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La complexité des évasans en temps d’épidémie


Jeudi 30 Avril 2020 - écrit par Suliane Favennec


Depuis la fermeture des frontières et l’instauration du confinement suite à l’épidémie du coronavirus, la mise en œuvre des évacuations sanitaires a été bouleversée. Aujourd’hui, seules les évasans dites urgentes sont acceptées en Métropole. Et en cas d’urgence absolue, des accords entre les autorités françaises et néo-zélandaises sont négociés pour éviter une catastrophe.



"On a un pourcentage important de patients en attente d’une opération qui sont à domicile et surveillés par leur médecin traitant. Ils ne devraient pas avoir une évasan avant deux ou trois mois", explique Didier Bondoux, médecin généraliste. Crédit photo : Suliane Favennec
"On a un pourcentage important de patients en attente d’une opération qui sont à domicile et surveillés par leur médecin traitant. Ils ne devraient pas avoir une évasan avant deux ou trois mois", explique Didier Bondoux, médecin généraliste. Crédit photo : Suliane Favennec
Julie a 36 ans. Le 29 février dernier, elle a fait un Accident vasculaire cérébral (AVC). Rien de trop grave, mais elle a gardé quelques séquelles : un trouble de la voix et une grosse fatigue. "Mon AVC est dû à un foramen ovale perméable au cœur, j’ai des caillots qui passent par ce trou, donc il faut le boucher. Je ne vais pas me dégrader, mais le risque est que je récidive." Julie devait se faire évasaner en mars vers la Métropole pour une opération à l’hôpital Bichat à Paris, afin d’éviter justement une récidive. Mais le coronavirus est passé par là. Les cas de Covid-19 se sont multipliés dans l’Hexagone, prenant d’assaut les hôpitaux, en particulier dans la région Île-de-France.

Quelques jours avant l’instauration du confinement par Emmanuel Macron, le 17 mars, les établissements hospitaliers ont décidé de repousser toutes les opérations programmées afin de prioriser les patients atteints de coronavirus. "Je devais partir le 15 mars, mais mon cardiologue m’a appelée pour me dire que Bichat avait bloqué toutes les opérations programmées. Du coup, elle a été repoussée, je ne sais pas pour quand." Julie n’a d’autre choix que de prendre son mal en patience. Elle ne peut pas reprendre le travail, trop risqué, car elle pourrait se fatiguer et faire une récidive. Le cas de Julie est loin d’être isolé. "On a un pourcentage important de patients en attente d’une opération qui sont à domicile et surveillés par leur médecin traitant. Ils ne devraient pas avoir une évasan avant deux ou trois mois", explique Didier Bondoux, médecin généraliste...

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Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT