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Le Cahier de l'Économie : entretien avec Claude Périou, directeur de l'IEOM


Vendredi 15 Décembre 2017 - écrit par Christian Montet


Le directeur de l’agence locale de l’Institut d’émission d’Outre-mer (IEOM), M. Claude Périou, a fort aimablement accepté de prendre le temps de présenter à nos lecteurs le rôle joué par l’Institut d’émission dans l’économie polynésienne. Au-delà du grand talent de pédagogie démontré par M. Périou pour expliquer de façon simple les rouages pourtant complexes de l’économie monétaire et financière locale, nos lecteurs pourront bénéficier de quelques réflexions originales sur des questions de politique économique, telles que les échanges extérieurs du Pays ou encore le choix entre le maintien du franc Pacifique ou le passage à l’euro.



crédit photo : Tahiti Infos
crédit photo : Tahiti Infos
Tahiti Pacifique : Le grand public connaît mal l’IEOM. Pouvez-vous le définir simplement et préciser quelles sont ses principales missions ?

Claude Périou : L’IEOM assure le rôle de banque centrale dans les collectivités ayant pour monnaie le franc Pacifique, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna. C’est un établissement public de l’État, créé en 1966. Dirigé par un conseil de surveillance composé de représentants du Trésor (le franc Pacifique étant garanti par l’État français), de hauts responsables de la Banque de France et de représentants des trois collectivités d’outremer désignés par les autorités locales. Pour la Polynésie française, c’est M. Teva Rohfritsch qui assure cette responsabilité. Le gouvernement pourrait désigner un représentant de la société civile, comme cela a été le cas dans les années 1970. Cela peut aussi être n’importe quel membre du gouvernement, voire de l’administration. Mais de manière générale, il s’agit du ministre de l’Économie.
Le Conseil pilote les trois grandes missions qui lui ont été confiées et qui nécessitent la mise en œuvre des différents métiers de l’IE sur le terrain : 1) la stratégie monétaire ; 2) la stabilité financière ; 3) services à l’économie.

Tahiti Pacifique : En quoi consiste cette première mission, dite "stratégie monétaire" ?

C.P. : Il s’agit d’abord de la mise en circulation de monnaie fiduciaire : pièces et billets et de leur entretien, étant donné que leur usage quotidien les endommage. Un billet de 500 francs Fcfp a une durée moyenne de seulement cinq à six mois. Un billet de 10 000 Fcfp dure évidemment un peu...


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Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT