine", et l’on peut sérieusement s’interroger sur la pertinence de miser sur le tourisme de masse, et notamment les paquebots où l’on vit à huis clos, quand les pays et territoires voisins du Pacifique ont choisi, eux, de s’isoler et de protéger leurs populations.
Force est de constater que le dispositif mis en place a des failles, même si l’on persiste à nous faire croire le contraire. C’est pourquoi le Pays et l’État ont annoncé l’instauration d’une troisième "barrière" de contrôle, pour les croisiéristes uniquement : en plus du test de moins de 72 heures avant l’embarquement vers la Polynésie et de l’auto-test au quatrième jour (sans oublier la fiche de suivi du voyage sur la plateforme Etis pour les visiteurs extérieurs), toute personne souhaitant monter à bord d’un navire devra effectuer un examen supplémentaire le jour-même, qui sera pris en charge par le gouvernement. En revanche, ni le haut-commissaire ni le président de la Polynésie ne songent à imposer un confinement à l’arrivée des touristes internationaux avant le résultat de leur auto-test au quatrième jour, "sinon ils ne viendraient pas"… De même, un dépistage à plus grande échelle pour la population n’est pas à l’ordre du jour. "On n’en a pas besoin parce que le virus ne circule pas", considère ainsi Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé.
Aujourd’hui, près de 15 000 emplois sont en effet menacés, essentiellement dans le secteur du tourisme, tandis que de plus en plus de fare tournent au café-pain-beurre. En outre, "le Pays n’a pas les moyens financiers nécessaires pour continuer à soutenir" le monde du travail "à moyen terme", a concédé Édouard Fritch, d’où l’emprunt de 28,6 milliards de Fcfp (la moitié de nos besoins financiers réels) à l’État français, amortissable sur vingt-cinq ans. Mais, pour pallier la crise économique, on n’a donc pas d’autre choix que de parier sur notre bonne étoile ? Serait-on en train de jouer à la roulette russe sous nos tropiques ? Surtout qu’un deuxième cas de coronavirus a été décelé, lundi soir, chez un personnel naviguant d’Air Tahiti Nui, à quelques jours de la rentrée scolaire… Les autorités essaient de nous rassurer, mais en réalité on croise tous les doigts et on serre les fesses ! Que faire d’autre ? Prier peut-être ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique SCHMITT