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Escroquerie : un caissier réussit à détourner presque 2 millions de Fcfp


Vendredi 11 Janvier 2019 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Un homme de 25 ans, aujourd’hui en Métropole, a dérobé une somme folle à la station-service Total de l’Anse-Vata en seulement quatre mois. Condamné, il est obligé de rembourser son ancien employeur.
Les nuits les plus rentables, il réussissait à glisser dans son portefeuille une dizaine de billets de 10 000 francs. Derrière son poste de caissier de nuit de la station Total de l’Anse-Vata, Arnold*, 25 ans, a monté en seulement quatre mois – de novembre 2016 à mars 2017 – un petit empire de l’escroquerie. Petit génie de l’informatique, il a détourné très exactement 1,722 million de francs au nez et à la barbe de son employeur. C’est finalement la… TGC qui a causé sa perte.

Comparé à Jérôme Kerviel…

Absent à son procès devant le tribunal correctionnel de Nouméa pour abus de confiance, Arnold n’a pas eu le plaisir de se voir comparer par les magistrats à Jérôme Kerviel, l’ex-trader star accusé en 2008 d’avoir mis en péril la Société Générale par des montages boursiers périlleux. Excusez du peu ! "Il avait constitué un second fond de caisse propre à lui. Il émettait des tickets de caisse et les annulait ensuite. Il détournait l’argent des friandises et des autres produits du magasin. Il ne touchait jamais à l’argent payé par les clients pour l’essence", détaille le procureur de la République, Richard Dutot. L’avocat de la station-service Total, qui a licencié Arnold lorsque l’entourloupe a été découverte, évoque "une délinquance astucieuse" : "Il est monté en puissance petit à petit. Grâce à un jeu informatique assez complexe, il a réussi à détourner l’argent. Il est même allé jusqu’à se présenter comme étant un gendarme réserviste, ce qui n’a jamais été prouvé", complète Me Nicolas Ranson.
Tout fonctionnait à merveille pour Arnold jusqu’au changement des logiciels informatiques des caisses pour préparer le passage à la TGC (Taxe générale à la consommation, ndlr).
La responsable de la station constate des manipulations suspectes. Une surveillance est mise en place. Arnold n’a pas vu venir le coup. Il est pris en flagrant délit. "Finalement, la TGC a des effets bénéfiques pour les entreprises", sourit le président du tribunal.
Inconnu de la justice, Arnold a écopé de huit mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve. Ce suivi judiciaire lui impose de rembourser la station Total.

*Le prénom a été modifié


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Des vœux mais pas de mea-culpa…

La fin de l’année 2018 a été marquée par la traditionnelle – et soporifique – cérémonie des vœux du président de la République française. Sans surprise, Emmanuel Macron reste davantage le chef de l’État du “qu’ils viennent me chercher” que celui du mea-culpa. Dans un discours long d’une quinzaine de minutes, presque auto-thérapeutique, Macron, debout et droit comme un “i” face à la caméra, ne se remet pas une seule fois en question. Si le jeune loup admet que “l’année 2018 ne nous a pas épargnés en émotions intenses de toute nature”, il considère que la colère des Français exprimée avec le mouvement des Gilets jaunes “venait de loin” et a éclaté en raison notamment d’un “système administratif devenu trop complexe et manquant de bienveillance”. Il évoque des “changements profonds qui interrogent notre société sur son identité et son sens”, sans porter à aucun moment la responsabilité des événements. Il n’hésite pas cependant à affirmer que “l’ordre républicain sera assuré sans complaisance”. Une attitude plutôt hautaine pour le leader de la cinquième puissance économique mondiale qui n’a pas su toucher le cœur du peuple. Alors que sa venue au fenua était programmée en février puis en mars prochain, avec pour objet principal un sommet France-Océanie, aucune date n’est arrêtée pour l’heure.
Aussi, sur le plan local, les vœux d’Édouard Fritch n’ont pas réussi à convaincre non plus. Succinct, son laïus a été axé sur la prévention sociale : “Nous sommes trop souvent les témoins de drames familiaux, de morts sur la route, en raison de la consommation d’alcool ou de drogue. Ce sont de véritables fléaux. Le surpoids, le diabète et ses graves conséquences sanitaires sont un autre fléau. Nous renforcerons nos campagnes de prévention.” Il était temps. A contrario, pas un mot sur les grands chantiers en cours, comme ceux du Village tahitien ou de la ferme aquacole de Hao, deux projets qui semblent aujourd’hui au point mort… Et puis, si M. Fritch a reconnu, le 15 novembre dernier, que les hommes politiques ont menti pendant trente ans à propos des essais nucléaires, rappelons tout de même que non seulement Gaston Flosse a poussé son ancien gendre à l’annoncer publiquement en le titillant ouvertement mais, surtout, le président de la Polynésie française avait déjà déclaré en mars 2017, lors des obsèques de Bruno Barrillot (cofondateur de l’Observatoire des armements), que sa prise de conscience sur les conséquences des essais nucléaires français avait été tardive et qu’il avait cru au discours sur la “bombe propre” jusqu’en 2009 et au début des travaux parlementaires sur la loi Morin… On ne peut pas franchement parler de mea-culpa au sens propre du terme, quand cela est servi à la population presque une décennie plus tard.
On retiendra tout de même l’un des trois vœux de Macron ; outre ceux de la dignité et de l’espoir, il souhaite que la vérité soit faite : “On ne bâtit rien sur des mensonges ou des ambiguïtés. (…) Il faut rétablir la confiance démocratique dans la vérité de l’information, reposant sur des règles de transparence et d’éthique. C’est au fond un vœu pour tous d’écoute, de dialogue et d’humilité.” Étonnant pour celui qui aime museler la presse, mais c’est le vœu également de la rédaction de Tahiti Pacifique, qui aspire pour 2019 à des échanges diaphanes avec les différentes institutions gouvernementales du Pays. L’année dernière, notre magazine avait été boycotté des vœux à la presse par l’entourage de M. Fritch. Ironie de l’histoire, le président avait insisté sur sa volonté de mettre fin aux fake news et de rendre aux journalistes leur liberté d’expression. Même si on ne croit plus au Père Noël, on attend cette fois notre carton d’invitation ! Très belle année à tous en compagnie de votre magazine qui fait peau neuve et, bien sûr, meilleurs vœux.

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt