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“FA’AIHO, TA’U TUFA’A” au Musée de Tahiti et des îles


Vendredi 20 Novembre 2020 - écrit par Vaea Deplat


Après la dynamique initiée par la Maison de la culture en septembre dernier avec le Festival “Fa’aiho”, le Musée de Tahiti et des îles a inauguré à son tour, le 6 novembre dernier, une exposition d’art contemporain au long court. “Fa’aiho, ta’u tufa’a, regards d’artistes contemporains” réunit les œuvres contemporaines de 22 artistes en résonance avec des objets des collections patrimoniales du Musée. Une bien belle manière de valoriser les artistes bénéficiant de leur carte professionnelle, ainsi que les diplômés du Centre des métiers d’art de la Polynésie française (CMAPF) suivant quatre thématiques proposées : Tiki-Ti’i, ornement, navigation et musique. Preuve s’il en faut du dynamisme culturel en temps de crise sanitaire.



L’art pour relier les confinés

Crédit photos : DR
Crédit photos : DR
Cette “exposition-fleuve” a été pensée dès le confinement, comme une réponse aux difficultés rencontrées par le secteur artistique depuis le début de la pandémie, un secteur largement coupé de son public. Année de tous les challenges, année de résilience pour les professionnels de la culture.
En mars dernier, le concours “Tahiti/Art en confinement” lancé sur Facebook avait déjà permis à des artistes professionnels ou amateurs de s’exprimer en arts graphiques, sculpture, audiovisuel et créations musicale. En tout, dix prix avaient été décernés et “Motu”, l’œuvre de Carine Thierry, a su trouver toute sa place dans l’exposition “Fa’aiho” après avoir reçu le Prix du jury...

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“Champions du monde” de Covid : on dit merci qui ?

Après notre titre de "champions d’Outre-mer" lorsque le fenua a réussi l’exploit, le mois dernier, d’être la seule collectivité ultramarine à se voir imposer un couvre-feu, voilà que nous prenons du galon en montant sur la première marche du podium des pays qui enregistrent le taux d’incidence le plus élevé de la planète. Si, si, avec 1 603 cas pour 100 000 habitants (du 29 octobre au 11 novembre 2020), nous sommes devenus "champions du monde" de coronavirus devant Andorre (1 378) et la République tchèque (1 330), selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies ! Le summum de l’aberration a été atteint la semaine dernière quand on a appris que les touristes hexagonaux étaient interdits de… Polynésie. Depuis le reconfinement de la Métropole, le motif dérogatoire touristique qui figure dans l’arrêté du haut-commissaire (en vigueur jusqu’au 16 décembre) n’est en effet plus considéré comme une raison valable. On pourrait croire à une mauvaise blague, mais non, c’est bien la triste réalité.
Nous qui étions “Covid-Free” et misions tout sur le tourisme extérieur pour sauver l’économie locale, on peut dire que c’est ballot ! À vouloir courir plusieurs lièvres à la fois, changer de stratégie et ne pas mettre des contrôles sanitaires stricts lors de la réouverture de nos frontières, les autorités ont perdu sur tous les tableaux et font sombrer notre économie… Les petits commerces mettent la clé sous la porte les uns après les autres, de même que certaines pensions. Par ailleurs, la décision de fermer les salles de sport a suscité l’incompréhension de nombre d’entre nous qui crient à l’incohérence, alors que les lycéens s’entassent dans les classes. Pourquoi ne pas avoir pris des mesures adaptées, comme c’est le cas dans d’autres secteurs ? Surtout que le profil des personnes hospitalisées est une majorité de patients obèses, diabétiques et hypertendus. Le Covid tue les personnes en mauvaise santé, et on empêche les gens de faire du sport et de renforcer leur immunité… C’est d’autant plus aberrant chez nous, avec une partie de la population dite “à risques”. C’est le serpent qui se mord la queue !
Pendant ce temps, le Bureau de veille sanitaire (BVS), en sous-effectif, est quasiment injoignable, tellement il est débordé. Il n’y a aucun contrôle des cas positifs et encore moins de suivi des cas contacts. En changeant de protocole sans réaliser de vraie communication, les autorités ont réussi à embrouiller l’esprit des citoyens, qui ne savent même plus s’ils doivent aller travailler ou rester chez eux lorsqu’ils sont cas contacts. Et on se demande encore comment on a du mal à limiter la propagation du virus ? Nos dirigeants, ici et en Métropole, répètent assumer entièrement leurs responsabilités, mais tous ces morts doivent commencer à devenir pesants !
Si on ne peut plus voir ses amis, ni assister à un événement culturel, ou même faire du sport, il nous reste une seule solution pour éviter la sinistrose : en profiter pour retrouver les plaisirs des sens, les plaisirs de la Vie… Alors, on dit merci qui ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT