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Le biocarburant peut-il redémarrer le moteur économique du Pays ?


Vendredi 29 Décembre 2017 - écrit par Dominique Schmitt


Traitement des huiles hydrauliques.

Utiliser davantage les huiles végétales et minérales pour dégripper notre économie : vision avant-gardiste ou belle utopie ? En plus de posséder des atouts indéniables sur le plan écologique, le biocarburant a également un fort potentiel pour réduire les coûts de production industrielle. Malgré ce constat, nos huiles usagées sont exportées chez nos voisins du Pacifique, quand elles ne sont pas jetées en pleine nature…



crédit photo : Dominique Schmitt
crédit photo : Dominique Schmitt
Nos huiles usagées peuvent avoir une autre fonction, une seconde vie, et Patrick Selles l'a bien compris. Ce technicien, spécialisé dans la filtration des vins en Métropole, a cofondé l'entreprise Bio Coco (lire encadré page 21) en 2009 afin de revaloriser les huiles végétales. Il a créé une unité de traitement capable de produire, à partir d'huile de friture essentiellement, du biocarburant pour les moteurs thermiques (voitures, camions, avions…). Il a voulu aller ensuite plus loin en créant la société Ixos en 2013 afin d'exploiter les huiles minérales (huiles de moteur, de synthèse, etc.) et les transformer en carburant industriel pour les non-roulants, comme, par exemple, les chaudières, les brûleurs, ou encore les incinérateurs.
Pari réussi, puisqu'il est parvenu à inventer une machine unique au monde qui pourrait révolutionner l'approche écologique et économique des entreprises locales. À tel point que le gouvernement n'est pas resté insensible à cette technologie qui, cependant, ne couvrira jamais les besoins locaux.

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Bataille de matahiapo dans le bac à sable

Enfin ! Nous connaissons désormais les dates auxquelles pourrait se tenir la fameuse Table ronde de “haut niveau” sur les conséquences des essais nucléaires en Polynésie française, promise par le président de la République Emmanuel Macron : la réunion devrait avoir lieu les 1er et 2 juillet prochains, à Paris. Ce rendez-vous est une “chance” à “ne pas gâcher” selon Édouard Fritch. Mais tout le monde ne l’entend pas de la même oreille que “Doudou”, loin s’en faut ! La majorité des associations de victimes ont déjà annoncé qu’elles n’y participeront pas et les associations religieuses semblent suivre le pas. Dans le camp des opposants, on retrouve bien sûr le leader du Tavini, “Oscar One”, qui voit en cette décision de “Manu 1er” un refus “d’assumer le problème nucléaire en face à face avec le peuple polynésien” et estime qu’il “délocalise le problème à Paris, à 20 000 km de Papeete, pour mieux en contrôler l’agenda, les participants et les conclusions”. Et de scander : “Ni Maohi Nui ni Kanaky ne sont à vendre !”

Une personnalité politique regrette cependant de ne pas avoir été invitée : Gaston Flosse. L’ancien président autonomiste vient d’annoncer la création de son nouveau parti politique, Amuitahira’a o te Nuna’a Maohi, qui remplacera officiellement le Taohera’a Huiraatira en juillet prochain. Il y avait un moment que l’on n’avait plus vu le bout de la queue du “Vieux lion”. Mais le voilà qu’il surgit avec son projet d’État souverain associé à la France. Et rugit sa colère envers “Oscar One” qui a osé considérer, devant la presse, ce statut comme “de la merde”. Dans une lettre ouverte, il fustige son meilleur ennemi : “Après avoir exercé tant de hautes fonctions, et après 44 ans de discours, de gesticulations, de manifestations, de blocage et tant encore, où en es-tu de tes promesses d’indépendance aux Polynésiens ? (…) En vérité, tu as échoué.” Après avoir basculé, sans transition, du orange au bleu (clair), voilà donc que le patron du futur “Amuitahira’a”, ce nouveau parti censé regrouper toutes les sensibilités politiques, commence par attaquer le chef de file de l’indépendance… Tandis que nos étudiants passent l’épreuve inédite du grand oral du bac “nouvelle formule” – un examen sous haute bienveillance –, nos drôles de matahiapo se livrent, eux, à une énième bataille dans le bac à sable ! Au point que certains internautes se sont même amusés à les comparer aux marionnettes du célèbre Muppet Show !

Plus sérieusement, on peut s’inquiéter du contenu de cette Table ronde sur le nucléaire, qui risque fort de ressembler à “une coquille vide”, selon les termes du député Moetai Brotherson. D’autant plus agacé que sa proposition de loi “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” a été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée nationale par la majorité présidentielle. La République en marche a estimé en effet que c’est la Table ronde du 1er et 2 juillet qui “doit permettre de mettre à plat tout cela”. Alors que peut-on espérer de cette réunion de “haut niveau” ? Nous avons posé la question à Jean-Marc Regnault, maître de conférences honoraire et chercheur associé à l’UPF. Pour ce spécialiste, contributeur régulier de TPM : “C’est la géopolitique qui dictera l’attitude de Paris et non les revendications polynésiennes” (lire pages 8-9). Affaire à suivre…  

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT