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La plus parisienne des “Fêtes de l’Autonomie”


Vendredi 2 Juillet 2021 - écrit par Julien Sartre


À la tête de la délégation Reko Tika, composée d’élus, de responsables politiques, de personnalités polynésiennes, le président Édouard Fritch a célébré à Paris la Fête de l’Autonomie. Et ce à la veille de la très importante réunion sur les conséquences des essais nucléaires, à l’Élysée.



Crédit photo : Présidence
Crédit photo : Présidence
D’abord la Marseillaise, puis l’hymne territorial de Tahiti Nui : c’est dans cet ordre, en même temps qu’étaient levés les deux drapeaux, qu’a été célébrée en musique la Fête de l’Autonomie, à la Délégation de la Polynésie française, boulevard Saint-Germain, à Paris. Le président Édouard Fritch était entouré de plusieurs ministres de son gouvernement, de certains parlementaires de Polynésie, mais aussi de plusieurs maires de Tahiti, des Tuamotu et des Gambier. “C’est la première fois que nous célébrons la Fête de l’Autonomie à Paris et c’est important parce que l’autonomie est plus qu’un texte juridique, un statut : ce sont des valeurs qui conduisent à la responsabilité et à la dignité”, s’est félicité le président du Pays dans une courte prise de parole. Après laquelle l’ancien président du Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen), Alain Christnacht, a été décoré de l’ordre de Tahiti Nui.

Appelée Reko Tika, la délégation qui entoure le président Fritch est venue en nombre dans la capitale française afin de participer à la “Table ronde” sur le nucléaire, organisée par le président de la République Emmanuel Macron. Cet événement – qui fait suite aux révélations du site d’investigations Disclose – revêt une très grande importance pour les responsables politiques du fenua, qui fondent de grands espoirs sur une meilleure prise en compte du fait nucléaire et de ses dégâts. Les attentes sont si grandes que le président Fritch, mais aussi une bonne partie de l’assistance, qualifient de “historique” ce moment de travail avec l’ensemble du gouvernement français et le président de la République. De quoi expliquer la présence à la Délégation de Polynésie française de conseillers du président de la République, du Premier ministre et du ministre des Outre-mer.

Pourtant, une bonne partie des associations de victimes des essais nucléaires et des responsables politiques du fenua n’a pas fait le déplacement et dénonce des débats écrits à l’avance, sans rien de concret ni concluant. Des sources proches du dossier au cabinet du Premier ministre, à Matignon, confirment que “la question n’est pas celle des critères d’indemnisation des victimes des essais nucléaires, là-dessus un point d’équilibre a été atteint. Il s’agit plutôt de voir, avec la délégation polynésienne comment on peut faciliter le dépôt de dossiers et l’accès au droit”. Une ouverture est possible, en revanche, en ce qui concerne l’accès aux archives de l’Armée par les chercheurs, les historiens, mais aussi les familles des victimes. Même si personne ne sait encore pour le moment quelle sera la nature de sa contribution à cet important débat, le président de la République est attendu au fenua à la fin du mois de juillet.


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Fritch fait pschitt

L’horrible réalité sanitaire que nous vivons est devenue insupportable, notre pays enregistrant désormais les pires statistiques à l’échelle mondiale. Les morts (plus d’un demi-millier de décès) se ramassent à la pelle, par dizaine, voire vingtaine, selon les jours. Les familles doivent enterrer elles-mêmes leurs défunts avec leurs propres moyens, le personnel de santé est à bout de souffle, les covidés s’asphyxient et les renforts sanitaires arrivent au compte-gouttes… Chacun d’entre nous retient sa respiration ! Mais nul ne parvient à trouver un ballon d’oxygène dans la gestion de la crise proposée par le président de la Polynésie française. Après “l’affaire du mariage”, ses propos déplacés envers les journalistes locaux (relayés et condamnés par la presse nationale), puis l’enterrement de son directeur de cabinet en grande pompe, voilà que “Doudou” s’en remet maintenant à Dieu en pleine hécatombe. Et de s’énerver de plus en plus ouvertement face à l’insistance des médias, qui exercent pourtant leur métier en demandant simplement des réponses à leurs interrogations. Au lieu de lancer des appels désespérés au jeûne, on aurait pu penser qu’il lancerait plus vite et plus fort des appels du pied pour obtenir de l’aide de l’État pour de nouveaux personnels soignants, et qu’il saisirait le problème de la santé à bras-le-corps en lançant plus tôt de vastes campagnes de lutte contre l’obésité, le diabète, l’alcoolisme et les maladies chroniques dont souffre plus de la moitié de notre population. Que nenni, il allume 500 bougies, saute son petit-déj’ et se tourne vers le Tout-Puissant. Ainsi, au cœur de la tempête, le capitaine Fritch fait… pschitt !

Une autre maladie est aussi à traiter en urgence : celle des fake news autour de la vaccination qui contaminent les réseaux sociaux, avec leur déferlement de violences dans un monde qui ne pourrait être autre que manichéen. Nous sommes tous libres de faire ce qui nous semble le mieux pour nous et ceux que nous aimons. Pour autant, si le sujet est aussi clivant, c’est parce qu’il nous force à positionner un curseur entre notre liberté individuelle et notre responsabilité collective. Nous consacrons une analyse économique de cette thématique intéressante dans un dossier à retrouver en pages intérieures (lire pp. 14-19).
Si la communauté scientifique s’accorde à dire que la vaccination est l’arme la plus efficace pour nous protéger et nous permettre de recouvrer notre liberté, les politiques devraient cependant tout faire pour éviter que la question de la vaccination ne soit discriminante et ne se transforme en ségrégation sociale. Or, l’obligation vaccinale que vient de sortir le Pays aux forceps pour imposer certaines professions à s’injecter les doses anti-Covid pourrait attiser les tensions et nous diviser. Que le gouvernement donne l’exemple ! Tous les élus ne sont pas vaccinés, y compris certains des plus hauts représentants du Pays. Coincé dans les cordes, Fritch s’est engagé à ce que la classe politique montre la voie à suivre ; on voudrait y croire, mais à TPM, on est comme Saint Thomas…

Retrouvons le chemin de la cohésion sociale, menons des actions durables et soyons solidaires. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique se joint à moi pour soutenir les foyers endeuillés, fa’aitoito à tous ! Le Covid a touché aussi nos équipes, ce qui nous a contraints à publier votre magazine avec une semaine de retard, mais nous tenons à vous offrir, malgré la crise que traverse également la presse, toujours cette goutte de liberté dans l’océan. Celle-là, vous pouvez en prendre plusieurs doses sans crainte, elle est totalement inoffensive. 
Dominique Schmitt

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT