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L’empreinte du monde chez Bernard Berbille


Jeudi 9 Avril 2020 - écrit par Riccardo Pineri


Le travail d’artiste de Bernard Berbille, dit Bernie, trouve ses sources, comme pour tout individu, dans l’histoire familiale, liée depuis des générations chez lui à l’industrie du textile, au métier du tissage. Le père du peintre était technicien des machines à tisser, la mère couturière. Le tissage est l’une des formes les plus universelles de l’artisanat et en Europe, à partir du XVIIIe siècle, de l’industrie mécanique, forme du travail qui est en train de disparaître aujourd’hui dans le monde occidental.



 L’artiste Bernard Berbille en pleine création. Crédit photo : DR
 L’artiste Bernard Berbille en pleine création. Crédit photo : DR
L’artisanat exprime son savoir-faire dans un cadre bien établi, dans lequel l’expérience acquise domine, précède et règle la création, elle obéit à la transmission d’un donné qui reste somme toute inaltéré dans le temps. Mais en art, si les sources donnent aux êtres leur premier envoi destinal, elles ne le retiennent pas dans un cadre défini et astreignant. L’art est plutôt oubli des origines, qui viennent se déposer dans le tissu-texte de la transformation que l’artiste opère. Les cotonnades de l’industrie textile acquièrent dans le travail de Berbille le statut d’objet de contemplation, passant de la reproduction à la mise en œuvre, de l’utilité de l’objet à la liberté du travail de la main. Dans l’artisanat traditionnel polynésien, notamment avec le tissu en tapa et sa riche grammaire graphique, mais également finie et limitée, auquel s’apparente l’œuvre de Berbille dans son atelier de Moorea, l’attention va au produit final plutôt qu’à la paternité de l’œuvre. La prévenance du travail de Berbille consiste à associer la méditation sur l’œuvre et sa mise en œuvre.

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Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT