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La liberté a-t-elle un sens sans responsabilité individuelle ?


Vendredi 10 Septembre 2021


À l’heure de la contestation de l’obligation vaccinale du personnel soignant en France métropolitaine, et à venir en Polynésie, des défilés contre le passe sanitaire et de la remise en question de la vaccination en Métropole, comme en Polynésie, pour endiguer l’hécatombe annoncée, cette question d’une liberté responsable est plus que jamais d’actualité.
La liberté c’est, certes, pouvoir choisir, décider de son destin, c’est un permis de vivre selon sa volonté ; mais comme pour un permis de conduire, puisque nous vivons en collectivité, ne suppose-t-elle pas aussi d’être encadrée par des règles pour pouvoir vivre ensemble ?



Crédit photo : Greg. Boissy
Crédit photo : Greg. Boissy
Nous avons en effet tous la liberté de rouler à 200 km sur une autoroute, mais aussi la responsabilité de ne pas mettre la vie des autres en danger.
N’y a-t-il pas d’ailleurs, un délit pour mise en danger de la vie d’autrui ?
Pour les personnels soignants, s’il faut louer leur courage et leur abnégation pour accompagner les malades, peut-on admettre qu’une minorité refuse de se vacciner au risque de transmettre le Covid à des personnes vulnérables atteintes d’autres pathologies (cancer, ou autre). Peut-on mettre en danger au nom de sa liberté individuelle la santé de personnes déjà vulnérables ? Je pense que ceux qui ont perdu des proches contaminés dans des hôpitaux ou des Ehpad mesureront pleinement la portée de cette question...

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Vendredi 10 Septembre 2021 - 11:22 Santé : quelle Direction ?


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Fritch fait pschitt

L’horrible réalité sanitaire que nous vivons est devenue insupportable, notre pays enregistrant désormais les pires statistiques à l’échelle mondiale. Les morts (plus d’un demi-millier de décès) se ramassent à la pelle, par dizaine, voire vingtaine, selon les jours. Les familles doivent enterrer elles-mêmes leurs défunts avec leurs propres moyens, le personnel de santé est à bout de souffle, les covidés s’asphyxient et les renforts sanitaires arrivent au compte-gouttes… Chacun d’entre nous retient sa respiration ! Mais nul ne parvient à trouver un ballon d’oxygène dans la gestion de la crise proposée par le président de la Polynésie française. Après “l’affaire du mariage”, ses propos déplacés envers les journalistes locaux (relayés et condamnés par la presse nationale), puis l’enterrement de son directeur de cabinet en grande pompe, voilà que “Doudou” s’en remet maintenant à Dieu en pleine hécatombe. Et de s’énerver de plus en plus ouvertement face à l’insistance des médias, qui exercent pourtant leur métier en demandant simplement des réponses à leurs interrogations. Au lieu de lancer des appels désespérés au jeûne, on aurait pu penser qu’il lancerait plus vite et plus fort des appels du pied pour obtenir de l’aide de l’État pour de nouveaux personnels soignants, et qu’il saisirait le problème de la santé à bras-le-corps en lançant plus tôt de vastes campagnes de lutte contre l’obésité, le diabète, l’alcoolisme et les maladies chroniques dont souffre plus de la moitié de notre population. Que nenni, il allume 500 bougies, saute son petit-déj’ et se tourne vers le Tout-Puissant. Ainsi, au cœur de la tempête, le capitaine Fritch fait… pschitt !

Une autre maladie est aussi à traiter en urgence : celle des fake news autour de la vaccination qui contaminent les réseaux sociaux, avec leur déferlement de violences dans un monde qui ne pourrait être autre que manichéen. Nous sommes tous libres de faire ce qui nous semble le mieux pour nous et ceux que nous aimons. Pour autant, si le sujet est aussi clivant, c’est parce qu’il nous force à positionner un curseur entre notre liberté individuelle et notre responsabilité collective. Nous consacrons une analyse économique de cette thématique intéressante dans un dossier à retrouver en pages intérieures (lire pp. 14-19).
Si la communauté scientifique s’accorde à dire que la vaccination est l’arme la plus efficace pour nous protéger et nous permettre de recouvrer notre liberté, les politiques devraient cependant tout faire pour éviter que la question de la vaccination ne soit discriminante et ne se transforme en ségrégation sociale. Or, l’obligation vaccinale que vient de sortir le Pays aux forceps pour imposer certaines professions à s’injecter les doses anti-Covid pourrait attiser les tensions et nous diviser. Que le gouvernement donne l’exemple ! Tous les élus ne sont pas vaccinés, y compris certains des plus hauts représentants du Pays. Coincé dans les cordes, Fritch s’est engagé à ce que la classe politique montre la voie à suivre ; on voudrait y croire, mais à TPM, on est comme Saint Thomas…

Retrouvons le chemin de la cohésion sociale, menons des actions durables et soyons solidaires. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique se joint à moi pour soutenir les foyers endeuillés, fa’aitoito à tous ! Le Covid a touché aussi nos équipes, ce qui nous a contraints à publier votre magazine avec une semaine de retard, mais nous tenons à vous offrir, malgré la crise que traverse également la presse, toujours cette goutte de liberté dans l’océan. Celle-là, vous pouvez en prendre plusieurs doses sans crainte, elle est totalement inoffensive. 
Dominique Schmitt

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT