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Incendie et dégradations à l’usine de nickel de Vale


Vendredi 18 Décembre 2020 - écrit par Agence France-Presse




Crédit photo : AFP
Crédit photo : AFP
Le site industriel de Vale en Nouvelle-Calédonie, à l’arrêt en raison des violences déclenchées par son rachat, a à nouveau été la cible d’incendies et de dégradations, a indiqué, mardi dernier, la direction de Vale-NC. Le feu s’est déclaré en début de soirée lundi et a détruit un stock de pneus, des engins, des bureaux administratifs et un stock d’huile sur le site de cette usine hydro-métallurgique de cobalt et de nickel, classée Seveso 2 et situé dans le sud de l’archipel. “Ces dégradations sont organisées, préméditées et d’une extrême violence. Ce sont des actes de sabotage dont l’objectif est de nuire, détruire et blesser”, a indiqué Vale-NC dans un communiqué. L’industriel brésilien a indiqué que les fauteurs de trouble “ont pris la fuite à l’arrivée des pompiers”, tandis que la semaine dernière des émeutiers avaient “coupé un tuyau” d’eau et creusé une “tranchée” sur la route, ce qui a compliqué l’intervention des équipes de secours. Les incendies, allumés en plusieurs endroits, ont été maîtrisés dans la nuit et ont engendré, selon la sécurité civile, une pollution aux hydrocarbures dans une rivière située en contrebas.
Ces nouvelles exactions interviennent alors que cette usine chimique, adossée au riche gisement de Goro, est à l’arrêt et sous protection des forces de l’ordre depuis jeudi après avoir été prise d’assaut avec des camions par des militants indépendantistes, opposés à sa vente à un consortium avec Trafigura, négociant en matières premières. Le FLNKS (Front de libération nationale kanak socialiste), le collectif “usine du sud : usine pays” et l’Instance coutumière autochtone de négociations (ICAN), refusent cette transaction et prônent une nationalisation des ressources minières. Toute la semaine dernière, ce dossier explosif a été à l’origine d’une flambée de violences sur le Caillou, qui a ravivé les oppositions entre indépendantistes et non indépendantistes. Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, s’est entretenu par visioconférence avec des responsables du FLNKS, qui lui “ont transmis (leurs) positions”. Un nouveau contact devrait avoir lieu en fin de semaine.

Source : Agence France-Presse

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Décharges sauvages : cessons de souiller notre Fenua !

Qui n’a pas eu de sentiments de révolte en voyant les nombreuses décharges sauvages ici et là au fenua ? Comment peut-on souiller notre petit coin de paradis et laisser se développer de véritables sites d’enfouissement illégaux à Tahiti et dans les îles ? Comment sont traités nos déchets, où finissent-ils et quel est le rôle des communes dans la gestion de leurs administrés ? Qu’en est-il de Mumuvai, le plus grand dépotoir à ciel ouvert qui prend racine sur un pan de montagne à Faa’a et dont la Chambre territoriale des comptes réclame la fermeture depuis juin 2018 ? Notre rédaction a mené l’enquête, l’état des lieux est pour le moins alarmant…

Le laxisme de certaines communes dure depuis trop longtemps, à l’instar de Hitia’a O Te Ra, qui a été mise en demeure fin 2017 et contrainte à fermer deux décharges non autorisées dans la vallée de la Papenoo, un site naturel pourtant protégé, à fort potentiel culturel ! “Nous essayons d’accompagner au mieux les communes, se défend Benoît Layrle, le directeur du syndicat FENUA MA, chargé de la gestion des déchets de treize collec-
tivités : la Polynésie française, ainsi que les douze communes de Tahiti et Moorea, hormis Faa’a. Et d’ajouter : “A contrario, cela semble démesuré de pointer du doigt une petite commune comme Hitia’a alors que le plus gros dépotoir de Polynésie se localise à Faa’a, sur les hauteurs de Saint-Hilaire. Sauf que celui-ci a servi à la collectivité et à plusieurs époques.” En effet, saviez-vous qu’après la fermeture de l’usine Tamara’a Nui de Tipaerui, suite au fiasco orchestré par Dominique Auroy, tout Tahiti a profité de la décharge de Mumuvai grâce à Oscar Temaru, maire de Faa’a, qui a bien voulu récupérer les déchets de Papeete ? Pour mieux comprendre, Tahiti Pacifique ressort les vieux dossiers (lire “Les archives” page 24)… Cela rend les choses plus compliquées pour critiquer l’homme et tout lui mettre sur le dos ! Il en va donc de la responsabilité des pouvoirs publics de trouver de nouvelles solutions pour traiter nos ordures.

Dans ce sombre tableau, des lueurs d’espoir apparaissent heureusement, à l’image du projet de déchetterie à Punaauia, qui devrait voir le jour à l’horizon 2022, ou de la situation originale et encourageante de la décharge de la Punaruu qui devrait être réhabilitée en 2021-2022. Si les communes doivent se relever les manches, il en va de même pour les administrés qui font preuve d’incivisme en jetant encore trop facilement leurs pehu et ne respectant pas les points de collecte mis à disposition. En moyenne, chaque habitant produit environ 1 kilo de déchets par jour en Polynésie, c’est pourquoi chacun d’entre nous doit avoir une prise de conscience et œuvrer pour le bien-être de la collectivité. La production globale des déchets baisse régulièrement sur les douze dernières années (depuis la crise de 2008), et aussi chez les entreprises. La crise sanitaire de 2020 devrait encore accentuer ce fait, mais il est impératif de persévérer. La sensibilisation des enfants doit être une priorité ! Alors, en 2021, continuons de trier et protégeons notre fenua.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT