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Chères lectrices, chers lecteurs,



Encore une année de passée ensemble, que vous soyez abonnés à la version papier ou numérique, que vous achetiez le magazine chez votre marchand de journaux ou que ayez emprunté votre Tahiti Pacifique. Encore une année où vous avez pu vivre l’actualité de notre fenua et d’ailleurs, au travers d’un prisme qui, sans la déformer, en donne une lecture particulière. Notre rédaction s’est attachée à suivre l’actualité, parfois la devancer, avec un regard, une analyse, des opinions qu’on ne trouve nulle part ailleurs localement. Tahiti Pacifique participe à la richesse de l’information, à sa pluralité, alors même que cette information journalistique est souvent malmenée par celle véhiculée par les réseaux sociaux.
Différents, oui, nous le sommes et nous l’assumons, quitte à déplaire dans la sphère politique et parfois économique. Alors même que, au plan national, l’on ne cesse de claironner l’importance de la presse, sa diversité, symbole d’une véritable démocratie, il est plus difficile localement de se faire ouvrir les portes de l’information quand on se permet certaines critiques. Les beaux discours sur la liberté de la presse, sur la volonté de mieux communiquer ont fait long feu.
Mais qu’importe ! L’information peut se trouver par d’autres voies et beaucoup d’entre vous y contribuent, soyez-en remerciés. Les élections territoriales, la réforme des retraites, le référendum calédonien, la réhabilitation de Pouvana’a a Oopa… ont animé l’actualité. Nous avons suivi ces événements, comme nous suivrons pour la nouvelle année les grands chantiers annoncés ou, encore, les réformes prévues de la Protection sociale généralisée et du code du travail.

Pour cela, nous vous avons réservé une petite surprise, à compter de l’année prochaine, parce que nous avons décidé de voir plus grand ! Nous vous laissons le soin de la découvrir, dès le 11 janvier.

En attendant, toute la rédaction se joint à moi, journalistes, pigistes, collaboratrices et collaborateurs, pour vous souhaiter une très belle année 2019.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Jeudi 27 Décembre 2018 - écrit par Luc Ollivier


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Vendredi 31 Mai 2019 - 09:27 Un dernier pour la route


Luc Ollivier

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Nucléaire : souriez… vous êtes irradié !

Nucléaire : souriez… vous êtes irradié !
S’il est un sujet qui défraye la chronique en ce début de mois de juin, c’est bien la question explosive des refus d’indemnisations des victimes des essais nucléaires suite à l’amendement dit “Tetuanui”, tant décrié. Si la suppression du “risque négligeable” en 2017 avait été saluée par tous, la réintégration d’un “seuil minimum” ne passe pas… En effet, la modification de la loi Morin réalisée discrètement pendant les fêtes de fin d’année, le 28 décembre dernier, par un amendement inséré au projet de loi de finances 2019 reste en travers de beaucoup de gorges. Concrètement, cette recommandation de la commission “Égalité réelle outre-mer” (Erom), présidée par la sénatrice Lana Tetuanui, qui a été retenue par le gouvernement central puis validée par le Parlement, empêche désormais l’indemnisation des victimes ayant séjourné en Polynésie entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998, dès lors que le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) a établi que la dose annuelle de rayonnements ionisants reçue est inférieure à un milliSievert (mSv). 
Les conséquences sont tombées comme un couperet le 4 juin, lorsque le tribunal administratif a rendu douze jugements concernant des demandes d’indemnisation rejetées. Face à un contexte très tendu, le président du tribunal s’est même fendu d’un communiqué pour expliquer les décisions prises : deux requérants ont obtenu l’annulation de leurs affaires et un droit à l’indemnisation (la veuve d’un ancien employé du CEP décédé d’un cancer du poumon et un ancien militaire atteint d’un cancer de la vessie), mais les dix autres requêtes ont été balayées par la juridiction en raison du “seuil désormais fixé par la loi”.
Eliane Tevahitua, représentante Tavini Huira’atira à l’assemblée de la Polynésie française, n’a pas tardé à charger Lana Tetuanui en qualifiant l’amendement porté par l’élue du Tapura de “scélérat” . Elle a fustigé aussi le gouvernement : “Le Civen se fonde exclusivement sur le tableau dosimétrique de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), un EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial, ndlr) placé sous la tutelle du ministre de la Défense, qui, comme par hasard, ne trouve en Polynésie que des niveaux de radioactivité en deçà de 1 mSv après 1974. Monsieur le président, croyez-vous sincèrement qu’un pays comme le nôtre qui a reçu l’équivalent de 800 fois la bombe d’Hiroshima, puisse présenter des niveaux dosimétriques similaires à ceux d’un pays préservé de toute expérimentation nucléaire tel que la France ?”, posant ainsi une question orale au sein de l’hémicycle. S’en est suivi alors un crêpage de chignons, place Tarahoi, lorsque le porte-parole du président, Jean-Christophe Bouissou, a contre-attaqué sans répondre directement en demandant à la représentante souverainiste si elle ne se sentait pas elle-même “coupable de mensonge par omission en oubliant de dire aux Polynésiens que le député Moetai Brotherson (…) était lui aussi membre de la commission Erom”. Et de conclure : “Arrêtez vos niaiseries nuisibles. (…) Les victimes méritent mieux que vos propos nauséabonds.
Au-delà de ces énièmes enfantillages qui ne servent pas la cause, il y a une phrase qui restera dans les mémoires et qui est déjà tristement culte, celle de la même Lana Tetuanui qui affirme : “Quand on connaît les méfaits du tabac, et les risques de cancer que l’on peut développer, il n’appartenait pas à l’État de venir indemniser tous les fumeurs abusifs et ayant contracté le cancer en Polynésie ou à la suite de leur séjour en Polynésie.” Une comparaison pour le moins fumeuse, car la différence majeure, faut-il le préciser, c’est que l’on choisit de fumer, tout comme l’on choisit de consommer du sucre ou boire de l’alcool… mais pas d’être irradié ! La page du nucléaire au fenua est loin d’être tournée.

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique Schmitt